À la rencontre des banlieues …

Dernier ajout : 19 avril 2009.

À la rencontre des banlieues …

Le « concours d’écriture » organisé par le Cercle Francophone de Da-Nang est vraiment une occasion pour les jeunes de tester leurs aptitudes dans le domaine du journalisme.

Quel sujet choisir ? Écrire sur le thème « DA NANG ville moderne » qui connaît un énorme changement, dont l’industrie est en cours de développement, une ville qui attire le touriste par ses paysages : la montagne, la mer, plusieurs oeuvres en constructions qui embellissent la ville tous les jours. Tout cela métamorphose Da-Nang qui est comme
« une jeune fille à la fleur de l’âge ». Belle et moderne. À laquelle s’ajoute la vie aisée de la population. En ce début de 21ème siècle, une étudiante sur le point d’être diplômée comme moi est fière et pleine d’espoirs de connaître une vie splendide dans une ville jeune. Pourtant toutes ces impressions ne me satisfont pas. Je voudrais trouver quelque chose de spécial, de distingué, quelque chose dont on ne parle pas habituellement. Je décide de partir à la recherche…

Un dimanche après- midi, il fait beau temps après les journées de pluies et de froid de l’hiver. En compagnie d’une amie, nous partons à vélomoteur vers la sortie de la ville. Voici Nam O avec son fleuve au milieu duquel les carrelets font une image typique. Les palmiers et les filaos sous lesquels s’ abritent les maisons alignées au bord de la mer. Au bout de la rue Nguyen Tat Thanh est le domicile de Tuyet et de ses deux enfants. Madame Tuyet est marchande au marché. Son mari l’a quittée au moment où ses deux enfants étaient en bas âge. Toute seule, elle a dû élever ses enfants et leur permettre de faire des études – l’aîné est en classe de 7e, la cadette en 4ème. En voyant sa maison étroite, nous constatons avec peine sa vie de misère. Ses parents et proches habitent loin. Elle raconte comment elle essaie de se débrouiller… Pour avoir le manger quotidien, difficile surtout lorsque un de ses enfants est malade. Elle passe maintes difficultés pour nourrir seules ses enfants. Nous l’admirons pour ses efforts et ses sacrifices.

« Comment vivez- vous, étant dans cette situation actuelle ? Quel est le problème qui vous préoccupe et que souhaitez vous, que désirez-vous le plus ?
Je désire que mes enfants puissent continuer à travailler et arrivent à leur but. Pourtant la situation économique actuelle est trop difficile. Probablement, l’aîné doit cesser ses études pour me soulager de la lourde charge, répond- elle, d’une voix hésitante. Les difficultés s’accumulent ; les problèmes attirent les problèmes. Après le typhon Sangsane (1 octobre 2007), les maisons sont ravagées en partie. En plus du manger journalier, il faudrait faire des économies en vue de reconstruire la maison. L’aide financière de la municipalité ne fait pas le compte et ne résout rien. »
Elle est de plus anxieuse que la petite maison dans laquelle s’abritent les trois membres de la famille soit expropriée et démolie.
« J’ignore où nous nous retrouverions »
dit-elle.
Pourtant, après cette causette méditative, elle revient à son air jovial. Encore jeune (elle a le même âge que ma grande sœur) pourquoi se trouve- t- elle dans une situation aussi fâcheuse ? Pourquoi est-elle toute seule à nourrir ses enfants ? Pourtant, elle se montre optimiste et aimant la vie. Elle croit encore à un meilleur avenir, surtout pour ses enfants.
Madame Tuyet est une « grande sœur » brave et généreuse. Ses deux petites amies la saluent.

Quittant Hoa Khanh, nous arrivons à Thuan Phuoc, approchant d’une « ville flottante ». La ville de Da -Nang reste brillante à côté de sa rivière romantique. Pourtant, nous rencontrons des personnes avec leur vie nomade sur la rivière, prenant leurs barques délabrées pour maisons.
Nous sommes invitées à nous embarquer sur le sampan de monsieur Sat où se serre une famille de trois générations. Monsieur Sat et son gendre capturent les crevettes et les poissons, toute la journée. Leurs femmes les vendent au marché. Toute la famille vit de leur pêche journalière.
« Seriez-vous d’accord pour aller vivre ailleurs ? On dit que vos barques donnent une image négative de la ville …
Si les autorités me procurent des conditions favorables pour vivre sur la terre ferme, je me contente de changer mon métier pour vivre mieux, au lieu de gagner chaque jour 30.000 – 50.000 dongs, et rien les jours où la mer agitée.
Il nous faut compter sur la chance en temps de grandes pluies ou de vent violent. L’anxiété augmente dans la famille lorsqu’on doit aller en mer. Même lorsqu’il fait beau temps et que la pêche est abondante, avec les frais de carburant qui augmentent, ça ne nous rapporte pas grande chose. »
D’après nos renseignements, une vingtaine de familles vivent sur les barques assemblées à Tho Quang et Vo Thang. Monsieur Sat nous raconte ses exploits de pêche mais aussi leur vie sans protection.

« Les enfants ne peuvent pas aller chaque jour à l’école »
regrette la femme de monsieur Sat en éclaboussant le visage de sa fille d’un peu d’eau puisée aux vagues.
Quittant monsieur Sat et sa famille, à la tombée de la nuit, nous rentrons d’une randonnée intéressante et significative avec mon copain vivant en pleine ville. On trouve pourtant que tout est beau, la vie fiévreuse, travaillant pour notre rêve d’étudiant, nous pensons quelque fois égoïste d’être indifférents aux vies malheureuses.
Ayant la chance de faire des études sous la protection de nos parents, chaque petite difficulté dans la vie nous rend pessimistes. Croyant que nous sommes les plus malheureux, regrettant notre sort. Si nous regardons comment vivent les personnes qui nous entourent, nous trouvons quelque part des petits enfants n’ayant pas la possibilité d’aller à l’école, des situations difficiles comme celles de madame Tuyet ou de monsieur Sat. Pourtant ils ne sont jamais pessimistes, découragés. Ils continuent quand même à vivre, à bien vivre, à être honnêtes. Ils trouvent toujours l’espoir et croient à un meilleur avenir pour les jours à venir.

OANH et HIEN
Tran Thi Hoang Oanh est étudiante de 4e année à l’Université Polytechnique, département d’informatique.
NguyenThi Hien est étudiante de 4e année à l’université des Langues Etrangères