À chacun son 50è

Dernier ajout : 26 mai 2011.

Pour ma part, 50 ans d’AAFV cela signifie deux périodes :

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D’abord spectateur

Vers 1964 je découvris grâce à un fi lm de Madeleine Riffaud la lutte du peuple vietnamien pour son indépendance. Il y eu aussi la rencontre mémorable en 1968 avec les représentants du GRP à une fête du printemps à Bollène et bien sûr la manifestation pour la « Paix au Vietnam ».

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Puis vers les travaux pratiques

J’ignorais jusqu’en 1995 l’existence de l’AAFV nationale. C’est à cette date qu’avec mon épouse nous avons décidé de voir comment vivait « ce petit peuple héroïque
 ». Un premier contact avec Alain Dussarps à la FNECGT provoqua une première rencontre au Vietnam avec Madame Nguyen Thi Hoi qui se révéla être une femme d’exception et est restée une amie. Lors de l’inauguration d’un dispensaire que nous avions contribué à équiper notre hôtesse, vice-présidente nationale de la Croix Rouge du Vietnam, nous fit entrevoir
toutes les possibilités de projets de solidarité et un inventaire non-exhaustif des besoins. Deux périples plus tard, le 8 mars 1997, le comité Gard-Cévennes était né.

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Les comités locaux parties prenantes du 50e
anniversaire pour aller au 60e

À ma première réunion du Comité national, par un heureux hasard, je me trouvais près de Madeleine Riffaud, entre Raymond Aubrac et Henri Martin dont le nom précédé de « Libérez » fleurissait encore sur quelques murs gardois. J’étais très impressionné mais la gentillesse et la simplicité
de ces « personnages », tout comme celle de Charles Fourniau, le président, facilitèrent mon expression. Leur clairvoyance, sans oublier Alain Dussarps, m’aida concrètement quand il s’agissait de prendre en compte la nouvelle situation du Vietnam avec la paix retrouvée. Il était devenu évident que sans renier l’Histoire l’intérêt des gens pour le pays avait évolué et était devenu aussi tourisme, adoptions, coopération, aide au
développement, même si – notamment pour ma génération- le Vietnam signifiait d’abord deux guerres. À l’évidence une direction nationale, quelle que soit la qualité de ses membres, ne pouvait pas répondre toute seule aux deux objectifs : information et solidarité. Le rôle de notre comité, le premier réapparu depuis bien longtemps, donna lieu à débat. D’autres ont été créés depuis. Aujourd’hui tout le monde se félicite de leur présence.
Un des enjeux pour le devenir de l’ AAFV est bien dans leur développement.
Savoir comment multiplier les initiatives d’information, de solidarité à partir des réalités locales, au plus près des gens ? Les initiatives locales permettent d’impliquer un grand nombre de bénévoles, chacun dans sa diversité. Sans l’existence des comités, tous ces amis seraient « dans la nature ». Pour tous ces amis, c’est aussi leur 50e anniversaire,
même si dans un an nous fêterons notre 15e.

- Notre récompense

Le sentiment éprouvé, lorsque nous rencontrons les bénéficiaires des projets sur le terrain s’appelle « satisfaction ». C’est le « moment récompense » de nos efforts, des heures passées pour l’association.
Dans une certaine mesure, même à 10 000 kilomètres, nos amis sont aussi partie prenante du 50e anniversaire. C’est le cas des victimes de l’Agent orange bénéficiaires d’aides, enfants des maternelles, jeunes formés
à la couture ou à l’informatique, ceux qui sont scolarisés grâce à la suppression de la corvée d’eau depuis que cet « or » est à proximité…
Il reste que notre rôle d’information sur le pays que nous aimons nous oblige aussi à rester lucides et à garder raison. Il est un fait que le chemin parcouru est énorme et que celui qui reste à parcourir est semé d’ombre et de lumière. Alors, rendez-vous au 60e.
Gérard Terrier