La maison des enfants malheureux

Dernier ajout : 19 avril 2009.

La maison des enfants malheureux

La guerre est terminée depuis plus de 30 ans mais la douleur qu’elle nous laisse continue à s’éterniser jusqu’à maintenant.
Les Américains ont jeté des dizaines de milliers de litres d’un défoliant que l’on nomme souvent l’agent orange et qui contenait de la dioxine sur les terres des provinces au Centre du Vietnam.

Da-Nang accueille le premier air du printemps. Les transports circulent dans la rue. Les gens se hâtent de travailler.

Avec Madame Hien, la présidente de l’association pour les victimes de l’agent orange (VAVA) de la ville, nous avons visité une petite « Maison du Cœur » située dans une petite ruelle de la rue Quang Trung. Cette adresse est le coeur de l’association des victimes de l’agent orange de Da-Nang. Nous avons rencontré plusieurs personnes différentes (des adultes aux enfants). Chacun d’eux connaît un sort différent mais ils sont tous victimes de l’agent orange. Particulièrement, ils ne pourront jamais surmonter leur handicap pour devenir de bons citoyens.
L’association des victimes de l’agent orange de Da-Nang ville (VAVA) existe depuis l’année 2006. Malgré sa jeunesse, elle a reçu plus de 80 victimes de l’agent orange dont de très nombreux enfants. Elle rencontre maintenant plusieurs difficultés surtout financières. Elle a seulement 5 employés officiels qui ont la responsabilité de s’occuper des victimes. De temps en temps, des étudiants volontaires fréquentent les « Maisons du cœur » pour les aider. La plupart du budget de l’association est reçue par la mobilisation et l’aide généreuse des gens.

La VAVA s’occupe des différents handicapés, des enfants anormaux (qui ne peuvent pas rétablir l’esprit) aux enfants qui peuvent arriver à être normaux. Pour les premiers, la VAVA les aide à bien s’amuser avec les autres. Pour les seconds, ils peuvent être orientés vers l’apprentissage d’un métier qui convient à leur santé ainsi qu’à leur capacité, tel que : la broderie, la couture…

Il existe de bons exemples d’handicapés ayant pu surmonter leur sort douloureux pour être de bon citoyen, dont Hoang Kim Uyen. Elle est une des victimes de ce produit toxique dangereux. Elle est maintenant étudiante en droit. Bien qu’elle soit très occupée par ses études, elle consacre une partie de son temps pour aider les enfants comme elle à apprendre. Elle nous a dit : " Je suis heureuse de les aider. Ils sont comme mes petits frères, mes petites soeurs. C’est la joie de ma vie."

« La VAVA espère aider mieux ces victimes mais faute de budget suffisant, nous recherchons toujours les aides auprès de vietnamiens qui le peuvent ainsi que des amis étrangers, pour contribuer à adoucir la douleur que ces enfants innocents doivent supporter ». L’espoir de Mme Hien est aussi le message que nous voulons vous transmettre « Aidez-nous, aidez les enfants malheureux ! ».

Au district rural de Hoa Vang avec Madame Hoa, Monsieur Jean et Monsieur Gérard, nous avons assisté à une rencontre de la VAVA et des familles de l’agent orange.A l’occasion de cette rencontre d’une grande amitié, la VAVA de Da-Nang et la banque de l’agriculture et du développement de la campagne (Agribank) ont donné plus de 150 cadeaux aux victimes de l’agent orange à l’occasion du Têt 2009.
(La VAVA donne des cadeaux aux familles des victimes de l’agent orange à l’occasion du Têt)

Nous avons eu la chance de rencontrer quelques familles qui ont les enfants touchés par les conséquences de la dioxine. Ces familles ont reçu les vaches que la VAVA de Da-Nang leur a données. Dans leurs yeux, nous sentions la tristesse, le souci car leurs enfants ne sont pas normaux comme les autres.
- Mme Nguyen Thi Du (groupe 7, commune de Bo Ban, district de Hoa Vang, Da Nang ville)
- et Mme Tran Thi Bang (groupe 3, commune de Bo Ban, district de Hoa vang, Da nang ville) nous ont dit : « Nous sommes mères des enfants touchés par l’agent orange. Nous avons reçu deux vaches que la VAVA nous a données l’année dernière. Nous étions heureuses. Après avoir reçu les vaches, nous les avons bien soignées et nourries. Lorsque notre vache a donné un veau nous l’avons donné à une autre famille comme nous, avec un enfant handicapé, pour les aider. Grâce à cette politique de la VAVA, notre famille s’occupe mieux de nos enfants et nous pouvons acheter de nouveaux meubles pour la famille ».

( Mme Du et Mme Bang, mères des enfants touchés la dioxine)

Sous la conduite d’une responsable de l’association, nous sommes allés voir la maison d’une famille au district de Hoa Vang. Dans une petite maison, guère plus de 10m2, nous avons vu un enfant trop petit malgré son age, 15 ans. Il nous sourit parce qu’il sent notre présence mais nous devinons qu’il ne se rend pas compte de ce qui se passe. La responsable nous dit : « L’an passé, au mois de mai, un groupe de médecins venus de France nous ont appris à s’occuper des enfants. Ils nous ont donnés des petits cadeaux. Nous en sommes très émus. »
Les cadeaux que la VAVA et des amis français ont offerts aux familles expriment bien les sentiments nobles de partage et de solidarité entre vietnamiens et des étrangers. Cela contribue à adoucir la douleur que chaque victime doit supporter pendant toute sa vie.
Le temps peut guérir la douleur que les Vietnamiens malheureux doivent supporter pendant leur vie mais cela est encore trop long.
Malgré la victoire provisoire des Etats- Unis dans l’affaire de la dioxine au Vietnam en 2007 [1], ils ne peuvent vraiment pas se réjouir de cette victoire sombre.
Nous nous demandons si les Américains refusent toujours les conséquences que leur guerre immorale a laissées sur notre pays, le Vietnam, sur nos hommes, sur notre terre.

Trần Thị Tuyết, Lương Ngọc Hoàn et Nguyễn Thị Thu Hà
Étudiantes en 4e année à l’École des Langues Érangères

Notes

[1La scandaleuse décision de la Cour Suprême des Etats-Unis n’était pas connue quand ce texte a été écrit. (NDLR)