Conclusion

Dernier ajout : 15 juillet 2009.

Aujourd’hui, après l’ouverture partielle de 2003, le bouddhisme affronte de nouveaux problèmes. Le bouddhisme, dans les personnes de ses bonzes et nonnes qui travaillent pour le pays et dont les capacités et la nécessité sont reconnues au plus haut niveau, doit régler des problèmes internes. D’une façon générale, les caractères d’exception vivent mal mais sont absolument déterminants à un moment donné. C’est ce qui se passe en ce moment. Les guerres ont créé un profond déséquilibre et ont pratiquement fait table rase du passé. À tous les niveaux de l’État, on se tourne vers cette ressource, non sans une certaine crainte, car le bouddhisme représente une force et des organisations respectées.
Les ravages de la guerre, les excès qu’elle entraîne, n’ont pas éliminé les besoins de croyances du peuple qui partit en guerre souvent dès avant quinze ans, se sacrifiant pour l’indépendance du pays. Ils se sont tous retrouvés au moment de la reconstruction : autodidactes, et une partie de l’élite souvent partie avec les Français et les Américains.

J’ai rencontré des bonzes qui ont dramatiquement payé leur amour du pays, la désaffection de leurs plus proches et la perte de leur soutien. Aujourd’hui, en recherchant et retrouvant certaines racines, un nouvel état de choses se fait jour. Il y a ceux qui ont vécu la guerre, qui sont loin d’être les plus nombreux, et une grande majorité de jeunes qui vivent comme tous les autres jeunes du monde, sur un terrain encore miné mais relativement sûr, car les valeurs familiales et ancestrales, du fait de l’histoire récente, sont encore bien là.
Ici on vit avec les morts, les morts sont vivants, la famille reste-au fond- soudée et les jeunes s’y soumettent dans leur grande majorité même si certaines sirènes pointent à l’horizon.

Mais ce retour vers le passé n’est pas sans souffrances. Le bouddhisme manque cruellement d’enseignants et de plus la valeur de l’Étude n’est plus au goût du jour… On peut devenir riche très vite dans le Vietnam d’aujourd’hui et cela sans étudier vraiment. Il en est de même dans l’enseignement du bouddhisme, c’est le rush des plus pauvres et l’on doit refuser beaucoup de candidatures. On n’étudie plus les caractères chinois non plus et l’enseignement de base est succinct.
La reconstruction ou la construction sont au goût du jour. Chaque pagode fait peau neuve, mais avec la crise toute récente, même limitée, au Vietnam, bien des projets sont ralentis voire abandonnés.
Aujourd’hui, si tous les Vietnamiens ne sont pas des adeptes fervents, ils se rattachent à un culte. Les communautés bouddhistes et catholiques sont les plus nombreuses et leurs rôles sociaux sont importants.
Dominique de Miscault