La ville se prépare

Dernier ajout : 4 octobre 2009.

Les 1000 ans de Hanoi en octobre 2010


le lac de l’Épée restituée sera-il couvert de fleurs ?
Hanoi doit de posséder des ouvrages d’envergure et symboliques, faisant la fierté de tous ses habitants. Hanoi n’est dotée à ce jour d’aucun ouvrage digne du souhait des vietnamiens.

Neuf rues et avenues vont être réaménagées
et seront représentatives de la culture de la ville, il est nécessaire de s’intéresser à l’aménagement architectural des façades qui les longent. Ce qui va de pair avec la remise en état et le pavage des trottoirs, la plantation d’arbres et l’installation du système d’éclairage public. Si l’on ne pense qu’au dallage des trottoirs, à l’enterrement des câbles électriques et téléphoniques, Hanoi deviendra certes "propre" dans un certain nombre de jours. Mais sa physionomie manque toujours d’homogénéité, faute d’un plan d’aménagement et architectural synchronique et adapté à la municipalité

Millénaire de Hanoi : Kiêu Ky, un village de métier exemplaire
Situé au nord de Hanoi, dans le district de Gia Lâm, le village de Kiêu Ky est réputé depuis longtemps pour ses fabricants de quy. Ces feuilles d’or très minces servent à dorer les statues de bouddha, les sentences parallèles, les objets de culte…

Pour dorer un coq, il aura fallu 1,5 chi d’or pur (un chi équivaut à un dixième d’un taël d’or), fait savoir l’expérimentée artisane Nguyên Thi Tua en veillant sur son travail. En présentant les techniques de dorure à base de quy, un métier spécifique de son village, elle précise que non seulement les matières premières sont spéciales mais que les processus de fabrication sont aussi très compliqués. Des difficultés qui rendent plus difficile l’écoulement des produits. "Il y a des périodes où notre métier ancestral semblait se perdre.

Au village de Kiêu Ky qui appartient actuellement à la commune du même nom, la fabrication des quy remonte à plus de 4 siècles. Ce village honore le lettré Nguyên Quy Tri (13e siècle) comme son génie tutélaire. Lors d’une tournée en Chine, la technique des quy lui fut apprise, et il l’a transmise aux villageois de Kiêu Ky.

La fabrication des feuilles d’or comporte 5 étapes principales. La première est la préparation de l’encre. Un mélange de noir de fumée, résine de pin et colle de buffle est pilonné. Cette phase est essentielle car ce n’est que grâce à cette encre spéciale que les feuilles d’or étalées pourront résister au martèlement sans se fragmenter. La 2e étape est la préparation d’un papier spécial, fabriqué à Bac Ninh (Nord) qui est d’abord bouilli pendant une demi-journée. Ensuite, on l’enroule dans du tissu pour le protéger, et on le martèle jusqu’à ce qu’il devienne transparent. Ensuite, troisième étape, on aplatit à coups de maillet un dixième de taël d’or pour former un carré de 20 cm de côté, qui est ensuite découpé en 20 petites feuilles d’or appelées "diêp". Quatrième étape, on place entre 2 papiers encollés 500 feuilles qui sont frappées sur une enclume. Une étape où les artisans doivent faire preuve d’une grande habileté.

Deux heures après, les feuilles d’or chaudes recouvrent toute la surface de papier. On attend que la plaque refroidisse puis on la sépare du papier (5e étape). On la découpe en 9 et recommence le même processus encore 3 fois. On obtient à la fin une feuille d’or ultra fine de 1.600 cm² (40 cm x 40 cm)… Selon l’artisan Lê Ba Chung, président de l’Association des doreurs de Kiêu Ky, pour obtenir une feuille d’or très mince et facile à fragmenter, ces phases de production tellement compliquées et ingénieuses sont indispensables.

La plupart des ouvrages culturels et historiques d’envergure et le domaine de la peinture sont influencés par les techniques de dorure. Ainsi les quy de Kiêu Ky sont utilisées à la décoration des statues, des panneaux transversaux, des sentences parallèles… Ainsi, les ateliers de production de Kiêu Ky fournissent souvent des quy comme matière première aux villages de métier tels que Son Dông, Vu Lang, Ha Thai (Hanoi), Mai Dông, Dông Quang (Bac Ninh), Liên Ninh, Cat Dang (Nam Dinh), Bao Hà (Hai Phong)… Utiliser les feuilles d’or de Kiêu Ky dans la peinture contribue à donner de l’âme aux œuvres, selon l’artisan en peinture traditionnelle Lê Dinh Nghiên.

Les habitants de Kiêu Ky comprennent mieux que quiconque l’importance de ce métier pour leur vie. Ayant connu des hauts et des bas, il a été enfin rétabli grâce aux efforts inlassables de nombreux artisans dont Lê Van Vong et Lê Ba Chung. À présent, le village de Kiêu Ky compte une centaine de familles spécialisées dans la fabrication et le commerce des quy, sans compter les produits utilisés pour la laque. Le village reçoit des myriades de commandes non seulement des 4 coins du pays mais aussi de l’étranger. Chaque année, après le 12 janvier du calendrier lunaire, de nombreux artisans de Kiêu Ky, sac au dos, partent s’occuper de la restauration des pagodes et des maisons communales. Ceux qui restent dans le village s’affairent à la fabrication des quy.