La coopération française dans l’enseignement

Dernier ajout : 24 octobre 2008.

LA COOPÉRATION FRANÇAISE DANS L’ENSEIGNEMENT

La ministre française de l’enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse a rencontré à Hanoi le 12 juin dernier son homologue vietnamien, Nguyên Thiên Nhân, ministre de l’éducation et de la formation et vice premier ministre. L’entretien avait pour objet de passer en revue la coopération bilatérale française dans l’enseignement supérieur, d’en dresser le bilan et de défricher des domaines nouveaux de coopération.

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Portail du lycée Chu Van An, ancien lycée Protectorat du Tonkin
sur la banderole " École culturelle,enseignant exemplaire, élève élégant, poli"

La venue d’étudiants vietnamiens en France pour y poursuivre des études supérieures donne satisfaction. La France est le troisième pays d’accueil d’étudiants vietnamiens par le nombre d’étudiants qu’elle forme. Évidemment le Vietnam souhaiterait un nombre plus élevé de bourses françaises. Mais l’université française est pratiquement gratuite et on y accède sans concours d’entrée. C’est un facteur d’attrait.

Les pôles universitaires français, PUF, dans les deux universités nationales vietnamiennes, N°1 et N°2, se développent depuis deux ans. Une dizaine d’universités françaises y ont délocalisé des masters et y délivrent leur diplôme dans des spécialités pointues. La moitié des professeurs sont des français dépêchés en mission de leur université. L’enseignement est partiellement en vietnamien mais surtout en anglais avec le projet d’y faire progresser l’enseignement en français.

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Lycée Ho Chi Minh Ville

Par ailleurs le projet d’université française resurgit à la demande même du Vietnam. Les PUF, regroupés, pourraient fournir l’assise initiale de cette université. L’Université française serait en fait franco-vietnamienne, ce qui est préférable, préparant ainsi un transfert de compétences des enseignants français vers leurs homologues vietnamiens et évitant le repli de l’université étrangère sur elle-même. Mais la décision française de démarrer ce projet est en discussion au gouvernement. Le quai d’Orsay semble très réticent à donner son accord. La décision finale devrait intervenir en fin d’année 2008. Les autres pays occidentaux en concurrence avec la France ont déjà donné leur accord.

Mais la France participe à des projets multilatéraux, tel le projet « Valofrase » objet d’un article dans ce numéro, ou des projets de l’Union européenne dans l’éducation secondaire.

Le Vietnam est le seul pays d’importance en Asie où la France dispose d’un capital historique d’échanges et où sa langue a une diffusion notable. Il est dommage que les projets de coopération souvent s’enlisent dans des conflits entre ministères ou des atermoiements et que les entreprises françaises, généralement, se désintéressent des projets universitaires, contrairement aux entreprises anglo-saxonnes qui sont les principales pourvoyeuses de fonds des projets d’universités en Asie.

Philippe Delalande