L’Université de Sciences et Technologies de Hanoi (USTH)

Dernier ajout : 8 octobre 2010.

L’Université de Sciences et Technologies de Hanoi (USTH) : Une université de niveau international, conçue en partenariat avec la France


Le gouvernement de la République Socialiste du Vietnam a choisi la France comme partenaire pour concevoir et construire un nouveau modèle d’université, l’Université de Sciences et Technologies de Hanoi (USTH), qui sera édifiée sur le parc technologique de Hoa Lac, à proximité de Hanoi. Cette nouvelle université s’inscrit dans un programme de dix ans visant à créer au Vietnam des formations associées à la recherche et à l’innovation répondant aux standards internationaux. Elle pourrait accueillir à terme environ 8000 étudiants.

La création de l’USTH a été officialisée le 12 Novembre 2009, par un accord intergouvernemental signé par Mme Valérie Pécresse, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche de la France et M. NGUYEN Thien Nhan, Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Éducation et de la Formation du Vietnam. Cet établissement sera une université publique vietnamienne, relevant du droit vietnamien mais qui, compte tenu de son caractère novateur et pilote, pourra bénéficier de procédures dérogatoires à certaines règles en vigueur dans les universités vietnamiennes.

Pourquoi l’USTH ?

Le but principal de la création de l’USTH est de développer un centre de recherche et d’enseignement de haut niveau, qui dynamise les liens université-industrie dans le domaine de la science et de la technologie et permette le développement de nouveaux modèles de coopération entre le public et le privé au niveau des institutions de recherche et d’enseignement supérieur.

Il s’agit de répondre aux besoins émergents pour le développement du Vietnam. L’adossement des formations à la recherche d’une part, à des entreprises innovantes de l’autre, sera l’élément structurant du projet. L’USTH dispensera dans un premier temps des formations de Master et de Doctorat, en liaison avec des laboratoires de haut niveau dans des domaines répondant aux besoins vietnamiens.

Une université basée sur des standards internationaux.

Pour le Vietnam, cette université participera à la définition d’un nouveau modèle :

-  Le système d’enseignement et de diplômes répondra au processus de Bologne (Licence-Master-Doctorat), désormais bien connu et adopté bien au-delà de l’Europe.

-  Les enseignements en partie théoriques, mais fortement orientés vers les approches expérimentales seront conçus et prodigués par des équipes de professeurs franco-vietnamiennes, avec un fort apport de la partie française.

-  Les diplômes de master seront habilités à la fois par la France et par le Vietnam. Les étudiants ayant obtenu un diplôme de l’USTH seront en mesure d’effectuer une thèse à l’étranger, s’ils le désirent. Lors de leur retour au Vietnam, ces docteurs participeront au développement de l’USTH (sur des postes d’enseignants-chercheurs) ou de l’industrie du Vietnam où leurs diplômes seront hautement considérés.

-  En particulier, la France s’est engagée auprès du Vietnam à former 400 doctorants en 10 ans (jusqu’en 2020) dans les laboratoires français. Ainsi, 40 étudiants seront sélectionnés chaque année par un jury franco-vietnamien et recevront une bourse cofinancée par l’ambassade de France et le Ministère vietnamien. Les premiers doctorants, sélectionnés fin 2009, sont arrivés au mois de mars 2010. Ces doctorants « USTH » formés à une culture scientifique et technologique, mais aussi à la valorisation industrielle, formeront à leur retour les cadres de l’USTH.

L’aspect multidisciplinaire de la formation : un lien étroit avec le tissu industriel du Vietnam

L’USTH sera structurée autour de 6 Départements pluridisciplinaires de recherche et d’enseignement, associés à 6 Masters cohabilités avec des universités françaises (diplôme franco-vietnamien) dès 2012.

Les 6 départements thématiques seront :
• Biotechnologie et Pharmacologie
• Science des matériaux et nanotechnologies
• Eau, Environnement et Océanographie
• Énergie
• Sciences et Technologies de l’Information et de la Communication
• Aéronautique et Espace

Ces thématiques ont été choisies par les ministères vietnamiens et français afin de répondre aux besoins de développement du Vietnam. L’originalité de l’USTH repose en partie sur ce lien étroit entre l’enseignement, la recherche et les partenaires industriels vietnamiens ou français présents au Vietnam. Une Fondation partenariale, en cours de création, impliquera ces entreprises et à moyen terme soutiendra financièrement les actions de l’USTH.
Le soutien français est présent à trois niveaux : le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, le Ministère des Affaires Étrangères et Européennes avec l’ambassade de France au Vietnam (et en particulier l’attaché de coopération scientifique et universitaire, Roger Eychenne, artisan infatigable du projet), et un consortium d’une trentaine d’universités et d’écoles, accompagnées par plusieurs organismes de recherche. L’Université Paris-Sud 11 (en particulier sa Faculté des Sciences à Orsay) et l’Université de Toulouse (qui rassemble plusieurs établissements dans le cadre d’un PRES) animent ce consortium, fortes d’une longue expérience de coopération scientifique avec le Vietnam et soutenues par leurs régions respectives, Ile de France et Midi-Pyrénées.

La première rentrée de l’USTH et son ouverture officielle sont prévues pour octobre 2010. Notre pays s’est donc engagé au côté du Vietnam dans ce projet ambitieux, certes difficile, mais qui scellera de manière pérenne, s’il est réussi, la collaboration scientifique, universitaire et technologique entre nos deux pays.

Pierre Sebban, Vice-président de l’Université Paris-Sud 11, chargé des Relations internationales (pierre.sebban u-psud.fr)

Annick Suzor-Weiner, présidente du Comité de Coopération Scientifique et technique avec le Vietnam (CCSTVN) (annick.suzor-weiner u-psud.fr)

Financement de l’université

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Le gouvernement français s’est engagé à hauteur de 100 millions d’euros sur dix ans, à quoi s’ajoutera le coût de l’accueil en France des thésards vietnamiens. Le financement se fera en partie par les universités françaises, désormais autonomes, appuyées éventuellement par leurs conseils régionaux.
Beaucoup est attendu de la création en France d’une fondation dont les objectifs, au nombre de cinq, sont les suivants : soutenir la qualité des enseignants et des personnels, assurer l’excellence de la recherche, mobiliser les résultats de la recherche pour le développement économique, permettre la mobilité des étudiants vietnamiens, attirer les entreprises autour de l’université des sciences et des techniques. Illustration de cela, des chaires d’entreprises devraient voir le jour, par exemple par EADS pour l’aéronautique. Les membres fondateurs de la fondation – une dizaine d’entreprises – apporteront le capital, mais des membres donateurs seront sollicités au cours de levées de fonds - entreprises, personnes privées, anciens étudiants, collectivités territoriales – afin de financer des bourses et des chaires.