La jeune fille et la guerre

Dernier ajout : 23 juillet 2008.

Tran Thi Hao, Lettres Asiatiques, Vietnam, L’Harmattan, 16,50 €.

La jeune fille c’était elle ou pas ? Quand on lit le livre, la question est de savoir s’il est autobiographique ou non. En posant la question à l’auteur, nous apprenons que c’est un vrai roman qui s’appuie sur des témoignages et aussi ce qu’a vraiment ressenti Tran Thi Hao. C’est la réalité de la guerre vécue par les vietnamiens du centre, au nord du 17è parallèle, mais aussi la réalité de toutes les guerres. Hao a reçu du courrier de Français qui ont été touchés par les similitudes de ce qu’ils ont pu vivre entre 1939 et 1945 et cette période tragique mais victorieuse du Vietnam. L’auteur est soucieuse de perpétuer et faire connaître aux plus jeunes cette histoire, vue du côté d’une jeune fille comme tant d’autres, qui a forgé et a été déterminante pour son pays. Tant de sacrifices consentis ne peuvent pas être oubliés, soufflés par la société de consommation qui émerge largement partout au Vietnam ces dernières années. Le choix de la vie ou de la mort était d’une certaine façon plus simple que les stratégies à trouver aujourd’hui, dans un pays qui émerge avec tout un potentiel.
DdM

« J’ai lu votre manuscrit et je crois que vous avez atteint le but que vous exprimiez dans votre lettre d’accompagnement : "D"un point de vue vietnamien, je voudrais faire comprendre la vie des Vietnamiens du commencement de la guerre américaine à l’époque d’après-guerre..."
Votre relation de toute cette période à travers les yeux d’une enfant puis d’une adolescente qui se souvient des faits, des lieux, des exodes, des bombardements, des conditions de vie et surtout de survie, et qui n’a pas oublié la couleur du ciel et l’odeur des saisons etc... traduit là tout un vécu à la vietnamienne qui ne trompe pas. Une fois de plus on réalise qu’un peuple aussi héroïque ne pouvait que sortir vainqueur d’une guerre où l’ennemi n’hésita pas à utiliser, à expérimenter plutôt, toutes ses armes contre sa force inexpugnable, sa culture.
Le lecteur en est profondément touché -malgré un luxe parfois trop grand de détails, il suit avec une immense sympathie l’histoire de cette famille dans la tourmente. Il tremble pour elle, s’afflige de ses épreuves, de ses deuils, il se réjouit de ses joies et de ses succès, il partage ses espoirs, ses combats et il fait sien l’amour de Ha An et de Xavier.
Il y a dans votre manuscrit cette fraîcheur des premières oeuvres et j’ai été particulièrement sensible à la beauté de certaines de vos descriptions de paysages, à cette nature si prégnante à travers toutes vos pages comme le constant rappel par delà les moments les plus tragiques, les plus sanglants, de cette grande pulsion du monde, de cette harmonie si consolante au coeur des hommes et des Vietnamiens en particulier, (toute votre littérature en rend compte).
Voilà mes impressions générales auxquelles j’ajoute mes compliments pour la qualité de votre français... »
Yveline Feray