Histoires de victimes de l’Agent Orange au Vietnam

Dernier ajout : 27 août 2006.

Histoires de victimes de l'Agent Orange au Vietnam Histoires de victimes de l'Agent Orange au Vietnam

Nous désirons exprimer notre profonde gratitude à toutes les Associations de Femmes et à la Croix Rouge, du niveau central à celui des provinces et des villes, notamment Hanoi, Ha Nam, Hoa Binh, Son La, Nam Dinh, Thai Binh, Thua Thien-Hue, Quang Nam, Quang Ngai, Binh Thuan et Ho Chi Minh, pour leur aide accordée sans réserve au Centre d’Étude de Genre, de la Famille et de l’Environnement en Développement (CGFED) en vue mener à bien le projet de recherche « Histoires de victimes de l’Agent Orange au Vietnam ».

Nous sommes reconnaissants aux scientifiques : Dr Annika Johansson, de la Division de Santé Internationale (IHCAR), de l’Institut Karolinska (Suède), Pr Jacques Maître et Dr Bemard Doray, du Centre de Recherche et d’Actions sur les Traumatismes et l’Exclusion (CEDRATE, France), Mme Nguyen Xuan Phuong, de l’Association Vietnam-Les enfants de la dioxine (France), Pr. Lars Roegilds et Pr. Tue Sanderhage, de l’Institut National de Roskilde pour les Educateurs Sociaux (Danemark) et Mme Indai Lourdes Sajor du Centre Asiatique pour les Droits Humains des Femmes (ASCENT, Philippines), Mme Eva Lindskog, de l’Institut d’environnement de Stockholm (SEI), qui ont largement soutenu le CGFED et coopéré avec lui dans ce projet.

Nous sommes très reconnaissants à tout le personnel du CGFED, qui a participé activement aux inspections, enquêtes, collecte et édition des données.

Nos remerciements tout particuliers vont à Mme Nguyen Thi Binh, Présidente du Fonds pour la Paix et le Développement à M Nguyen Trong Nhan, Vice Président de l’Association Vietnamienne pour les Victimes de l’agent Orange à M Francis Gendreau, Président de L’AAFV, pour leurs encouragements au CGFED lors de la réalisation de ce projet.

Enfin, nous remerçions sincèrement à Mme Marie-Hélène Lavallard et ses amis qui avaient achevé la traduction en français et la Maison d’édition The Gioi qui avait immédiatement publié ce petit livre pour notre conférence « Les effets des épandages de défoliants au Vietnam, 1961-1971, à Paris, les 11 et 12 Mars 2005.
Le Directeur du CGFED
Le Thi Nham Tuyet Le Thi Nham Tuyet

AVANT-PROPOS
Au Vietnam, la dernière guerre est terminée depuis plus de trente ans. Cependant, les cruelles conséquences de la guerre chimique sur nos vies peuvent se voir aujourd’hui encore à travers tout le pays, non seulement là où l’armée américaine a épandu l’Agent Orange pendant dix ans (1961-1971), mais même dans les villages les plus reculés du Vietnam du Nord. C’est un choc terrible pour nous et nos amis du monde entier.

Les cinq ans de recherches effectuées par les scientifiques de l’Université Columbia (Etats-Unis) montrent que l’armée américaine a déversé 100 millions (et non 72 comme annoncé par le Pentagone) de litres de Dioxine au cours des années 1961 à 1972. [1]

Ce chiffre est purement statistique et pourrait être inexacte mais il ne peut pas refléter complètement les conséquences subies par chaque victime dans sa situation particulière, et qui lui ont brisé le cœur. Un vétéran de la guerre du Vietnam a dit une fois : « je me suis battu contre l’invasion étrangère pendant presque dix ans et je suis rentré chez moi sain et sauf. Mon rêve était de me marier et d’avoir des enfants au sein d’une famille heureuse. Mais à présent mes enfants souffrent de spasmes douloureux et crient toute la nuit. Voir leurs souffrances nous fait souffrir dix fois plus. Nous n’avons pas connu une seule journée de paix depuis trente ans ». [2]

Le Vietnam est encore confronté à de nombreuses difficultés. Cependant le gouvernement, les organisations sociales et le peuple sont pleins de compassion patriotique, partagent les souffrances des citoyens et les entourent de leurs soins.

De nouveaux termes ont émergé au Vietnam tels que :
« maison Agent Orange », « village Agent Orange », « commune Agent Orange », « recherche sur l’agent Orange ». « pétition Agent Orange, » ; apparaissent aussi des lettres de mères faisant « de simples vœux pour leurs enfants infectés par l’Agent Orange ». Même dans les « familles sans sourire », que mentionnent les quotidiens, on peut sentir les efforts extraordinaires des victimes.

Nous savons que les problèmes de I’Agent Orange/ Dioxine ne sont pas simples du tout dans leurs aspects scientifiques et humanitaires. C’est pourquoi la Conférence Scientifique , vietnamo-américaine concernant les effets de l’Agent Orange sur l’environnement et les êtres humains (Mars 2002) est considérée par les scientifiques vietnamien comme « un petit pas sur le long chemin ».

Cependant, « ceci ne peut conduire à la conclusion simple que la difficulté à donner la preuve d’être victimes de l’Agent Orange signifiera que la guerre chimique déclanchée par les États-Unis n’a pas de terribles conséquences à long terme dans ce pays. En ce qui nous concerne, il n’est pas acceptable d’adopter une attitude « ni pour, ni contre » au vu des rapports confirmant les effets nocifs de la Dioxine sur les humains et l’environnement au Vietnam. [3]

De nombreuses recherches conduites part des naturalistes prévoient que les conséquences de la guerre chimique des États-Unis sont susceptibles d’être un lourd fardeau pour la société du Vietnam jusqu’à 2050 [4], ce qui veut dire que deux générations en souffriront.

Ce livre illustré, « Histoires de victimes de l’Agent Orange au Vietnam » est une partie mineure de la recherche sur les effets globaux de l’Agent Orange au Vietnam du point de vue des sciences sociales. Cette recherche a été faite par le Centre d’Études du Genre, de la Famille et de l’Environnement en Développement au cours des cinq dernières années, sous forme d’une enquête auprès de 200 cas dans 21 communes de 18 districts dans 11 provinces et villes du Vietnam.
En tant que chercheur en Sciences Sociales et Humaines, nous espérons contribuer par ce livre à la lutte des victimes directes ou indirectes de l’Agent Orange pendant la guerre Américaine dans ce pays. afin que justice leur soit rendue.
Le Thi Nham Tuyet Directeur du CGFED
Histoires de victimes de l'Agent Orange au Vietnam

Notes

[1Magazine Nature, No 422 du 17 avril 2003

[2M Nguyen Van Thang, Bo Xuyen Ward, Tahi Binh Town, Lao Dang (Labor), Newspaper, 28 mars 2004

[3Dr Le Ke Son, Directeur de la Fondation pour les Victimes de l’Agent Orange, Croix Rouge du Vietnam, in Lam diu noi dau da cam-Luong tri va hanh dong ( Soulager les douleurs de l’Agent Orange : prise de conscience et action). Lao Dong Publishing House, Hanoi, 2003, p. 70

[4Hoang Dinh Cau, Moi truong va suc khoe o Viet Nam - 30 nam sau chien dich ranch hand (Environnement et santé au Vietnam - 30 ans après l’opération "Ranch Hand"). Nghe An Publishing House, Hanoi, 2003, p.39