L’oracle du Gecko par Bernard Richard

Dernier ajout : 9 janvier 2010.

 L’oracle du Gecko par Bernard Richard,


Pascal Galodé éditeur, 304 pages, 19,90 €

Sans doute vous souvenez vous de Larteguy, grand reporter reconverti dans la littérature et qui se servait de l’expérience acquise en Indochine et en Algérie pour trousser des romans de gare qui se vendaient, ma foi, très bien. Eh bien, on est ici dans la même démarche, sauf que Bernard Richard, qui doit être à peu près de la même génération que Larteguy, puisqu’il a participé à la résistance à Hanoï en 1945, n’a jamais obtenu le prix Albert Londres…. On est dans un monde où la végétation est luxuriante, les parfums de fleurs capiteux mais les ruelles sombres et malodorantes… vous savez, l’adjectif attendu à l’endroit attendu, c’est-à-dire la négation même de la littérature. Quant aux indigènes, ils sont fidèles…. ou pas. Pour couronner le tout, le roman s’ordonne autour du personnage d’une superbe et diabolique colonelle, femme fatale à la mode du cinéma hollywoodien des années cinquante, mante religieuse nymphomane qui trafique de l’opium, fricotte avec les japonais (qui zigouillent son colonel de mari) et cause la perte des deux jeunes lieutenants français, engagés chacun de leur côté dans des aventures assez compliquées.
C’est assez dommage parce que le contexte historique décrit est bien intéressant, et mal connu. L’occupation japonaise, et ses tentatives de récupération des prémices de l’indépendantisme vietnamien, l’intervention des anglais pour aider à la constitution d’une résistance française, il y a de quoi faire. Oui, j’aimerais bien en apprendre plus sur les années Indochine avant l’arrivée de Leclerc. Mais pour faire de cela un roman –ce que, par exemple, Patrick Besson vient de réaliser récemment tellement bien avec le Congo et la guerre du Rwanda dans Mais le fleuve tuera l’homme blanc, il faut une puissance narrative que n’a pas un vieux monsieur qui se lance sur le tard dans la littérature. AHLG

 

Le Mot de l’éditeur : L’oracle du Gecko

Durant la Deuxième guerre mondiale en Indochine française, l’épouse d’un colonel s’éprend d’un jeune officier, et décide de prendre en main son destin. Ancien séminariste, celui-ci est aussitôt confronté à de dures épreuves. Il s’interroge sur la responsabilité de sa maîtresse dans l’exécution de son époux par les japonais, le rappel à Hanoï d’un haut responsable de la Kempetai et son élimination, et l’échec d’une opération ourdie par la Résistance.

Conscient de perdre son âme dans cette relation passionnelle et perverse, il quitte Gabrielle et échoue à Saïgon, où un médecin militaire le libère de ses doutes et de ses angoisses. Réformé, il rentre en France et est ordonné prêtre.

Alors qu’il commence une nouvelle vie, Gabrielle le localise et lui tend un piège pour le reconquérir. La réussite la grise, mais dans un ultime effort pour l’arracher à Dieu, elle provoque la rupture. Vaincue et désespérée, elle se donne la mort non sans avoir noué auparavant une diabolique vengeance.

À la veille de la Deuxième guerre mondiale, Bernard Richard quitte Paris pour suivre son père, militaire de carrière muté en Indochine. Il connaît ainsi l’occupation japonaise sans atteinte de souveraineté, l’anéantissement des forces françaises, la capitulation du Japon, l’arrivée des troupes chinoises, la libération de Hanoï par la IIe DB du général Leclerc.

Très tôt, il rejoint la Résistance et subit l’épreuve du feu les 9 et 10 mars 1945. Incarcéré puis relâché, il intègre la Garde volontaire de libération jusqu’à son rapatriement sanitaire en métropole. C’est dans ce climat d’incertitude et de violence que prend naissance L’oracle du Gecko.