La Faculté des Sciences d’Orsay et le Vietnam-Yvonne Capdeville

Dernier ajout : 10 octobre 2011.

LA FACULTÉ DES SCIENCES D’ORSAY ET LE VIETNAM
De la solidarité militante à la coopération universitaire
(1967-2010)
Yvonne Capdeville Dominique Levesque

Il ne s’agit pas d’un roman, ni de souvenirs personnels mais d’une histoire s’étendant sur plusieurs décennies de soutien politique, de solidarité militante et de coopération scientifique avec le Vietnam, ayant impliqué un grand nombre de biologistes des Centres d’Orsay et du CNRS de Gif-sur-Yvette et d’autres centres.
Les annexes sont le support vivant de ce récit.
Yvonne Capedeville en réponse à Anne Hugot legoff

La Faculté des Sciences d’Orsay et le Vietnam De la solidarité militante à la coopération universitaire (1967-2010)

Par Yvonne Capdeville et Dominique Levesque, collection « Points sur l’Asie », l’Harmattan ; 288 pages ; 27,50€

Il y en aurait des choses à raconter, sur cette saga du soutien apporté par les universitaires français à la lutte des vietnamiens pour leur indépendance. Encore eût il fallu le raconter sur un ton autre que celui d’un rapport administratif…. Une bonne moitié du livre consiste en annexes : bulletins du comité intersyndical d’Orsay, rapports de mission, projets de coopération, à quoi s’ajoutent de nombreuses notes de bas de page. J’aurais donc aimé que le reste soit narré de façon un peu plus romanesque. Il est évident que la part d’Yvonne Capdeville, dans la rédaction, est prépondérante : si au lieu de parler d’elle à la 3eme personne, elle avait utilisé le Je pour évoquer ses souvenirs, le texte aurait certainement été plus vivant.

Les scientifiques d’un certain âge n’ont pas oublié l’activisme des chercheurs d’Orsay : la campagne pour la Bibliothèque Scientifique d’Hanoi ; puis, pour le microscope électronique destiné à l’Institut d’Epidémiologie de Hanoi ; l’engagement contre les membres du comité Jason (ces scientifiques américains collaborant à l’industrie américaine de l’armement) ; enfin la création, avec Henri van Regemorter, du CCSTVN (Comité pour la Coopération Scientifique et Technique avec le Vietnam).

Le plus personnel, dans ce récit, c’est l’espèce de déception qu’Yvonne Capdeville, en tant que biologiste, laisse poindre. Ah, ces vietnamiens qui voudraient faire de la biologie moléculaire sans avoir les moindres notions de biologie de base…. Qui s’imaginent qu’il suffit qu’on leur donne un bon appareillage pour qu’ils fassent de la bonne recherche. Et, à l’arrivée, la coopération avec les hollandais qui donne de meilleurs résultats que la coopération avec les français ! Sur l’échec de la coopération entre Orsay et le Vietnam, YC met en cause quelqu’un que j’ai bien connu, le professeur (et directeur du CNST, de l’Institut des sciences et Techniques et accessoirement député) Nguyen Van Hieu, physicien plus enclin à favoriser la coopération avec le CNRS. Peut être.

Je ne vois pas trop à qui recommander ce livre aride, mais je sais que tout le monde n’est pas de mon avis et l’espère que nous accueillerons un droit de réponse dans le prochain perspectives…..

Anne Hugot –Le Goff