À bâtons rompus avec André Leplat

Dernier ajout : 26 mai 2011.

Q. L’AAFV et toi ?

A.L : Pour moi c’est obscur maintenant, je n’arrive pas à définir quel a été l’ancrage initial. C’était la lutte contre la guerre au mais cela s’inscrivait dans toute une activité nationale. Mais maintenant toute cette période je n’y vis plus. Quelqu’un l’aurait vécu avec moi et serait là ! encore… Je te dis, Henri Martin, Charles Fourniau, Françoise Direr, voilà et Patrice Jorland mais il
était beaucoup plus jeune. C’est très très très flou comme ça, je ne peux rien y faire.

Je suis né en 1923, militant dans la résistance, sous l’occupation.
Je faisais parti des FTP mais sans arme, je distribuais des tracts, des choses comme ça. C’est vraiment une période révolue. D’ailleurs je n’en parle jamais dans ma famille et personne ne m’en parle non plus du fait que j’ai l’air plutôt idiot.

Q. Au sein de l’AAFV qu’est ce que tu as fait ?

A.L : À partir de 1961, c’est la guerre américaine, oui mais avant il y a eu la guerre française, c’est surtout la lutte anticolonialiste. (J’ai lu les écrits d’Andrée Viollis mais je ne l’ai pas connue).
À l’AAFV j’ai été militant, oui mais ça aussi malgré l’effort que je peux faire, justement, je n’arrive pas à nous situer très bien. On a été avec Fourniau un peu marginalisés à une certaine période. On avait un peu la même démarche d’esprit, on était très attaché aux principes du Parti et à l’internationalisme
etc. mais en même temps quelquefois on était un peu en bisbille parce que lui, à partir d’un moment, il était encore plus dur que moi. Tout le mouvement associatif est en crise, ce n’est pas un problème propre à l’AAFV. Parce qu’il n’y a plus de perspectives de changement, il n’y a plus la croyance que l’on puisse interférer dans l’évolution des choses. Depuis 30 ans, le plus grand ennemi des associations est sûrement le commerce et tout l’état d’esprit qui
l’accompagne. Il aurait fallu transférer nos idéaux dans une nouvelle époque. On ne peut pas rester ancré sur des analyses antérieures à tout ce qui bouge.
Il y a une certaine déception parce qu’on a trop tendance à poser les problèmes en pour ou en contre et non pas dans le mouvement. Cette démarche que j’appelle démarche matérialiste, qui n’est pas une suite de clichés, NON cela bouge tout le temps.
Propos recueillis par DdM