Le Vietnam géographique et historique

Dernier ajout : 14 septembre 2010.

Le Viêt-Nam : Un don du Fleuve Rouge et du Mékong

.

Le Viêt-Nam, situé dans la zone intertropicale, a la forme
d’un S, évasé au Nord et au Sud. La distance du Nord au
Sud est de 1.650 km, et d’Ouest en Est de 600 km (largeur
maximale : de Hai Ninh au Laos) ou de 50 km (largeur
minimale : dans la province de Quang Bình). Sa superficie
est de 330.991 km² dont près de 16% sont cultivés.
Adossé, à l’Ouest, à une chaîne de montagnes et de
plateaux d’environ 900 km (Truong Son : ex-Cordillère
Annamitique), le pays s’ouvre, à l’Est, sur la Mer de
Chine ou Mer Orientale (Biên Dông) avec 3.260 km de
côtes. Le pays a des frontières communes avec la Chine
(au Nord), le Laos et le Cambodge (à l’Ouest).
Le relief tourmenté se caractérise par une opposition entre
les montagnes-plateaux (3/4 de la superficie) et les plainesdeltas.

_1) Les montagnes et plateaux
C’est le domaine des minorités ethniques. Au Nord, les
massifs montagneux d’origine calcaire, ayant une direction
N.O.-S.E., sont découpés par les eaux de la Rivière Claire
(Sông Lô), du Fleuve Rouge (Sông Hông) et de la Rivière
Noire (Sông Dà) et se prolongent jusqu’à la Baie de Ha
Long (Along) en îlots disséminés. Situé à l’Ouest, dans la
partie la plus massive, le Phan Si Pan ou Phan Xi Pang,
dans la province de Lai Châu, est le plus haut sommet du
Viêt-Nam avec 3.142 m. Les vallées constituent des voies
de pénétration vers le Sud de la Chine.
Au Centre, la cordillère Truong Son (ancienne Cordillère
annamitique) est l’épine dorsale du Viêt-Nam. C’est une
succession de plateaux étagés de direction Nord-Sud : Kon
Tum, Gia Lai, Dak Lak et Lâm Dông. Constitués de
terrains volcaniques d’origine basaltique, la cordillère
possède ainsi des terres rouges fertiles qui sont favorables
aux plantations de café, de thé, d’hévéa et de tabac. Partant
du Nord (Plateau du Trân Ninh), elle s’élève vers le Sud
(Plateau du Lang Bian). Malgré une altitude relativement
faible (1.500 m), elle constitue non seulement une frontière
naturelle difficilement franchissable mais aussi une importante
barrière climatique. La pente est abrupte du côté
de la mer et douce en direction du continent. Les
contreforts en atteignant la mer découpe le Centre Viêt-
Nam en petites vallées fermées.

_2) Les plaines et deltas
Les plaines, principales zones de peuplement viêtnamien
avec près de la moitié de la population, s’étendent du
Nord au Sud et présentent 3 aspects différents :
Au Nord, les deltas du Fleuve Rouge, du Sông Ma et du
Sông Ca ont été formés par des fleuves au cours
impétueux.

Le Delta du Fleuve Rouge (15.000 km²), ancien golfe
marin comblé par les alluvions du Fleuve Rouge (près de 3
kg de limon par m3 en hautes eaux) et du Fleuve Thai
Bình, a la forme d’un triangle dont le sommet serait Viêt
Tri (prov. de Vinh Phuc) et la base serait le littoral allant
de Yên Hung (prov. de Quang Ninh) à Kim Son (prov. de
Hà Nam). La progression du delta reste assez faible par
rapport à celui du Mékong, sauf dans la partie méridionale
où les dépôts d’alluvions se transforment en lais de mer.
Constamment menacé par les crues du fleuve dont le débit
peut passer de 500 m3 à 35.000 m3, le delta a façonné le
peuple viêtnamien.
Ses principales activités agricoles sont les cultures
végétales du riz (3 récoltes), du maïs et de la patate douce.
Le Fleuve Rouge (Sông Hông ou Sông Cai) constitue
l’ossature du delta avec 1.183 km dont 495 km au Viêt-
Nam. Prenant sa source au Yunnan, il est navigable jusqu’à
Viêt Tri (prov. de Vinh Phu). Ses deux principaux
affluents sont la Rivière Noire (Sông Dà) (Rive droite) et la
Rivière Claire (Sông Lô) (Rive gauche). A partir de Son
Tây, il se divise en deux bras : le plus important (au N.)
passe par Hanoï et se subdivise à nouveau après Hung
Yên (prov. de Hung Yên) ; le bras méridional arrose Ninh
Bình (prov. de Ninh Bình). Le fleuve se jette dans le Golfe
du Tonkin (Vinh Bac Bô) par six embouchures. L’importance
des alluvions déposées sur un plateau continental de
faible profondeur est à l’origine de la progression du delta
(près de 100 m. par an).
Dès le XIème siècle, les crues catastrophiques (de Mai à
Novembre) ont rendu nécessaire la construction de digues
et de levées de terre. Cette lutte permanente contre la
montée des eaux a façonné, pendant des siècles, le
caractère et le comportement des Viêtnamiens. En 1876, a
été instituée une Délégation Impériale aux Digues, chargée
de leur surveillance et de leur entretien. De nos jours, le
système des digues représente plus de 3.000 km et le barrage
de Hoà Bình (prov. de Hoà Bình) atténue les risques
de crues.
La première carte européenne du Fleuve Rouge a été
dressée par A. de Rhodes. Après en avoir exploré le cours,
les Jésuites publièrent la première carte entière en 1732.

Au centre, les plaines littorales, de plus en plus petites car
étranglées par la mer et la montagne, ont une forte surcharge
démographique
. Du Nord au Sud, elles se
répartissent ainsi : Thanh Hoa (3.100 km²), Nghê An
(1.850 km²), Hà Tinh (1.800 km²), Quang Bình (640 km²),
Quang Tri (610 km²), Thua Thiên (900 km²), Quang Nam
(2.950 km²), Dà Nang (1.800 km²), Quang Ngai (1.450
km²), Bình Dinh (1.550 km²), Phu Yên (820 km²), Khanh
Hoa (400 km²), Ninh Thuân (220 km²), Bình Thuân (310
km²).

Au Sud, le Delta du Mékong est une plaine basse et
monotone (36.000 km²) au paysage constitué de rizières et
de mangrove. C’est un ancien golfe marin, comblé par les
alluvions du Mékong (Mê Kông ou Cuu Long) et de la
rivière Dông Nai (Donnaï). La pointe de Cà Mau progresse
chaque année grâce aux alluvions transportées selon une direction
N.E.-S.O. La faiblesse de la pente entraîne un
important envasement des cours d’eau, de fréquentes
remontées d’eau salée et la présence de nombreuses terres
alunées. Les communications sont facilitées par le réseau
de rivières, d’arroyos et de canaux creusés sous les
Empereurs Nguyên et à l’époque coloniale. La région a été
tardivement occupée par les Viêtnamiens dans leur
descente vers le Sud. De nos jours, avec 35 % de la surface
agricole du pays, le delta fournit plus de 50 % de la
production de riz, plus de 60 % des fruits et des produits
de la mer.
Le Mékong (Sông Mê Kông ou Cuu Long) est une source
de vie pour le Sud, avec 4.500 km de long dont 220 km se
trouvent en territoire viêtnamien. Prenant sa source dans
l’Himalaya et traversant le Tibet, le Laos, le Cambodge et
le Viêt-Nam, il devient navigable à partir de Kratié. A
Phnom Penh, le fleuve se sépare en deux (Sông Tiên et
Sông Hâu) avant d’irriguer le delta et de se jeter dans la
Mer de Chine par neuf embouchures (Tiêu, Dai, Ba Lai,
Hàm Luong, Co Chiên, Cung Hâu, Dinh An, Bat Xac et
Tranh Dê). En période de crue, le lac Tonlé Sap (au
Cambodge) constitue une sorte de soupape de sécurité et
limite la montée des eaux. En 1866, l’expédition du
Mékong, dirigée par le Cdt. Doudart de Lagrée, a été
chargée de vérifier sa navigabilité. En 1957, un Comité du
Mékong fut créé par les gouvernements du Cambodge, du
Laos, de la Thaïlande et du Viêt-Nam en vue de répertorier
et de développer le potentiel économique du fleuve. Une
coopération entre ces différents états devait s’effectuer
dans le domaine de l’hydroélectricité, de l’irrigation, du
transport fluvial et du contrôle des crues. Actuellement, le
Comité connaît des difficultés de fonctionnement du fait des
intérêts divergents entre la Chine, le Viêt-Nam et la Thaïlande.
En détournant une partie du Mékong pour irriguer
leurs terres ou pour construire des barrages, la Chine et
la Thaïlande se heurtent au Viêt-Nam qui cherche à
protéger son agriculture menacée par un accroissement de
la pollution et par une baisse du niveau des eaux pendant
la saison sèche.
Les tensions ont été en partie réduites depuis la signature,
en Avril 1995, d’un traité de coopération pour le
développement du bassin du Mékong entre le Viêt-Nam et
les pays limitrophes.

La forêt viêtnamienne : Une peau de chagrin
Très hétérogène du fait de la variété du climat et de
l’altitude, la forêt viêtnamienne comprend plusieurs types
 : forêts de basse altitude, forêts d’altitude (à partir de 800
m.), forêts claires ou forêts-clairières et forêts littorales
constituées de mangrove.
Elle a souffert des méfaits de la guerre (bombardements et
défoliation) mais a subi aussi les conséquences néfastes
d’une exploitation abusive : utilisation à grande échelle du
charbon de bois, cultures sur brûlis, défrichements
anarchiques et commerce des produits forestiers (bois
d’oeuvre et d’ébénisterie, écorces tinctoriales, résines,
huiles).
La diminution de la couverture forestière, passant de 45%
(1945) à 27% (1990), entraîne des déséquilibres
écologiques alarmants (fortes érosions, glissements de
terrains, désertification et inondations). Aussi, depuis
1992, le gouvernement a interdit l’exportation du bois et a
fait adopter des mesures de protection de l’environnement,
en 1994. Dans cette perspective, de nombreux parcs
nationaux ont été créés pour protéger la flore et la faune :
Ba Bê, Bach Ma, Cat Bà, Chu Chan, Cuc Phuong, Cat
Tiên.

La population au Viêt-Nam : Un kaléidoscope
ethnique

L’ethnie majoritaire est représentée par les “Kinh”
(autrefois, habitants des agglomérations car le mot “Kinh”
veut dire “capitale”) ou “Viêt” qui se sont installés dans la
plaine. Les minorités, d’origines diverses, ne représentent
que 15% de la population totale.
Certaines sont considérées comme les premières
populations du Viêt-Nam. Elles furent refoulées vers les
régions montagneuses par l’ethnie Viêt, en quête d’espace.
Les plus importantes se trouvent dans le Nord du pays et
se distinguent par un genre de vie et un site d’habitat liés à
l’altitude. La maîtrise de la riziculture irriguée reste une des
conditions de leur sédentarisation.
Au Centre du Viêt-Nam, se trouvent les “Proto-
Indochinois” ou “Moï” (le mot viêtnamien signifie
“sauvage”).
Au Sud, les Chàm et les Cambodgiens sont les descendants
des peuples qui fondèrent de grands royaumes, aujourd’hui
disparus. Les Chinois (Hoa) sont surtout
localisés dans les centres urbains où ils peuvent se livrer à
leurs activités commerciales.
En R.D.V.N., les minorités bénéficièrent d’un statut
spécial d’autonomie grâce à la création des “Régions Autonomes
du Viêt Bac et du Tây Bac”. En 1971, sur 420
députés de l’Assemblée Nationale, 73 étaient d’origine
minoritaire. Deux généraux sont d’origine Tây (Bang Giang
et Lê Quang Ba) et un d’origine Tho (Chu Van Tan).
En R.V.N., face à la politique d’assimilation forcée, les
différentes ethnies réagirent en créant le Bajaraka qui
regroupait les Bahnar, les Jarai, les Rhadé et les Co Ho
(1958). Le mouvement, se radicalisant avec la fondation du
F.U.L.R.O. (1964), incita le gouvernement à mettre en
place un Conseil des Minorités Ethniques (1967).
La R.S.V.N. comprend actuellement 53 groupes ethniques
minoritaires (plus de 10 M. de personnes), peuplant
principalement les montagnes du Nord et du Centre. Les
plus importants sont les Tây, les Thai, les Hoa (Han ou
Chinois), les Kho Me (Khmers), les Muòng, les Nùng, les
Mèo (Hmông), les Dao (Yao), les Gio Rai (Jarai), les Ngai,
les E Dê (Rhadê), les Ba Na (Bahnars), les Xo Dang
(Sedangs), les San Chây, les Co Hô, et les Chàm.
Depuis 1976, le gouvernement a une attitude paradoxale
vis-à-vis des minorités : un Conseil des Ethnies tente d’associer
une politique d’assimilation (viêtnamisation et
sédentarisation) à une politique de sauvegarde et de protection des cultures minoritaires (organisation de festivals, création de centres culturels et musées, développement de centres d’artisanat). La constitution d’Avril 1992 dans son
article 5 protège leurs droits et veille au maintien de leur
identité.

Ces ethnies, autrefois répertoriées selon leurs aires culturelles,
comprenaient trois groupes majeurs : les minorités
du delta du Mékong, les Proto-Indochinois (Moïs) de la
cordillère Truong Son et les populations montagnardes du
Nord Viêt-Nam. Aujourd’hui, elles sont classées en cinq
groupes selon leur appartenance linguistique.

- I) La famille austro-asiatique (ou môn-khmer) avec cinq
sous-groupes :

a) Le groupe viêt-muòng
Muòng : prov. de Hoà Bình, Hà Tây, Son La, Vinh Phuc,
Hai Duong, Thai Bình, Hai Phong, Thanh Hoa, Hà Nam,
Ninh Bình, Nghê An, Hà Tinh, Binh Tri Thiên, Dak Lak,
Dông Nai, Lào Cai, Yên Bai.
Thô : prov. de Nghê An, Hà Tinh, Thanh Hoa.
Chut : prov. de Quang Bình, Quang Tri, Thua Thiên.

b) Le groupe môn-khmer (môn-kho me)
Kho Me (Khmer) : prov. de Bình Duong, Tây Ninh, Dông
Nai, Tiên Giang, Dông Thap, Trà Vinh, Vinh Long, An
Giang, Soc Trang, Cà Mau, Hô Chi Minh-Ville.
Ba Na (Bahnar) : prov. de Kon Tum, Gia Lai, Quang Ngai,
Bình Dinh, Phu Yên, Khanh Hòa.
Xo Dang (Sédang) : prov. de Kon Tum, Gia Lai, Quang
Nam, Quang Ngai.
Co Hô : prov. de Lâm Dông, Bình Thuân, Ninh Thuân,
Khanh Hòa.
Hré (H’Rê) (Sré) : prov. de Quang Ngai, Bình Dinh.
M’Nông (Mo Nông) : prov. de Lâm Dông, Dak Lak, Bình
Phuoc.
Xtiêng (Xo Tiêng) (Stieng) : prov. de Bình Phuoc, Tây
Ninh.
Bru (Bo Ru) (Vân Kiêu) : prov. de Quang Bình, Quang
Tri, Thua Thiên, Dak Lak.
Kho Mu : prov. de Lai Châu, Son La, Nghê An, Hà Tinh.
Co Tu (Ka Tu) : prov. de Quang Bình, Quang Tri, Thua
Thiên, Quang Nam.
Tà Oi (Pa Cô) : prov. de Quang Bình, Quang Tri, Thua
Thiên.
Ma (Maa) (Ha) : prov. de Lâm Dông, Dông Nai.
Co : prov. de Quang Nam, Quang Ngai, Bình Dinh.
Gié Triêng (Gie Chiêng) : prov. de Kon Tum, Gia Lai,
Quang Nam.
Xinh Mun (Xing Mung) : prov. de Son La, Lai Châu.
Châu Ro (Cho Ro) : prov. de Lâm Dông, Dông Nai.
Man : prov. de Lai Châu.
Khang : prov. de Son La, Lai Châu.
R’Man (Ro Man) : prov. de Gia Lai, Kon Tum.
B’Râu (Brâu) : prov. de Gia Lai, Kon Tum.
O Du : prov. de Nghê An, Hà Tinh.

c) Le groupe méo-dao (miao-yao)
Mèo (H’Mông) : prov. de Hà Giang, Tuyên Quang, Cao
Bàng, Lai Châu, Lào Cai, Yên Bai, Son La, Hoà Bình, Hà
Tây, Thanh Hoa, Nghê An.
Dao (Yao) (Man) : prov. de Hà Giang, Tuyên Quang, Lào
Cai, Yên Bai, Cao Bàng, Lang Son, Bac Thai, Lai Châu,
Son La, Hoà Bình, Hà Tây, Vinh Phuc, Bac Ninh, Bac
Giang, Thanh Hoa, Quang Ninh.
Pà Then : prov. de Hà Giang, Tuyên Quang.

d) Le groupe tây-thai
Tày (Thô) : prov. de Cao Bàng, Lang Son, Hà Giang,
Tuyên Quang, Bac Thai, Lào Cai, Yên Bai, Quang Ninh,
Bac Ninh, Bac Giang, Lâm Dông.
Thai (Tây) : prov. de Son La, Nghê An, Hà Tinh, Thanh
Hoa, Lai Châu, Lào Cai, Yên Bai, Hoà Bình, Hà Tây, Lâm
Dông.
Nùng : prov. de Lang Son, Cao Bàng, Bac Thai, Hà Giang,
Tuyên Quang, Bac Ninh, Bac Giang, Lào Cai, Yên Bai,
Quang Ninh, Hô Chi Minh-Ville, Lâm Dông.
San Chay (Cao Lan) : prov. de Hà Giang, Tuyên Quang,
Bac Thai, Quang Ninh, Bac Ninh, Bac Giang, Cao Bàng,
Lang Son.
Giay : prov. de Hà Giang, Tuyên Quang, Lai Châu, Lào
Cai, Yên Bai.
Lào : prov. de Lai Châu, Son La, Lào Cai, Yên Bai, Thanh
Hoa.
Lu : prov. de Lai Châu.
Bô Y : prov. de Lào Cai, Yên Bai, Hà Giang, Tuyên
Quang.

e) Le groupe kadaï
La Chi : prov. de Hà Giang, Tuyên Quang.
La Ha : prov. de Lai Châu, Son La, Yên Bai.
Co Lao : prov. de Hà Giang, Tuyên Quang.
Pu Péo : prov. de Hà Giang, Tuyên Quang.
II) La famille malayo-polynésienne (ou austronésienne)

Gia Rai (Jorai) : prov. de Gia Lai, Kon Tum, Dak Lak,
Bình Thuân, Ninh Thuân.
E Dê (Radhé) : prov. de Phu Khanh, Dak Lak, Lâm Dông.
Chàm : prov. de Bình Thuân, Ninh Thuân, Quang Ngai,
Bình Dinh, Phu Yên, An Giang et Hô Chi Minh-Ville.
Ra Glai : prov. de Phu Yên, Lâm Dông, Bình Thuân, Ninh
Thuân.
Chu Ru : prov. de Lâm Dông, Bình Thuân.

III) La famille sino-tibétaine avec deux sous-groupes
a) Le groupe hoa-han
Hoa (Han) (Chinois) : Hô Chi Minh-Ville, Cho Lon,
Hanoï, Haïphong, prov. de Soc Trang, Dông Nai, Soc
Trang, Cà Mau, Kiên Giang, Trà Vinh, Vinh Long, Dông
Thap, Cân Tho.
San Diu (Man) : prov. de Bac Thai, Vinh Phuc, Bac
Ninh, Bac Giang, Quang Ninh, Hà Giang, Tuyên Quang.
Ngai : prov. de Quang Ninh, Cao Bàng, Lang Son.

b) Le groupe tibéto-birman
Hà Nhì : prov. de Lào Cai, Yên Bai, Lai Châu.
Phù La : prov. de Lai Châu, Lào Cai, Yên Bai.
La Hù : prov. de Lai Châu.
Lô Lô (Lolo) : prov. de Hà Giang, Cao Bàng, Lang Son,
Lào Cai, Lai Châu.
Công : prov. de Lai Châu.
Si La : prov. de Lai Châu.
Les Ba Na (Bahnar) (150.000 en 1993), installés dans les
provinces de Kon Tum, Dak Lak, Bình Dinh et Phu Yên,
sont subdivisés en plusieurs branches. Habitant de grandes
maisons sur pilotis (jusqu’à 20 m de long), ils pratiquant la
culture sur brûlis et l’élevage. Animistes, ils sont aussi
catholiques.
Les Bru-Van Kiêu (40.000 en 1993), situés dans les
provinces de Quang Bình et Quang Tri, ont pour activités
la riziculture inondée et les cultures sèches et célèbrent le
culte des ancêtres.
Les Cambodgiens (Kho Me) (895.000 en 1993) représentent
une importante minorité installée principalement dans
le Sud du pays (provinces de Long An, Dông Thap, An
Giang, Kiên Giang, Soc Trang et Cà Mau. Le souvenir de
leur première occupation se retrouve dans la toponymie
locale : Sa Dec (Phsar Dek), Cà Mau (Tuk Khmau).
L’ancien empire cambodgien fut démantelé par ses
puissants voisins, le Siam et le Viêt-Nam. Occupée
tardivement par les Viêtnamiens au XVIIème siècle, la
Cochinchine fut viêtnamisée à partir du règne de Minh
Mang (entre 1820 et 1841). L’opposition des
Cambodgiens s’illustra à travers plusieurs révoltes (1822,
1856, 1859 et 1861). De nos jours, les Cambodgiens
pratiquent la riziculture inondée, l’arboriculture et
l’élevage. La pêche reste une activité d’appoint.
L’artisanat se signale par le tissage, le travail de la soie et
de l’argent et la vannerie. Sur le plan religieux, ils célèbrent
le Bouddhisme du Petit Véhicule (Theravada).
Les Chàm sont un peuple du groupe malayo-polynésien
qui a été indianisé dès le IIème siècle ap. J.-C. Etablis sur
les étroites plaines du Centre Viêt-Nam, ils se livraient au
commerce des épices et de la soie et à l’agriculture tout en
pratiquant la piraterie le long des côtes. Refoulés par les
Viêtnamiens du centre du pays où les vestiges de
l’ancienne culture sont encore nombreux, les Chàm ont du
se replier vers le sud (provinces de Bình Dinh, Ninh
Thuân, Bình Thuân, Kiên Giang et Tây Ninh) avant de
connaître un rapide déclin. Jusqu’au XVème siècle, la
religion officielle était l’hindouisme dont le panthéon est
largement représenté à travers la décoration des tours
chàm. Avec une population de 99.000 personnes (1993),
le groupe comprend actuellement des Chàm musulmans
(Chàm Bani) (prov. de Kiên Giang et Tây Ninh) et des
Chàm brahmanistes (Chàm Kaphia et Chàm Chu) qui
pratiquent la riziculture inondée et sèche. L’artisanat est
représenté par le tissage, la poterie et l’orfèvrerie.
Les Chut (2.400 en 1993) forment une minorité de la
famille austro-asiatique identifiée en 1954 et habitant la
province de Quang Bình (districts de Minh Hoa et Bo
Trach). Ils pratiquent la riziculture sèche, la chasse et la
pêche et célèbrent les rites agraires et animistes.
Les Co Ho (92.000 en 1993) des provinces de Lâm Dông
et Bình Thuân, Ninh Thuân regroupent les Srê, les Lac et
les Cil et habitent dans de longues maisons sur pilotis. Ils
pratiquent la culture sur brûlis et célèbrent les rites
animistes et le culte catholique.
Les Co Tu (Ka Tu) (37.000 en 1993), installés dans les
provinces de Quang Nam-Dà Nang et Thua Thiên, ont un
habillement qui consiste en une longue couverture et en un
cache-sexe. Les hommes portent le chignon et se font
tatouer. Les femmes portent de nombreux bijoux associés à
des amulettes. Le groupe cultive le manioc, le maïs, la
patate douce et le riz, et pratique la chasse et l’élevage des
poulets, du porc et du buffle. Le système familial est
fondé sur le patriarcat. Ils célèbrent les rites animistes.
Jusqu’au début du XXème siècle, pour apaiser les mauvais
esprits, la tribu devait entreprendre, à périodes fixes, de
véritables campagnes d’assassinat à l’encontre d’autres
groupes ethniques y compris les Viêtnamiens.
Les Dao (Yao ou Man) (474.000 en 1993) des provinces
de Hà Giang, Tuyên Quang, Lào Cai, Yên Bai, Cao Bàng,
Lang Son, Bac Thai, Lai Châu, Son La, Hoà Bình, Vinh
Phuc, Bac Ninh, Bac Giang, Thanh Hoa et Quang Ninh,
sont originaires du sud de la Chine et se sont installés au
Viêt-Nam dès le XIIIème siècle. Les groupes se distinguent
par la coupe des vêtements (Dao à pantalon serré, Dao à
tunique, Dao à pantalon blanc) ainsi que par les coiffures
féminines (Dao aux sapèques). Selon les zones d’habitat, il
y a trois sortes de maison : maison sur pilotis, maison à
même le sol et maison à moitié sur pilotis et à moitié sur le
sol. Ils pratiquent la riziculture sèche et inondée ainsi que
l’exploitation du bois. L’élevage est généralisé. L’artisanat
est caractérisé par le tissage, la fabrication du papier, le
travail de l’argent et du cuivre. Leur religion, fortement
influencée par la culture chinoise, est imprégnée de
Taoïsme.

Les E Dê (Rhadé) (195.000 en 1993) sont regroupés dans
les provinces de Dak Lak, Phu Yên et Khanh Hòa.
Subdivisés en plusieurs sous-groupes, ils habitent des
maisons sur pilotis (Buon) dont la longueur est fonction de
la taille de la famille : de 30 à 40 m. Leur filiation est
matrilinéaire. Ils pratiquent la pluriculture sur brûlis : riz,
maïs, patate douce, melon, coton. L’artisanat est représenté
par le tissage. L’esclavage existait dans l’ancienne
société selon une forme assez souple. Polythéistes, ils célèbrent
le culte des Génies du Sol, de l’Eau et du Feu.

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