Du pays où les arrosoirs et les chapeaux sont coniques

Dernier ajout : 3 avril 2008.

C’est bien connu, les herbes aromatiques sont un élément essentiel de la cuisine vietnamienne. Hoa, qui est une merveilleuse cuisinière, me le dit toujours :
« Il faut mettre ces herbes (« rau » en vietnamien), ça parfume, c’est bon ! » Effectivement, c’est je crois une des caractéristiques de cette cuisine si raffinée et variée.

Tout près de Hoi An, environ 4 km au nord en direction de Danang, on trouve le village de Tra Qué, dans la commune de Cam Ha, consacré à la culture des plantes aromatiques.
Là, sur les bords de la rivière Dê Vong, les habitants du petit village vivent tous essentiellement du maraîchage. C’est une activité traditionnelle, aujourd’hui encouragée par une décision des autorités qui a consacré en 2004 le village de Tra Qué « village de métier ».

 15 hectares de maraîchage

L’activité a en effet été favorisée par le creusement de forages permettant d’avoir une eau très douce alors que dans ces zones alluviales l’eau de la rivière est saumâtre. Les 15 hectares de limon ont été divisés en petits lots de 200 mètres carrés pour être loués aux familles. Ainsi, selon la taille de la famille, on peut disposer d’un lot ou plusieurs. Par le jeu des alliances et héritages, certaines familles peuvent travailler sur des parcelles plus conséquentes. Ce sont près de 200 familles qui trouvent dans ces cultures maraîchères une activité suffisamment rémunératrice pour permettre aux enfants de faire des études à la ville.
On circule sur les sentes étroites, en prenant bien garde où l’on pose ses pieds sous peine de s’attirer des réprimandes, entre les plates-bandes amoureusement entretenues où on cultive la menthe, la coriandre, le cresson, la ciboulette, la renouée ou le basilic. Difficile de résister au parfum frais et astringent de la menthe sans en cueillir un brin ! Dans les premiers rayons de soleil, les femmes finissent la cueillette du matin avant de partir au marché de Hoi An. Les hommes achèvent l’arrosage (ici, les arrosoirs sont comme les chapeaux : coniques !). D’autres retournent la terre d’un carré qui sera ensemencé. Nous sommes en décembre ; après la longue période de pluies qui a ralenti l’activité, il faut préparer les récoltes du Têt . A cette époque, la demande sera plus forte, il faudra approvisionner les marchés et les super-marchés de Danang qui sont de nouveaux et attractifs débouchés.

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 Un jardin, ça se cultive

Ailleurs, dans les villages voisins où l’on se spécialise en d’autres cultures, on prépare aussi activement ce moment si important dans la vie des vietnamiens. On prend soin des abricotiers et kumquat qui seront achetés par centaines à l’occasion du Nouvel An lunaire ou on soigne méticuleusement des bonzaïs.
Mais revenons à Tra Qué pour donner un conseil à celui qui voudrait découvrir ce village. Surtout, ne pas oublier :
un jardin, ça se cultive le matin de très bonne heure avant la chaleur ou bien le soir, vers 4 ou 5 heures, lorsque le soleil brûle moins. Ce serait dommage de ne pas rencontrer ces femmes et ces hommes à l’accueil si simple. Après la visite des jardins, vous pourrez vous rafraîchir d’un verre de thé vert servi par une souriante jeune fille à l’ombre de la petite buvette du village de Tra Qué.

Jean CABANE

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