Droit de réponse d’Yvonne Capdeville

Dernier ajout : 5 janvier 2012.

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Je remercie la rédaction de Perspectives de me donner cette possibilité d’un droit de réponse à l’analyse critique d’Anne Hugot – Le Goff, parue dans le n° d’Octobre sur le livre que j’ai co-écrit avec Dominique Levesque ‘La Faculté des Sciences d’Orsay et le Vietnam. De la solidarité militante à la coopération universitaire (1967-2010)’, publié chez L’Harmattan, collection Points sur L’Asie. Je n’en discuterai que les deux points ci-dessous.

Il y en aurait des choses à raconter, sur cette saga du soutien apporté par les universitaires français à la lutte des vietnamiens pour leur indépendance. Encore eût il fallu le raconter sur un ton autre que celui d’un rapport administratif…. Une bonne moitié du livre consiste en
annexes … Le plus personnel, dans ce récit, c’est l’espèce de déception qu’Yvonne Capdeville, en tant que biologiste, laisse poindre. Ah, ces Vietnamiens qui voudraient faire de la biologie moléculaire sans avoir les moindres notions de biologie de base…

L’objet de ce livre a été de retracer une histoire collective se déroulant sur plusieurs décennies : celle de l’engagement militant de l’ensemble du personnel de la Faculté des Sciences d’Orsay et celle d’une solidarité et d’une coopération scientifique qui a impliqué un grand nombre de biologistes des centres d’Orsay, du CNRS de Gif-sur-Yvette et d’autres
centres, ainsi que de l’engagement constant des responsables de l’Université Paris-Sud.

L’histoire du temps présent est souvent biaisée, le recours aux sources, lorsqu’il a lieu, privilégie les documents officiels ou déjà médiatisés. Ce qui est rapporté ici dans ce livre, c’est le quotidien des militants, leur succès, leur difficultés et aussi leur échecs, un vécu partagé avec les Vietnamiens, authentifié par les archives mises en annexe, partie vivante du livre.

La biologie ce n’est pas seulement la médecine, la pharmacie, et les sciences naturelles de nos anciens livres de classe, mais c’est aussi une révolution profonde due aux découvertes des mécanismes fondamentaux et moléculaires du vivant, apportées par la génétique, la biochimie, la biologie cellulaire, la biologie moléculaire et aujourd’hui la génomique et la
biologie des systèmes. Ces domaines du savoir qui se sont développés plus particulièrement dans les pays occidentaux au cours de ces cinquante dernières années ont très peu diffusé au Vietnam, en raison d’une absence de formation correcte en biologie fondamentale. Sur le plan de l’éducation il y a toujours un retard dans ces domaines au Vietnam. Or aujourd’hui ce
savoir est moteur d’innovations dans le domaine de la médecine, de la pharmacie, de l’agriculture, de la chimie et demain des nanotechnologies. La force d’un pays c’est son niveau culturel et un enseignement universitaire de haut niveau dans toutes les disciplines scientifiques. En filigrane de ce livre, il y a en fait un plaidoyer pour que la biologie
fondamentale atteigne le même niveau de développement que les autres disciplines scientifiques au Vietnam.