1975 Martine Piat

Dernier ajout : 9 octobre 2000.

Hommage et retour sur Martine Piat

C’est pour honorer sa mémoire que je vous révèle la raison profonde de sa retraite dans un monastère après avril 1975. Elle nourrissait un amour profond pour un de mes amis proches, Lê Van Diêm, professeur de littérature anglo-américaine à la Faculté des Lettres de Saigon, et frère de l’épouse d’un autre collègue et ami, Bùi Xuân Bào, professeur de littérature française et vice-ministre de l’Education Nationale quelque temps (d’où son envoi quelques mois après dans un camp de rééducation dans le Nord-Vietnam pendant deux ans). Comme Lê Van Diêm n’avait jamais répondu à cet amour et que l’horizon de l’après-avril 1975 paraissait des plus sombres, Martine Piat, qui se refusait à rentrer en France, avait fini par sombrer dans le plus noir des désespoirs. NTA

C’est beaucoup dire que j’ai connu Martine Piat, je l’ai rencontrée trois fois à Saïgon. C’était une femme très réservée, sa compétence de linguiste était indiscutable, ce n’est que plus tard que j’ai su qu’elle était convertie au Bouddhisme, lorsque la nouvelle nous est parvenue que, restée à Saïgon après la "libération", elle s’était retirée dans un monastère où (information non vérifiée) elle se laissa mourir de faim en signe de protestation contre l’instauration du nouveau pouvoir. PB

Le peux que j’en sais, c’est qu’elle était une passionnée du Vietnam libre.
A partir de 71 elle enseignait le khmer aux Langues’O. Il y a eu une cabale et elle a été limogée de son poste pour incompétence. A l’époque, je rentrais juste du Laos et je ne comprenais rien aux histoires de gauchistes. J’enseignais aux Langues’O mais je n’ai jamais rencontré martine Piat, par contre AF était au Cedrasemi, comme moi. J’ai compris bien plus tard que les gauchistes se répartissaient le sale boulot de déstabilisation. Toi, tu sèmes la m. ici, moi je la sème ailleurs, l’autre ... C’est à cause de ça que le Cédrasemi s’est mis à décliner, plus la légèreté de Condominas. Plusieurs années après, j’ai parlé avec un de mes ancien étudiant entré aux Affaires Etrangères (je crois), qui m’a expliqué que c’était une manipulation et que Martine Piat était satisfaisante.
Ensuite, elle est retourné au VN (sud). Elle a mal vécu la chute de 1975 et elle s’est donné la mort.
Ça sera difficile de trouver des renseignements car son cas est complètement occulté !
MF

Tout ce que je peux ajouter, c’est qu’après le 30 avril 1975 elle s’est beaucoup occupée de Cambodgiens réfugiés au Viêt Nam et que pour eux elle était une sorte de sainte !
PC