Itinéraire d’une vietnamienne l’étudiante insoumise

Dernier ajout : 26 janvier 2009.

  ITINÉRAIRE D’UNE VIETNAMIENNE L’ÉTUDIANTE INSOUMISE

Récit Par Thi-Hien Tran, Balland éditeur, 284 pages, 21,90 €
ISBN : 978-2-35315-050-2
SODIS : 720075.5 `

Insoumise, insoumise…. Voilà qui est vite dit. Car le principal acte d’insoumission de la petite Thi-Hien, c’est de tomber amoureuse du ressortissant d’un pays frère -apparemment, pas si frère que ça aux yeux de l’autorité de Hanoi…

Nous tous qui avons un certain âge, avons eu des amis vietnamiens qui ont fait leurs études universitaires dans un pays de l’ancien bloc de l’Est : Tchécoslovaquie, RDA… Période dont ils ne parlent jamais, ce qui est déjà fort parlant en soi… L’intérêt du récit de madame Tran, c’est justement qu’elle nous raconte en détail cette période là de sa vie. Il faut souligner aussi que, même si le gouvernement communiste lui a fait quelques misères, elle se raconte sans le fiel, la hargne revancharde qui anime par exemple Duong Thu Huong.

Petite fille studieuse du nord Vietnam, vivant dans un milieu plutôt aisé, elle grandit sous les bombes, fière de son pays, avant d’être sélectionnée pour partir étudier en Pologne. Au cours du long voyage en train, elle comprend que déjà en 1972, les deux grandes puissances communistes, URSS et Chine, ne s’aiment guère. Les chinois sont charmants ; les russes, moins, mais la splendeur brièvement entrevues du métro de Moscou et du Goum l’éblouit… La voilà donc à destination, à Lodz (avant d’aller à Torun). Elle est bien gentille, cette petite jeune fille qui aime tout de son nouveau pays : les monuments, la nourriture (??). Le petit groupe est solidaire, et solidement encadré par celui qui sert de commissaire politique. C’est qu’en fait, les contacts avec la population locale sont limités au cadre scolaire. Interdiction d’accepter une invitation à dîner chez une amie polonaise ; interdiction d’aller voir des films venant de pays capitalistes… Quand des amies de Thi-Hien lui offrent une place de cinéma pour voir le film français « La route de Salina », qui ne devait pas être bien subversif, cela se sait, un blâme est inscrit sur son CV et transmis à Hanoi… Les polonais sont libres dans leurs mœurs (ils affichent leurs amourettes !), libres dans leurs propos, ils critiquent leur régime, ne rêvent que d’avoir assez de fric pour acquérir un Lévi’s…. Que de mauvais exemples. Donc, quand la jeune fille tombe amoureuse d’un polonais, se retrouve enceinte, et se débrouille pour se marier (d’autres couples mixtes auront moins de chance qu’elle et se sépareront), elle est rejetée par le Vietnam, et au-delà de cela, par sa propre famille.

Notre héroïne passera ensuite en France, où elle se fera doublement exploiter en travaillant plus ou moins clandestinement pour des restaurateurs vietnamiens. Il est vrai que ce sont de sales types du sud, partis dans les basques des américains…
Le problème du livre, c’est qu’il n’est pas écrit. Rédigé scolairement dans une langue ampoulée (vous savez, chaque fois qu’il y a le choix entre un mot simple et un mot lourdingue qui semble faire plus chic, c’est le lourdingue qui est choisi…). C’est dommage : on a envie de le réécrire, de faire exploser les phrases pour leur donner de la vie. La dame de chez Balland qui a suivi la publication n’a pas vraiment fait son boulot…
Anne Hugot Le Goff

 ------------------------------------

Thi-Hien est née dans un petit village du Nord Vietnam où elle partage sa vie entre l’école et le travail dans les champs. Sous les bombardements américains en 1972, la jeune fille brillante, bachelière de 17 ans, est sélectionnée pour partir étudier en Pologne, République socialiste et modèle de réussite. Fiers et admiratifs que l’une des leurs ait été ainsi « élue » par les autorités, sa famille et les habitants de son village vont alors attendre son retour avec impatience, pour qu’elle les aide à reconstruire le pays après la guerre. En Pologne, Thi-Hien verra son destin changer d’orientation. En 1981, lasse de la clandestinité, elle part en France, laissant derrière elle son mari et sa fille. Elle y découvre la liberté et un système politique nouveau, mais aussi la mesquinerie et la bassesse de ceux qui ne manqueront pas d’exploiter sa situation précaire. Il lui faudra traverser de nouvelles épreuves, et attendre une longue année avant que les siens puissent la rejoindre.

Thi Hien TRAN nous livre ici le témoignage émouvant d’une femme, rebelle et insoumise, éprise de
liberté et qui, toute sa vie, aura essayé de vivre son propre destin, non pas celui que le
système communiste, qu’elle n’a cependant jamais renié, avait choisi pour elle.

Loin d’avoir réalisé son rêve de jeune fille, Thi-Hien TRAN n’a jamais cessé de se battre et a surmonté de terribles épreuves. Rongée par la honte d’avoir « trahi » ses proches pour décider seule de son avenir, elle n’est retournée au Vietnam que 19 ans plus tard.

BALLAND
130, rue de Rivoli 75001 Paris
Contact presse : Valentine Véron / Tel. : 01 55 42 73 41 / E-mail : valentine.veron jcgawsewitch.com
Standard / Tel. : 01 55 42 01 29 / E-mail : jcg.contact wanadoo.fr