Dac Lac, le pays des tigres et des éléphants

Dernier ajout : 27 août 2008.

Dac Lac est une des plus grandes provinces du Viet Nam, située au centre sud du pays. En tirant à l’ouest à partir de la côte, par exemple de Nha Trang, on se croit tout d’abord en Irlande : que font là ces vertes collines herbeuses ? içi, la dioxine a frappé si fort que la forêt n’a pu se reconstituer.
Puis en approchant de la capitale, Buon Me Thuot, on entre dans le monde du café : magnifiques plans de robusta dont la récente introduction au Viet Nam a fait sombrer le cours mondial. Pourquoi du robusta alors que c’est l’arabica qui est demandé ? mystères de la planification. Des familles travaillent, récoltant les baies rouges, ce sont des saisonniers, des migrants venus du nord à la recherche d’un travail, pauvres parmi les pauvres.

JPEG - 644.3 ko
Récolte de café

On laisse sans regret la capitale, fort laide, (sans avoir pu cependant échapper à la micro-tasse de café, il faut autant de sucre pour le rendre buvable -moyennant trois nuits sans sommeil) pour continuer vers Ban Don.

JPEG - 648.5 ko
Chutes sur la Serepok

Torrents, chutes d’eau, des paysages superbes. Ici, ce sont des villages Ede ; comment distinguer ces maisons sur pilotis de celles d’autres ethnies ? Très simple : la petite échelle qui permet d’accéder à la grande pièce commune porte deux petits seins bien ronds. Les Ede sont une civilisation matriarcale ; les maisons appartiennent aux femmes. Ah mais !
Tiens, où vont ces villageois sur leurs imposantes montures ? à Dalat. Combien de temps comptent-ils mettre ? Une semaine. On n’est pas pressés, au royaume de l’éléphant.

JPEG - 728.9 ko
En voyage

A Ban Don, où coexistent Ede et Laotiens (et non Cambodgiens comme on pourrait le penser) l’éléphant est le roi déchu d’une époque que les montagnards savent bien être révolue. Leur principale tâche était de transporter les troncs de bois exotiques, mais les belles essences qui restent sont maintenant trop loin dans la forêt ; on a pillé les bois sans gérer leur renouvellement. Quand même, on raconte les histoires des trois éléphants sauvages, trois « domestiques » retournés à la nature et devenus très dangereux ; on montre la tombe du roi des chasseurs, mort à 124 ans (oui oui) après avoir capturé plus de cent bêtes. Et les tigres ? oui, le matin, on voit sur le sol les traces de leurs griffes, mais dans la journée, on ne les aperçoit jamais. Bizarre…Bon, la touriste a tellement envie qu’on lui parle de tigres, et les vietnamiens n’aiment pas contrarier leurs hôtes…

A dos d'éléphant

A dos d’éléphant ; en arrière plan, la villa de Bao Dai

JPEG - 982.9 ko
Ponts suspendus

On apprend à mener l’éléphant d’un pied délicat derrière l’oreille, on parcourt le réseau de ponts suspendus sur la rivière Serepok, on achète de merveilleuses pièces de tissu pour sarong, avant de s’apercevoir qu’elles ont coupées aux dimensions des jolies laotiennes : 55 cm de tour de taille, 80 cm de tour de hanches… On mange du ragoût de cerf, du ragoût de porc épic et de bizarres boules de riz gluant.

Le lac Lak

Un autre village, sur le sublime lac Lak est Jun, habité par des mnongs. Les échelles redeviennent décentes… Au dessus du lac, une villa de Bao Dai. L’homme ne manquait pas de goût ! Le lac est le royaume des hérons et des nénuphars ; les pêcheurs tapent violemment sur l’eau avec des bâtons pour effrayer le poisson, étrange méthode de pêche. Notre éléphant traverse, paisible, un bras du lac pour venir nous rejoindre.

Ici, tout est paix et poésie. Comment ce monde si loin de la modernité va-t-il évoluer ?

Portfolio

  • Le lac Lak
  • A dos d'éléphant