Interview de Mme Nguyen Thi Hoi

Dernier ajout : 16 juillet 2010.

 Interview de Mme Nguyen Thi Hoi

Didier Clavequin : Madame Hoi, pouvez-vous nous
faire un bilan des activités solidaires de l’AAFV ?

- Mme Nguyen Thi Hoi : Les formes d’aides solidaires de l’AAFV en faveur du Vietnam ont été très diverses au fur et à mesure du temps :
Dans un premier temps, l’association a été d’un grand support pour l’aide apportée à l’indépendance du pays.

Durant la période de la guerre américaine, elle a fourni une assistance humanitaire importante par l’envoi de matériel dans le maquis (valises de chirurgie, alimentations électriques, etc.), mais également par la présence sur le terrain de personnes comme Marcel-Francis Kanh ou encore Madeleine Riffaud.
Au travers d’Henry Carpentier, l’association a également travaillé à la mise en place de bourses gouvernementales, à l’envoi de matériel ophtalmologique et à la mise en place du laboratoire BCG de l’Institut Pasteur de Ho Chi Minh Ville.
Henry Van Regemorter et Yvonne Capdeville ont supervisé un comité médical qui a réalisé de nombreux projets scientifi ques, essentiellement dans le Nord du Vietnam, durant la période de guerre. Ils ont été aussi dans les premiers à réaliser une étude visant à dénoncer la dangerosité de la dioxine.

Depuis la fin de la guerre américaine, l’association a été d’un grand support pour les familles victimes de l’Agent Orange et les handicapés.
En relation avec Alain Dussarps, de nombreux projets ont été financés, à partir de 1992, en direction des ethnies minoritaires et des familles ayant des victimes de l’Agent Orange-Dioxine.

DC  : Au sujet de ces derniers projets, pouvez-vous nous parler des conséquences sur la vie des bénéficiaires ?

_ NTH : Au niveau des ethnies nous sommes intervenus principalement - - dans les domaines de l’eau et de la scolarité.
- L’accès à l’eau propre dans un village a supprimé la pénible corvée d’eau, ce qui a engendré une réduction de l’absentéisme scolaire et donc une amélioration du niveau scolaire.
Sur la durée, des études ont prouvé que la consommation d’eau propre a permis la réduction de 80 % des maladies.

- La construction d’écoles maternelles a permis la scolarisation de nombreux jeunes enfants des ethnies. Tout en continuant à parler leur langue maternelle, les enfants apprennent le vietnamien ce qui leur ouvre une plus grande chance de poursuite d’études.

DC : Et pour les familles ayant des victimes de l’AO ?

NTH : D’abord nous avons fourni
- des fauteuils roulants, mais ces derniers n’étaient pas toujours adaptés aux handicaps. Néanmoins, grâce à eux, les déplacements pour les parents se voyaient considérablement améliorés.

- Pour les familles les plus démunies, nous avons permis la construction de maisons du coeur. Le but étant d’offrir une maison « solide » (en général deux
pièces) avec un accès à l’eau et l’électricité.

- Mais l’aide qui s’est avérée la plus efficace reste l’adaptation du principe du microcrédit. En distribuant des animaux au lieu d’argent, la hantise du
remboursement s’est vue supprimée, le principe étant d’effectuer ce « remboursement » en redistribuant des animaux nouveau-nés à d’autres familles démunies. Pour les personnes dont la capacité physique permet
de suivre une formation professionnelle, des projets ont également été mis en place afin d’offrir une insertion dans le monde du travail.

 Propos recueillis par Didier Clavequin