À suivre les documents de la 42ème semaine mariale, tenue à Saragosse en 1986, il y aurait eu 21.000 apparitions de la Vierge depuis l’an mil (400 au XXème siècle dont 200 entre 1944 et 1983). Seules 15 ont été authentifiées par le Vatican.
Ce n’est pas le cas de celle de La Vang, à une soixantaine de kilomètres au nord de Hué. Toutefois, ND de La Vang a été proclamée protectrice des catholiques vietnamiens et l’église, achevée en 1901, élevée au rang de basilique par Jean XXIII en 1962, détruite pendant la guerre américaine, rénovée en 2008 à la demande de Jean-Paul II, est le lieu d’un important pèlerinage. En dehors des édifices religieux et de la foule qui se presse, venue de tout le pays et d’outremer, c’est le grand banian, et les personnages juchés sur lui, qui retiennent l’attention.

Comme on le sait, le prosélytisme des missionnaires européens avait donné naissance à une véritable Église catholique au Vietnam, mais cette activité avait pris, à la fin du XVIIIème siècle, une dimension politique du fait du soutien de la monarchie française et du clergé à la famille des Nguyen, qui combattait les héritiers du mouvement Tay Son. C’est dans ce contexte que la répression s’abat sur les croyants en 1798, laquelle conduisit un groupe de chrétiens de Quang Tri à chercher refuge dans l’épaisse forêt de La Vang. Le récit dit que, frappés par les maladies et les privations, menacés par des bêtes sauvages, ils auraient aperçu sur un arbre une belle dame, portant un enfant dans ses bras et entourée de deux anges, qui leur aurait conseillé de cueillir des feuilles sauvages et d’en faire des décoctions. Ce qui les sauva. Les statuettes et images pieuses que l’on peut voir aujourd’hui représentent la Vierge et l’Enfant, portant des vêtements de cour traditionnels, dans un style certes sulpicien, mais qui n’est pas sans délicatesse. Patrice Jorland