Andrée Viollis

Dernier ajout : 20 octobre 2008.

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Cimetière Montparnasse, Division 27, 2e Section, Lot 23, n° 6 Nord

Andrée Viollis, très grande journaliste et femme de lettre, est née le 8 décembre 1870 à Les Mées (Alpes de Haute Provence), fille de Claudius Jacquet de la Verrière, sous-préfet d’Uzès. Rare exemple pour son temps de jeune fille résolument libérée, elle passe son baccalauréat en 1890, se fait préceptrice en Angleterre pour suivre des cours à Oxford, et revient en France pour obtienir sa licence de lettres à la Sorbonne en 1898. Entre temps, elle a épousé Gustave Téry, normalien, agrégé de philosophie, qui l’a guidé dans ses études et de qui elle a ses deux premières filles. Cependant, au lieu du professorat elle choisit une carrière littéraire et journalistique, entrant en 1899 au journal féministe La Fronde, où elle défend Dreyfus. Divorcée en 1901, elle épouse en deuxième noce, en 1905, Henri d’Ardenne de Tizac, spécialiste de l’art chinois, premier conservateur du Musée Cernusci, avec qui elle aura deux autres filles. Il se trouve que d’Ardenne de Tizac avait, parallèlement à ses travaux muséographiques, entamé lui-même une carrière littéraire sous le pseudonyme de Jean Viollis ; ainsi sa femme prend-t-elle celui d’Andrée Viollis pour signer avec lui plusieurs compositions romanesques et chroniques d’actualité. C’est sous ce nom de plume qu’elle est devient l’une des journalistes de grand reportage les plus célèbres de la première moitié du XXe siècle, livrant au Petit Parisien d’abord ses notes de guerre - en 1914-18 elle parcourt les champs de bataille comme infirmière -, puis les observations qu’elle récolte en de nombreuses expéditions intrépidement effectuées en Afghanistan, en Inde, en Chine, au Japon, en Indochine, en Tunisie, sans parler des livres dans lesquels elle défend des positions intransigeantes féministe, antimilitariste et surtout anticolonialiste. Comment l’AAFV ne souhaiterait-elle pas instamment une nouvelle réédition, entre autres, d’Indochine SOS, publié pour la première fois en 1935 chez Gallimard, avec une préface d’André Malraux (réed. 1949 aux Editeurs français réunis) ?
André Viollis a été faite chevalier de la Légion d’honneur en 1927 et promue officier en 1937.
Se souvient d’elle avec émotion notre amie Madeleine Riffaud, qui lui doit ses premiers pas dans la journalisme.
Léon Vandermeersch

Cimetière Montparnasse, Division 27, 2e Section, Lot 23, n° 6 Nord
Tombe d’Andrée Viollis aujourd’hui
restaurée par Madeleine Riffaud aidée de Jean-Luc Perramant [1]

Notes

[1en amont un certain nombre de personnes dont des membres de l’AAFV avaient apporté une contribution non négligeable à l’élaboration de ce projet.