L’Association Suisse-Vietnam

Dernier ajout : 23 avril 2008.

Elle est issue du mouvement contre la guerre américaine au Vietnam. A travers les années elle est devenue un lieu de solidarité avec le Vietnam au-delà de la conjoncture politique. Depuis l’an 2000 l’ASV donne une priorité à l’engagement en faveur des victimes de l’Agent Orange. Elle montre des expositions, organise des soirées culturelles et d’information, récolte des fonds.
Les développements au Vietnam demandent notre réflexion et discussion permanentes. Il est important de changer consciemment d’optique et de donner de l’espace à la vision vietnamienne sur les réalités, de documenter cette vision et d’essayer de la comprendre.

"Le temps qui passe" [1]est le titre d’une collection de poésies qui va paraître tout prochainement. Les poésies de ce petit recueil publié par l’ASV ont été écrites par des personnes âgées, des personnes qui vivent aujourd’hui à Hué ou à proximité de l’ancienne ville impériale et qui, dans de nombreux cas, ont grandi dans cette région. Ce ne sont pas des poètes connus. Ils se retrouvent dans des « Club de personnes âgées » locaux, où ils pratiquent ensemble l’écriture. Il y en a qui écrivent leurs poésies tout seuls, d’autres y trouvent l’appui d’experts en écriture qui les aident à transposer leurs pensées sur du papier. Les poésies font souvent l’objet de longues et minutieuses séances de polissage, jusqu’à ce que le contenu et la forme donnent entière satisfaction. Elles sont ensuite regroupées et, chaque année, une sélection est publiée dans un cahier conçu par les auteurs. Grâce à ces cahiers annuels offerts lors d’une visite sur place, des poésies aux thèmes les plus divers se côtoient dans ce recueil, sans être pour autant trop spécifiques à Hué, et peuvent de ce fait intéresser des lecteurs en Europe.

Pour de nombreuses personnes dans le monde entier, le mot « Vietnam » reste avant tout associé à la guerre. Les poésies de ce recueil ont été écrites par la génération qui a connu la guerre. Elle a été vécue et endurée par tous, sans exception. Il est dès lors vraisemblable que bien des lecteurs s’étonnent du rôle marginal joué par la guerre dans ces poésies, alors que Hué faisait régulièrement la une de la presse mondiale, particulièrement en 1968 lors de l’Offensive du Têt.

En temps difficiles, il est humain – mais il s’agit également d’une stratégie de survie – de tenter de vivre une vie aussi normale que possible, avec toutes ses joies et ses peines. De même, le regard que l’on porte sur le passé devient, au fil des ans, plus supportable et s’adoucit. Tout ce qui évoque des images chargées de romantisme, de nostalgie et de mélancolie, comme la Rivière des Parfums, le crachin, les hérons cendrés dans les champs de riz, la chaleur caniculaire et les amours secrètes, demeure profondément ancré, d’une façon bien plus puissante que les boules de feu, et appartient si résolument à Hué que par bonheur tout cela n’a pu être rasé par les bombes.

Ces poésies nous donnent un aperçu des sentiments et des pensées de leurs auteurs. Ils nous dévoilent le regard qu’ils portent sur leur Vietnam, en rendant publiques des pensées très personnelles, qui ont à la fois une valeur collective et universelle. Ils nous apprennent aussi à ne pas considérer les femmes et les hommes de cette génération en tant que combattants héroïques uniquement, mais également en tant qu’êtres humains capables de toutes les nuances de sentiments possibles.

Nous souhaitons remercier ces poètes du quotidien qui, d’une fierté timide, nous ont témoigné leur confiance en nous faisant si généreusement cadeau de leurs cahiers, sans hésiter, en toute confiance. Il n’a ici jamais été question d’argent. L’Association Suisse-Vietnam ? Ce sont des amis, de vieux amis. C’est ainsi que nous considérons ces modestes cahiers, si riches de vie, comme un cadeau de cœur à l’occasion du 25e anniversaire de la fondation de l’Association Suisse-Vietnam (ASV), qui s’est tenue le 27 novembre 1982 à Bâle.

Le comité de l’ASV a décidé qu’un éventuel bénéfice tiré de la vente de cette publication sera entièrement dévolu à des projets en faveur de personnes âgées au Vietnam.

Nous espérons que les lecteurs éprouveront un réel plaisir à découvrir ces poésies, témoignages poignants de vies jalonnées de pierres et de fleurs de lotus.
Anjuska Weil Anjuska Weil

Notes

[1"Le temps qui passe" ASV, 48 pages, relié, 16 x 22, - cm, couverture et dos en couleurs, illustrations intérieures en noir et blanc, 12 €. Disponible à l’AAFV par correspondance, 15 euros port compris.