Musée Cernuschi, à partir du 21 septembre

vendredi 7 septembre 2012

Une exposition sera présentée au musée Cernuschi, 7 avenue Vélasquez, 75008 Paris, du 21 septembre 2012 au 27 janvier 2013, sur le thème : Du Fleuve Rouge au Mékong, visions du Vietnam Du Fleuve Rouge au Mékong, visions du Vietnam

A la suite des premiers explorateurs français qui avaient parcouru les contrées du sud-est asiatique, comme Francis Garnier (1864), des voyageurs et des peintres français s’aventurèrent à partir de la seconde moitié du XIXe siècle dans les toutes jeunes colonies françaises. Ils en rapportèrent des aquarelles et des peintures, saisissant avec un regard juste des lieux jusque la seulement imaginés comme paradisiaques. Depuis Hanoi construite sur la rive droite du Fleuve Rouge, dans le nord du Vietnam (ancien Tonkin) jusqu’à Saigon et au fleuve Mékong dans le sud (ancienne Cochinchine), les hommes et les monuments suscitèrent leur intérêt.

Victor Tardieu (1870-1937), Entrée des tombeaux à Hué , environ 1924, huile sur panneau de bois

Au début du XXe siècle, l’Etat français encouragea des artistes à enseigner et à établir des écoles d’art ici comme dans ses autres colonies. En 1910, il créa le Prix de l’Indochine qui offrit à des artistes français une bourse en Indochine. Cette présence artistique contribua à l’ouverture en 1924 de l’Ecole des Beaux-Arts de Hanoi, sous la direction du peintre Victor Tardieu, appuyé par un jeune Vietnamien, Nguyen Nam Son. L’Ecole accueillit de nombreux professeurs qui formèrent les artistes indochinois aux techniques occidentales : architecture, peinture, sculpture, arts appliqués. Des écoles d’arts appliqués furent également créées, certaines plus particulièrement spécialisées dans des domaines artistiques : l’Ecole de Thu Dau-Mot (1901) dans l’ébénisterie et le laque, l’Ecole d’Art de Bien-Hoa (1903) dans la fonderie d’art et la céramique, l’Ecole des Arts décoratifs de Gia-Dinh (1913) dans la gravure.
Parmi les professeurs qui contribuèrent a la mise en place d’un nouveau style, il faut mentionner Joseph Inguimberty, Evariste Jonchere, Andre Maire, Alix Ayme, Louis Bate. Ces institutions apportèrent un nouvel élan à la production locale, renouvelant ses thématiques et son approche stylistique. Les artistes qui sortirent diplômés de l’Ecole de Hanoi adoptèrent une facture réaliste basée sur l’utilisation de la perspective linéaire et la recherche de volumes. Les scènes, souvent intimistes, qu’ils dépeignirent nous livrent un regard sensible sur la vie contemporaine où la femme occupe une place souvent centrale (Lê Pho, Le Văn Đe, Lương Xuan Nhi, Mai Thu, Nguyen Gia Tri, Nguyen Phan Chanh, Nguyen Tiên Chung, Nguyen Tuong Lan, Pham Hâu, To Ngoc Vân, Vũ Cao Đàm,...). Les uns s’exprimèrent sur des supports traditionnels comme la soie, d’autres optèrent pour la peinture à l’huile. Nguyen Gia Tri développa la technique de la peinture en laque poncée.
Mai Thu (1906-1980)
Deux jeunes filles, 1942
Couleurs sur soie

Témoignages émouvants d’une fusion entre deux civilisations, les oeuvres présentées dans cette exposition font revivre une époque et nous offrent une promenade dans un pays attachant.