« Kim Van Kieu ou le jeu des dieux » sera donné le 30 novembre à 18h

mardi 18 novembre 2014

  Sommaire  

L’adaptation française du Kim Van Kieu de Nguyen Du, « Kim Van Kieu ou le jeu des dieux » sera donné le 30 novembre à 18h, à l’association Lac Viet à Vitry sur seine puis au Mandapa le 24 janvier.
J’espère que ce sera l’occasion de vous présenter ce spectacle, dont la Première a eu lieu au festival Epos, festival des épopées internationales en juillet 2014.
L’année 2015 sera l’année du Poète Nguyen Du, célébré par l’Unesco, une année propice à re-découvrir son oeuvre majeure, adaptée en langue française et musicalisée par la cithariste Phuong Oanh.

voir aussi l’article 1438en cliquant sur ce chiffre

Ainée d’une famille de modestes lettrés, Kiêu, comblée par les dieux, n’en est pas à sa première vie. Avertie par un esprit bienveillant, elle payera les dettes de ses incarnations précédentes, renoncera à son serment d’amour pour sauver sa famille du déshonneur et acceptera ce qu’elle croit être un mariage d’intérêt. Le mari la conduit dans une « maison verte », une maison de prostitution. La fleur à peine éclose sera effeuillée par les trahisons, jusqu’à mettre son âme à nu. Mais écorcher n’est pas tuer. Les dieux nouent, délient, comptent, veillent. Le « Kim Van Kiêu » de Nguyên Dû, profondément inscrit dans la pensée bouddhiste, chante l’âme vietnamienne. Il est aussi un chant de courage et de force pour tout être.

Contact : Isabelle Genlis 06 83 18 37 46 / genlisabel gmail.com http://isabellegenlis.free.fr/
En partenariat avec Le CLIO et La compagnie SYLENPSO

mise en page : angela.flao yahoo.fr - peinture :©Do Duy Tuan

 Projet

« Kim Van Kieu ou le jeu des dieux »
est la Première adaptation en langue française de cette œuvre fondatrice
du patrimoine oral et immatériel de l’humanité,
où le verbe et la musique se tissent l’un à l’autre
pour dessiner l’âme et libérer la lumière de cette œuvre majeure pour l’humanité.
Considérant le rôle inestimable et l’importance du patrimoine culturel immatériel comme facteur de rapprochement, d’échange et de compréhension entre les êtres humains,
L’intérêt de consolider les ponts culturels entre les différents pays
La nécessité de faire prendre conscience, parmi les jeunes générations, de l’importance du patrimoine culturel immatériel et de sa sauvegarde
Isabelle Genlis présente le « Kim Van Kieu » dans son adaptation « Kim Van Kieu ou le jeu des dieux », accompagné à la cithare par Phuong Oanh.
L’année 2014 fut l’année croisée célébrant la fraternité entre la France et le Vietnam.
L’année 2015 sera celle de la célébration de l’auteur du Grand Poème national, Nguyen Du, par l’Unesco, une opportunité pour faire résonner les phrases du poète au delà de ses frontières pour un public francophone.
Présenté au festival Epos en juillet 2014, le spectacle sera joué en novembre 2014 à l’Association Lac Viet de Vitry sur seine et au théâtre Mandapa en Janvier 2015.

 Kim Van Kieu

Kieu est une jeune fille belle et talentueuse. Tout en elle est charme, perfection et lui promet une vie heureuse. Or les lois du ciel sont intransigeantes. Chaque don se paye d’une épreuve qu’elle devra surmonter. Il lui faudra se libérer de la dette de ses vies antérieures, satisfaire les dieux, pour atteindre la sérénité et connaître le bonheur fragile et recherché de l’instant présent.
Classé par l’UNESCO parmi les œuvres patrimoniales de l’humanité, ses mots résonnent déjà aux oreilles des âmes sensibles et des esprits éclairés, couchés sur le papier, car l’auteur « utilise le bout de la langue pour faire éclore sa voix, chaque paragraphe est une note, chaque vers est un air de chant, chaque mot est une main d’où sortent des sons gémissants comme l’eau de pluie qui dégoutte le long du mur » Article de Vû Dinh Long, dans la revue Nam Phong -­‐ Vent du Sud 1924..........
Inspiré d’un roman chinois du 16ème siècle, Nguyên Du écrit son Kim Van Kieu au début du 19ème siècle. Considéré comme le miroir de l’âme vietnamienne, Il est élevé au rang de poème national du Vietnam.
Kim Van Kiêu est un chant aux images fleuries, à la parole rythmée. Profondément inscrit dans la pensée bouddhiste, Il est une allégorie de tout chemin de vie, un symbole de courage et de force, un poème d’amour : une ode à la femme.
Isabelle genlis a adapté le Kim Van Kieu en langue française, sous la direction de Bruno de la Salle au Conservatoire de Littérature orale – CLIO-­‐
Son travail rend compte de la poésie du texte original, respecte la métrique vietnamienne, dans une langue qui n’est pas celle du poète mais qui s’y offre.
Phuong Oanh accompagne le récit à la cithare vietnamienne. Entre thèmes traditionnels vietnamiens et compositions originales inspirées de la rythmique du texte, la musique et le verbe se tissent l’un à l’autre pour donner à entendre un véritable tableau vivant.
Durée : 1h20 -­‐ Public adulte.

 Extraits


« Son allure gracieuse arrachait les larmes du saule, les cordes du Hô Cam s’exaltaient sous ses doigts habiles, sa beauté de légende provoquait le regard des dieux.
Elle s’émerveillait de sa beauté, sa distinction. Il découvrait ses charmes, s’enchantait de son élégance, en un instant leurs cœurs s’étaient reconnus et aimés. »
« ‘Le maître des cieux veille aux destins des filles douées comme vous l’êtes. Votre nom figure parmi les nôtres : filles aux entrailles déchirées. Vous ne pourrez pas vous échapper si vous ne payez vos dons aux dieux. Votre barque file sans la pagaie.’ L’esprit disparaitrait et laisserait Kieu dans la nuit... »
« Kieu accourut et vit son père et son frère attachés. On accusait Vuong père d’avoir contracté une dette. Simples hommes de main, des brutes exigeaient leur butin. Vuong criait au mensonge, il n’avait aucune fortune, mais le bambou claquait sur les jambes des prisonniers, le roc broyait la craie, Kieu fit ce qu’elle avait à faire : Une fille se doit de reconnaître à ses parents le soin de sa naissance, la peine de l’éducation. Kieu s’offrit en échange de la somme qu’on réclamait.
L’affaire fut conclue et les papiers furent signés. Pour trois cent taëls d’or, la fille avait été vendue. Elle s’était offerte pour sauver la vie de son père. »
« L’épouse officielle... un vrai piment nappé de miel ; une parole juste, une conduite remarquable, un sourire constant, un regard léger et pesé, ces cœurs irréprochables sont souvent les plus redoutables.
Kieu pria son époux de lui avouer cette union qu’il avait contracté sans lui en souffler un seul mot. Qu’elle vive sans crainte et soit assurée de sa place.
Thuc suivit son conseil, se prépara pour le départ. Les mains s’entrelacèrent, certaines de se retrouver. Kieu referma sa porte et confia son sort aux dieux. »
« Tels des hérons avides sur les bords d’un lac sans poisson, de généreux dévots venaient soulager leur karma contre quelques offrandes, aux dieux du temple bienheureux. Après quelques prières, une fidèle à l’œil agile reconnut aussitôt la petite cloche et le gong. Elle s’en confia aussitôt à la supérieure.
La femme de sagesse la remercia de ses bons soins. Le calme de la nuit recueillit les fruits du mystère ; Kieu dévoila sa vie, cachée sous sa robe de bure.
Ces aveux désarmants renforcèrent leur amitié. Ensemble elles cherchèrent à échapper à cette traque. Les dieux avaient agi, pour vivre Kieu devait partir. Elle avait en bagage le poids de plusieurs existences : épouse, esclave nonne, elle devenait fugitive et priait les grands dieux de veiller sur le lendemain. »
« Un jour un grand guerrier l’arracha aux hommes avides. Ses pas broyaient le sol et sa tête touchait le ciel, une barbe de tigre, la taille haute, épaules larges.
Un silence bavard accorda leurs cœurs solitaires, le respect s’imposa et avant de s’en approcher, l’homme, genou à terre, l’honora de quelques paroles... »
© Isabelle GENLIS

Isabelle Genlis, conteuse, comédienne Texte et interprétation
Conteuse et comédienne, Isabelle Genlis, formée au conservatoire de Saint Germain en Laye, obtient un premier prix d’interprétation puis joue avec plusieurs compagnies. Elle rencontre le metteur en scène Alain Knapp avant de fonder sa compagnie, Corps et Âmes. Elle participe également aux créations du Théâtre Odyssée qui entretient un échange artistique avec une compagnie coréenne.
Elle travaille avec Sotigui Kouyaté, pour plusieurs projets dans différents pays. Griot, il l’initie à l’art du conte. C’est alors qu’Isabelle s’intéresse au Vietnam, pays d’une partie de sa famille. Elle travaille auprès de linguistes, recueille des histoires auprès de son entourage vietnamien, puis crée des spectacles de contes traditionnels du Vietnam, du Japon, d’Indonésie et des Philippines.
Au musée du quai Branly, Isabelle conte chaque semaine pour le plateau des collections asiatiques ainsi que pour les expositions temporaires et les évènements liés à ce continent. Elle joue également au musée Cernuschi, dans les festivals, centres culturels, médiathèques, écoles, prisons...
En 2011, elle rejoint le Centre de Littérature Orale, CLIO-­‐ où elle entreprend l’adaptation du poème national vietnamien : Kim Van Kieu de Nguyên Du sous la direction de Bruno de la Salle. Elle le présente au public à Epos, en juillet 2014.

Phuong Oanh, musicienne Composition et interprétation musicale
Figure de proue des mouvements de retour aux sources (Du Ca, Hoa Sim, Phuong Ca Dan Ca Quoc Nhac ...), Phuong Oanh fonde l’Ecole de Musique Traditionnelle Vietnamienne PhuongCa en 1970 à Saigon.
Elle est l’un des rares professeurs de musique traditionnelle au Conservatoire National Supérieur de Saigon. En 1988, Phuong Oanh reçoit la Médaille d’or de l’Académie Culturelle de l’Asie pour ses travaux sur la musique Vietnamienne.
En 1994, Phuong Oanh reçoit la médaille du mérite pour ses travaux pour la musique traditionnelle pour les jeunes. En 1996 elle est diplômée professeur d’Etat de musique traditionnelle vietnamienne en France (D.E.). Elle a été professeur de musique vietnamienne aux conservatoires de musique des villes de Sevran et d’Antony de 1987 à 2010.
Spécialiste de la musique dite de Hué, c’est avec les compositeurs Pham Duy, Nguyen Duc Quang, que Phuong Oanh a introduit la musique dite populaire dans les écoles et les universités.

Ce spectacle ne nécessite pas de conditions techniques particulières et peut s’adapter à toutes sortes de lieux.
Si les conditions d’accueil le permettent :
- ­‐ Deux projecteurs latéraux ambres
- ­‐ Deux projecteurs faces ambres

Voir en ligne : Isabelle Genlis