Hôi An, le bourg aux 80 puits anciens

Dernier ajout : 25 octobre 2009.

Hôi An, le bourg aux 80 puits anciens

Tout le monde a entendu parler de Hoi An, de ses maisons chinoises, de son pont japonais, vestiges de l’époque où la ville était un centre commercial de première importance grâce à son port. Mais Hoi An recèle d’autres trésors. Ecoutons Nghia Dan, journaliste vietnamien.

À l’ère de l’eau courante, les puits, auparavant très répandus au Vietnam, n’ont plus vraiment leur utilité, sauf pour les jardiniers. Mais à Hôi An, où le patrimoine est conservé comme un trésor à léguer, ils ont toujours une place de choix. Jusqu’à l’antique métier de porteur d’eau qui perdure lui aussi... Il reste environ 80 puits artisanaux à Hôi An, la plupart bâtis aux 14-15e siècles.

Les vieux puits sont toujours là, au bord des rues les plus passantes ou cachés dans les recoins des ruelles. Les fougères ou les araignées n’y font pas encore la loi. Leur niveau d’eau est immuable, même au coeur des étés les plus torrides. La plupart se trouvent dans le vieux quartier et le long de la rivière Dê Vong, sur la rive Nord (quartier de Thanh Ha et commune de Câm Thanh). On en distingue 2 types : « les campagnards », situés à 50-150 m du cours d’eau, voire à seulement 6-10 m, et « les citadins », installés au beau milieu des pagodes, des temples et des maisons.

Ronds ou carrés, voire les deux à la fois

Ces puits sont caractérisés par une ossature de briques ou de pierres, soutenue à la base par un solide cadre de bois lim (non putrescible dit aussi bois de Fer) qui permet d’éviter l’écroulement de la structure. Les briques et pierres sont disposées de biais, les unes sur les autres, sans liant ni mortier (ciment, chaux, sable…). « C’est à travers ces fissures naturelles que l’eau souterraine s’infiltre et est filtrée », explique Vo Viêt Hông, responsable du Centre de conservation des vestiges historiques de Hôi An
Les puits de Hôi An revêtent des formes géométriques très variées. On en trouve des ronds (63% du total, essentiellement au bord des rivières), des carrés, parfois des ronds en haut et carrés à la base, des hexagonaux…

Limpide comme de l’eau de roche

Quelle que soit leur forme, ces puits donnent toute l’année une eau limpide, très douce, en dépit de la proximité d’une rivière aux eaux placides pas toujours très claires. D’aucuns attribuent ce miracle au petit autel dédié au culte du Génie de l’eau qui trône depuis des lustres auprès de chacun d’eux. « Une coutume que les habitants continuent d’entretenir ».
d’après Nghia Dàn/CVN