Musée Nicéphore Nièpce Chalon sur Saône 16 octobre 2010 au 16 janvier 2011

mercredi 8 décembre 2010

L’exposition « L’Indochine en guerre, des images sous contrôle [1945-1954] » s’inscrit dans la réflexion que mène depuis plusieurs années le musée Nicéphore Niépce sur la photographie de guerre.

Musée Nicéphore Nièpce Chalon sur Saône
16 octobre 2010 au 16 janvier 2011
Ouvert tous les jours sauf le mardi et les jours fériés
9 h 30 ... 11 h 45
14 h ... 17 h 45
10 h ... 18 h / Juillet-Août

28 quai des Messageries
71100 Chalon sur Saône

[Téléphone Musée Nicéphore Nièpce] 03 85 48 41 98

E-mail : contact museeniepce.com
par l’A6, sortie 25 Chalon Nord ou sortie 26 Chalon Sud /
Gare SNCF de Chalon-sur-Saône

Proximité de la gare TGV Le Creusot-Montchanin
[ à 20 min. de route ] /

Aéroport de Lyon-Saint-Exupéry
[ à une heure de route ]

Raoul Coutard - le même soleil du 16 octobre 2010 au 16 janvier 2011

Musée Nicéphore Nièpce Chalon sur Saône (71100)
- Avant d’être le plus grand chef-opérateur de la Nouvelle Vague, Raoul Coutard fut photographe au sein de l’armée française.

Travailler dans l’urgence, à l’instinct, dans l’inconfort, Raoul Coutard l’a expérimenté en Indochine, pendant la guerre. Engagé volontaire à l’âge de 21 ans, en 1945, dans le Corps expéditionnaire français d’Extrême-Orient, attiré par les « zones blanches inexplorées » des cartes, il est rapidement affecté au service géographique où il demeurera jusqu’en 1948. Ému et séduit par cette région du monde, il y retourne entre 1950 et 1954. Il occupe successivement la fonction de reporter-militaire photographe, pour le compte du service cinématographique de l’armée française, puis devient directeur de la photographie de la revue Indochine Sud-Est Asiatique.

Là, en Indochine, Raoul Coutard ne pense pas encore au cinéma. Il aspire plutôt à publier pour le National Geographic. En marge des reportages imposés sur les opérations militaires, il lui arrive, pour le compte de l’École française d’Extrême-Orient, d’accompagner des ethnologues dans leurs expéditions. Équipé d’un Rolleiflex, de deux Leica, et d’une caméra super 8, il choisit de les charger de pellicules couleurs, chose rare à l’époque. Il rend compte de la diversité ethnique primitive du Laos, du Vietnam, du Cambodge, encore méconnue des occidentaux, aux côtés d’ethnologues tels que Charles Archaimbault, Henri Deydier ou Jean Boulbet.
Fasciné par la beauté des corps et des visages, des paysages et de la lumière, il pose un regard sensuel sur les minorités et leurs traditions.

Entre une exploration à la Joseph Conrad et des scènes dignes d’Apocalypse Now de Francis Ford Coppola, les images originales de Raoul Coutard composent un récit exceptionnel rarement exposé. Son écriture photographique, transformée par la couleur et portée par la rigueur d’un propos ethnologique

L’indochine en guerre - des images sous controle du 16 octobre 2010 au 16 janvier 2011

- L’exposition « L’Indochine en guerre, des images sous contrôle [1945-1954] » s’inscrit dans la réflexion que mène depuis plusieurs années le musée Nicéphore Niépce sur la photographie de guerre.

La guerre et la photographie sont intimement liées depuis la Première Guerre mondiale. La guerre de 1914-1918 a vu un développement spectaculaire de la photographie dans les magazines (Le Miroir, L’Illustration,…), ou avec la photographie aérienne (1915). Les conflits qui ont suivi (guerre d’Espagne, guerre Sino-Japonaise, Seconde Guerre mondiale) ont vu l’émergence du photojournalisme et l’affermissement des services photographiques intégrés à l’institution militaire.

A partir de 1964, l’intervention américaine au Sud-Vietnam va donner au photojournalisme l’occasion d’écrire une de ses plus belles pages. Mais contrairement aux idées reçues, si les photographes de presse ont pu rendre compte de la guerre, ce ne fut pas sans difficultés, contraintes et pressions. Les quelques espaces de liberté qu’ils se sont octroyés se sont alors vite refermés. La guerre contemporaine depuis son épisode koweïtien jusqu’à ses derniers développements irakiens et afghans nous ont habitué à l’idée de guerre médiatique. Ces événements récents ont laissé croire que l’image photographique était depuis peu sous contrôle.
L’analyse de la production photographique française réalisée pendant la guerre d’Indochine [1945-1954] prouve qu’il n’en est rien.

L’exposition tend à démontrer, à travers les publications de l’époque [Paris-Match, Noir et Blanc, Radar, Point de vue Images du Monde, Regards, Life ], les archives photographiques de l’armée française [Etablissement de Communication et de Production Audiovisuelle de la Défense (ECPAD)], et de sources privées [Archives des photographes Raoul Coutard, Pierre Ferrari, Willy Rizzo, Getty Images], ou institutionnelles [Centre national des arts plastiques, Fondation Suisse pour la Photographie] les conditions de production et de diffusion des images du conflit : une image au service d’un discours officiel, mise en place et contrôlée par les autorités françaises.