Arts d’hier et d’aujourd’hui

Dernier ajout : 27 juillet 2008.

Introduction à l’étude des arts du Vietnam

Les arts du Vietnam sont multiples comme le pays lui-même. À côté des Viet ou Kinh qui représentent 86% de la population, leurs voisins des plaines (Chams, Khmers et Hoa) et des montagnes du Nord et du Centre ont, comme eux, une longue histoire et des caractéristiques culturelles propres.

Le premier art des Viet est celui de Dong Son (VIIe siècle avant J. C. – Ier siècle) qui faisait partie d’une vaste civilisation du bronze étendue du Sud du Yangzi à l’archipel indonésien. Au IIIe millénaire avant J. C., la « Chine » n’était pas encore la Chine mais un ensemble de six grandes cultures, trois au Nord et trois au Sud du Yangzi ; les premières cultivant le millet et le blé, les secondes, le riz. Les Han, établis dans le bassin moyen du fleuve Jaune, feront la conquête progressive du territoire grâce à leur supériorité dans trois domaines essentiels :
-  un état centralisé,
-  une armée dotée d’armes en fer et de chevaux,
-  la possession de l’écriture.
Seules des Cent Yue, des Viet du Sud reconqueront leur indépendance pour former l’actuel Vietnam.

L’objet caractéristique de Dong Son est le Tambour de Bronze Tambourg de Bronze dont on a découvert de nombreux spécimens au Vietnam et en Chine du Sud (au Guangxi voisin notamment), au Laos, en Thaïlande, en Indonésie. Ils voisinent avec des jarres, des bassins, des situles, des armes et des parures. Au Vietnam, les similitudes des décors géométriques avec ceux des sites préhistoriques, notamment de Phung Nguyen, attestent une continuité d’évolution sur place (et non des importations comme certains l’ont écrit) qui a même influencé l’art chinois.
Dinh des Sédang Province de KontumIl s’agit des toits aux extrémités But Thap nord Vietnamincurvées qu’on voit sur les Tambours de Bronze. Les monuments Han avaient des toits rectilignes. C’est sous les Tang (VIIe – Xe siècle) qu’apparaît en Chine du Sud la forme recourbée qui se répandra ensuite dans le Nord.

L’architecture est le premier des arts viêt. A la différence de la chinoise qui s’impose par la grandeur, la pompe et la solennité, la vietnamienne se caractérise par la grâce, le charme, l’élégance. Il suffit à cet égard de comparer les cités et les tombeaux impériaux de Pékin et de Hué. Les seconds se sont inspirés des premiers, mais s’en distinguent par leur cachet et leur fusion avec le paysage, les collines, les arbres et les eaux. Il en est de même des temples bouddhistes, confucéens (le Van Mieu de Hanoi) et communaux (dinh).

A l’architecture est étroitement liée la sculpture , généralement en bois. Les pagodes en sont de véritables musées, car elles renferment les statues des Bouddhas et des bodhisattvas, ainsi que des patriarches et même des divinités locales que le bouddhisme a intégré (telles les Mères du Ciel, de la Terre, des Eaux, des Monts et des Forêts). Rien n’est moins intolérant que le bouddhisme viêt : toute pagode a une salle réservée aux Mères, tout temple des Mères une salle réservée à Bouddha.

La céramique n’a pas la perfection de celle des Song, des Yuan ou des Ming, mais se distingue, surtout sous les Ly et les Trân (XIe – XIVe siècle) par la vie et le mouvement de son décor. Sous les Lê (XVe – XVIIe siècle), les bleu et blanc sont renommés : on a longtemps attribué aux chinois un vase du Topkapi d’Istanbul daté de 1450.

La peinture, elle, est surtout connue par son développement récent. De l’Ecole des Beaux Arts de Hanoi, créée en 1925, sont sortis des artistes qui ont su harmoniser des apports de l’Occidents et leurs « âme » vietnamienne, tandis qu’aujourd’hui les recherches vont dans tous les sens.

À côté des Viet proprement dits, il faut citer les Chams aux remarquables tours en brique et aux sculpture pleine de vigueur, les temples Khmer du delta du Mékong, enfin les peuples montagnards qui se distinguent, au Nord par leurs textiles éclatants, au Centre par leurs émouvantes sculptures tombales de « pleureurs » assis, la tête entre les mains, les coudes et les genoux.

Le Thanh Khoï Le Thanh Khoï