Le Viêt-Nam : Un don du Fleuve Rouge et du Mékong
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Le Viêt-Nam, situé dans la zone intertropicale, a la forme d’un S, évasé au Nord et au Sud. La distance du Nord au Sud est de 1.650 km, et d’Ouest en Est de 600 km (largeur maximale : de Hai Ninh au Laos) ou de 50 km (largeur minimale : dans la province de Quang Bình). Sa superficie est de 330.991 km² dont près de 16% sont cultivés. Adossé, à l’Ouest, à une chaîne de montagnes et de plateaux d’environ 900 km (Truong Son : ex-Cordillère Annamitique), le pays s’ouvre, à l’Est, sur la Mer de Chine ou Mer Orientale (Biên Dông) avec 3.260 km de côtes. Le pays a des frontières communes avec la Chine (au Nord), le Laos et le Cambodge (à l’Ouest). Le relief tourmenté se caractérise par une opposition entre les montagnes-plateaux (3/4 de la superficie) et les plainesdeltas.
_1) Les montagnes et plateaux C’est le domaine des minorités ethniques. Au Nord, les massifs montagneux d’origine calcaire, ayant une direction N.O.-S.E., sont découpés par les eaux de la Rivière Claire (Sông Lô), du Fleuve Rouge (Sông Hông) et de la Rivière Noire (Sông Dà) et se prolongent jusqu’à la Baie de Ha Long (Along) en îlots disséminés. Situé à l’Ouest, dans la partie la plus massive, le Phan Si Pan ou Phan Xi Pang, dans la province de Lai Châu, est le plus haut sommet du Viêt-Nam avec 3.142 m. Les vallées constituent des voies de pénétration vers le Sud de la Chine. Au Centre, la cordillère Truong Son (ancienne Cordillère annamitique) est l’épine dorsale du Viêt-Nam. C’est une succession de plateaux étagés de direction Nord-Sud : Kon Tum, Gia Lai, Dak Lak et Lâm Dông. Constitués de terrains volcaniques d’origine basaltique, la cordillère possède ainsi des terres rouges fertiles qui sont favorables aux plantations de café, de thé, d’hévéa et de tabac. Partant du Nord (Plateau du Trân Ninh), elle s’élève vers le Sud (Plateau du Lang Bian). Malgré une altitude relativement faible (1.500 m), elle constitue non seulement une frontière naturelle difficilement franchissable mais aussi une importante barrière climatique. La pente est abrupte du côté de la mer et douce en direction du continent. Les contreforts en atteignant la mer découpe le Centre Viêt- Nam en petites vallées fermées.
_2) Les plaines et deltas Les plaines, principales zones de peuplement viêtnamien avec près de la moitié de la population, s’étendent du Nord au Sud et présentent 3 aspects différents : Au Nord, les deltas du Fleuve Rouge, du Sông Ma et du Sông Ca ont été formés par des fleuves au cours impétueux.
Le Delta du Fleuve Rouge (15.000 km²), ancien golfe marin comblé par les alluvions du Fleuve Rouge (près de 3 kg de limon par m3 en hautes eaux) et du Fleuve Thai Bình, a la forme d’un triangle dont le sommet serait Viêt Tri (prov. de Vinh Phuc) et la base serait le littoral allant de Yên Hung (prov. de Quang Ninh) à Kim Son (prov. de Hà Nam). La progression du delta reste assez faible par rapport à celui du Mékong, sauf dans la partie méridionale où les dépôts d’alluvions se transforment en lais de mer. Constamment menacé par les crues du fleuve dont le débit peut passer de 500 m3 à 35.000 m3, le delta a façonné le peuple viêtnamien. Ses principales activités agricoles sont les cultures végétales du riz (3 récoltes), du maïs et de la patate douce. Le Fleuve Rouge (Sông Hông ou Sông Cai) constitue l’ossature du delta avec 1.183 km dont 495 km au Viêt- Nam. Prenant sa source au Yunnan, il est navigable jusqu’à Viêt Tri (prov. de Vinh Phu). Ses deux principaux affluents sont la Rivière Noire (Sông Dà) (Rive droite) et la Rivière Claire (Sông Lô) (Rive gauche). A partir de Son Tây, il se divise en deux bras : le plus important (au N.) passe par Hanoï et se subdivise à nouveau après Hung Yên (prov. de Hung Yên) ; le bras méridional arrose Ninh Bình (prov. de Ninh Bình). Le fleuve se jette dans le Golfe du Tonkin (Vinh Bac Bô) par six embouchures. L’importance des alluvions déposées sur un plateau continental de faible profondeur est à l’origine de la progression du delta (près de 100 m. par an). Dès le XIème siècle, les crues catastrophiques (de Mai à Novembre) ont rendu nécessaire la construction de digues et de levées de terre. Cette lutte permanente contre la montée des eaux a façonné, pendant des siècles, le caractère et le comportement des Viêtnamiens. En 1876, a été instituée une Délégation Impériale aux Digues, chargée de leur surveillance et de leur entretien. De nos jours, le système des digues représente plus de 3.000 km et le barrage de Hoà Bình (prov. de Hoà Bình) atténue les risques de crues. La première carte européenne du Fleuve Rouge a été dressée par A. de Rhodes. Après en avoir exploré le cours, les Jésuites publièrent la première carte entière en 1732.
Au centre, les plaines littorales, de plus en plus petites car étranglées par la mer et la montagne, ont une forte surcharge démographique. Du Nord au Sud, elles se répartissent ainsi : Thanh Hoa (3.100 km²), Nghê An (1.850 km²), Hà Tinh (1.800 km²), Quang Bình (640 km²), Quang Tri (610 km²), Thua Thiên (900 km²), Quang Nam (2.950 km²), Dà Nang (1.800 km²), Quang Ngai (1.450 km²), Bình Dinh (1.550 km²), Phu Yên (820 km²), Khanh Hoa (400 km²), Ninh Thuân (220 km²), Bình Thuân (310 km²).
Au Sud, le Delta du Mékong est une plaine basse et monotone (36.000 km²) au paysage constitué de rizières et de mangrove. C’est un ancien golfe marin, comblé par les alluvions du Mékong (Mê Kông ou Cuu Long) et de la rivière Dông Nai (Donnaï). La pointe de Cà Mau progresse chaque année grâce aux alluvions transportées selon une direction N.E.-S.O. La faiblesse de la pente entraîne un important envasement des cours d’eau, de fréquentes remontées d’eau salée et la présence de nombreuses terres alunées. Les communications sont facilitées par le réseau de rivières, d’arroyos et de canaux creusés sous les Empereurs Nguyên et à l’époque coloniale. La région a été tardivement occupée par les Viêtnamiens dans leur descente vers le Sud. De nos jours, avec 35 % de la surface agricole du pays, le delta fournit plus de 50 % de la production de riz, plus de 60 % des fruits et des produits de la mer. Le Mékong (Sông Mê Kông ou Cuu Long) est une source de vie pour le Sud, avec 4.500 km de long dont 220 km se trouvent en territoire viêtnamien. Prenant sa source dans l’Himalaya et traversant le Tibet, le Laos, le Cambodge et le Viêt-Nam, il devient navigable à partir de Kratié. A Phnom Penh, le fleuve se sépare en deux (Sông Tiên et Sông Hâu) avant d’irriguer le delta et de se jeter dans la Mer de Chine par neuf embouchures (Tiêu, Dai, Ba Lai, Hàm Luong, Co Chiên, Cung Hâu, Dinh An, Bat Xac et Tranh Dê). En période de crue, le lac Tonlé Sap (au Cambodge) constitue une sorte de soupape de sécurité et limite la montée des eaux. En 1866, l’expédition du Mékong, dirigée par le Cdt. Doudart de Lagrée, a été chargée de vérifier sa navigabilité. En 1957, un Comité du Mékong fut créé par les gouvernements du Cambodge, du Laos, de la Thaïlande et du Viêt-Nam en vue de répertorier et de développer le potentiel économique du fleuve. Une coopération entre ces différents états devait s’effectuer dans le domaine de l’hydroélectricité, de l’irrigation, du transport fluvial et du contrôle des crues. Actuellement, le Comité connaît des difficultés de fonctionnement du fait des intérêts divergents entre la Chine, le Viêt-Nam et la Thaïlande. En détournant une partie du Mékong pour irriguer leurs terres ou pour construire des barrages, la Chine et la Thaïlande se heurtent au Viêt-Nam qui cherche à protéger son agriculture menacée par un accroissement de la pollution et par une baisse du niveau des eaux pendant la saison sèche. Les tensions ont été en partie réduites depuis la signature, en Avril 1995, d’un traité de coopération pour le développement du bassin du Mékong entre le Viêt-Nam et les pays limitrophes.
La forêt viêtnamienne : Une peau de chagrin Très hétérogène du fait de la variété du climat et de l’altitude, la forêt viêtnamienne comprend plusieurs types : forêts de basse altitude, forêts d’altitude (à partir de 800 m.), forêts claires ou forêts-clairières et forêts littorales constituées de mangrove. Elle a souffert des méfaits de la guerre (bombardements et défoliation) mais a subi aussi les conséquences néfastes d’une exploitation abusive : utilisation à grande échelle du charbon de bois, cultures sur brûlis, défrichements anarchiques et commerce des produits forestiers (bois d’oeuvre et d’ébénisterie, écorces tinctoriales, résines, huiles). La diminution de la couverture forestière, passant de 45% (1945) à 27% (1990), entraîne des déséquilibres écologiques alarmants (fortes érosions, glissements de terrains, désertification et inondations). Aussi, depuis 1992, le gouvernement a interdit l’exportation du bois et a fait adopter des mesures de protection de l’environnement, en 1994. Dans cette perspective, de nombreux parcs nationaux ont été créés pour protéger la flore et la faune : Ba Bê, Bach Ma, Cat Bà, Chu Chan, Cuc Phuong, Cat Tiên.
La population au Viêt-Nam : Un kaléidoscope ethnique L’ethnie majoritaire est représentée par les “Kinh” (autrefois, habitants des agglomérations car le mot “Kinh” veut dire “capitale”) ou “Viêt” qui se sont installés dans la plaine. Les minorités, d’origines diverses, ne représentent que 15% de la population totale. Certaines sont considérées comme les premières populations du Viêt-Nam. Elles furent refoulées vers les régions montagneuses par l’ethnie Viêt, en quête d’espace. Les plus importantes se trouvent dans le Nord du pays et se distinguent par un genre de vie et un site d’habitat liés à l’altitude. La maîtrise de la riziculture irriguée reste une des conditions de leur sédentarisation. Au Centre du Viêt-Nam, se trouvent les “Proto- Indochinois” ou “Moï” (le mot viêtnamien signifie “sauvage”). Au Sud, les Chàm et les Cambodgiens sont les descendants des peuples qui fondèrent de grands royaumes, aujourd’hui disparus. Les Chinois (Hoa) sont surtout localisés dans les centres urbains où ils peuvent se livrer à leurs activités commerciales. En R.D.V.N., les minorités bénéficièrent d’un statut spécial d’autonomie grâce à la création des “Régions Autonomes du Viêt Bac et du Tây Bac”. En 1971, sur 420 députés de l’Assemblée Nationale, 73 étaient d’origine minoritaire. Deux généraux sont d’origine Tây (Bang Giang et Lê Quang Ba) et un d’origine Tho (Chu Van Tan). En R.V.N., face à la politique d’assimilation forcée, les différentes ethnies réagirent en créant le Bajaraka qui regroupait les Bahnar, les Jarai, les Rhadé et les Co Ho (1958). Le mouvement, se radicalisant avec la fondation du F.U.L.R.O. (1964), incita le gouvernement à mettre en place un Conseil des Minorités Ethniques (1967). La R.S.V.N. comprend actuellement 53 groupes ethniques minoritaires (plus de 10 M. de personnes), peuplant principalement les montagnes du Nord et du Centre. Les plus importants sont les Tây, les Thai, les Hoa (Han ou Chinois), les Kho Me (Khmers), les Muòng, les Nùng, les Mèo (Hmông), les Dao (Yao), les Gio Rai (Jarai), les Ngai, les E Dê (Rhadê), les Ba Na (Bahnars), les Xo Dang (Sedangs), les San Chây, les Co Hô, et les Chàm. Depuis 1976, le gouvernement a une attitude paradoxale vis-à-vis des minorités : un Conseil des Ethnies tente d’associer une politique d’assimilation (viêtnamisation et sédentarisation) à une politique de sauvegarde et de protection des cultures minoritaires (organisation de festivals, création de centres culturels et musées, développement de centres d’artisanat). La constitution d’Avril 1992 dans son article 5 protège leurs droits et veille au maintien de leur identité.
Ces ethnies, autrefois répertoriées selon leurs aires culturelles, comprenaient trois groupes majeurs : les minorités du delta du Mékong, les Proto-Indochinois (Moïs) de la cordillère Truong Son et les populations montagnardes du Nord Viêt-Nam. Aujourd’hui, elles sont classées en cinq groupes selon leur appartenance linguistique. - I) La famille austro-asiatique (ou môn-khmer) avec cinq sous-groupes :
a) Le groupe viêt-muòng Muòng : prov. de Hoà Bình, Hà Tây, Son La, Vinh Phuc, Hai Duong, Thai Bình, Hai Phong, Thanh Hoa, Hà Nam, Ninh Bình, Nghê An, Hà Tinh, Binh Tri Thiên, Dak Lak, Dông Nai, Lào Cai, Yên Bai. Thô : prov. de Nghê An, Hà Tinh, Thanh Hoa. Chut : prov. de Quang Bình, Quang Tri, Thua Thiên.
b) Le groupe môn-khmer (môn-kho me) Kho Me (Khmer) : prov. de Bình Duong, Tây Ninh, Dông Nai, Tiên Giang, Dông Thap, Trà Vinh, Vinh Long, An Giang, Soc Trang, Cà Mau, Hô Chi Minh-Ville. Ba Na (Bahnar) : prov. de Kon Tum, Gia Lai, Quang Ngai, Bình Dinh, Phu Yên, Khanh Hòa. Xo Dang (Sédang) : prov. de Kon Tum, Gia Lai, Quang Nam, Quang Ngai. Co Hô : prov. de Lâm Dông, Bình Thuân, Ninh Thuân, Khanh Hòa. Hré (H’Rê) (Sré) : prov. de Quang Ngai, Bình Dinh. M’Nông (Mo Nông) : prov. de Lâm Dông, Dak Lak, Bình Phuoc. Xtiêng (Xo Tiêng) (Stieng) : prov. de Bình Phuoc, Tây Ninh. Bru (Bo Ru) (Vân Kiêu) : prov. de Quang Bình, Quang Tri, Thua Thiên, Dak Lak. Kho Mu : prov. de Lai Châu, Son La, Nghê An, Hà Tinh. Co Tu (Ka Tu) : prov. de Quang Bình, Quang Tri, Thua Thiên, Quang Nam. Tà Oi (Pa Cô) : prov. de Quang Bình, Quang Tri, Thua Thiên. Ma (Maa) (Ha) : prov. de Lâm Dông, Dông Nai. Co : prov. de Quang Nam, Quang Ngai, Bình Dinh. Gié Triêng (Gie Chiêng) : prov. de Kon Tum, Gia Lai, Quang Nam. Xinh Mun (Xing Mung) : prov. de Son La, Lai Châu. Châu Ro (Cho Ro) : prov. de Lâm Dông, Dông Nai. Man : prov. de Lai Châu. Khang : prov. de Son La, Lai Châu. R’Man (Ro Man) : prov. de Gia Lai, Kon Tum. B’Râu (Brâu) : prov. de Gia Lai, Kon Tum. O Du : prov. de Nghê An, Hà Tinh.
c) Le groupe méo-dao (miao-yao) Mèo (H’Mông) : prov. de Hà Giang, Tuyên Quang, Cao Bàng, Lai Châu, Lào Cai, Yên Bai, Son La, Hoà Bình, Hà Tây, Thanh Hoa, Nghê An. Dao (Yao) (Man) : prov. de Hà Giang, Tuyên Quang, Lào Cai, Yên Bai, Cao Bàng, Lang Son, Bac Thai, Lai Châu, Son La, Hoà Bình, Hà Tây, Vinh Phuc, Bac Ninh, Bac Giang, Thanh Hoa, Quang Ninh. Pà Then : prov. de Hà Giang, Tuyên Quang.
d) Le groupe tây-thai Tày (Thô) : prov. de Cao Bàng, Lang Son, Hà Giang, Tuyên Quang, Bac Thai, Lào Cai, Yên Bai, Quang Ninh, Bac Ninh, Bac Giang, Lâm Dông. Thai (Tây) : prov. de Son La, Nghê An, Hà Tinh, Thanh Hoa, Lai Châu, Lào Cai, Yên Bai, Hoà Bình, Hà Tây, Lâm Dông. Nùng : prov. de Lang Son, Cao Bàng, Bac Thai, Hà Giang, Tuyên Quang, Bac Ninh, Bac Giang, Lào Cai, Yên Bai, Quang Ninh, Hô Chi Minh-Ville, Lâm Dông. San Chay (Cao Lan) : prov. de Hà Giang, Tuyên Quang, Bac Thai, Quang Ninh, Bac Ninh, Bac Giang, Cao Bàng, Lang Son. Giay : prov. de Hà Giang, Tuyên Quang, Lai Châu, Lào Cai, Yên Bai. Lào : prov. de Lai Châu, Son La, Lào Cai, Yên Bai, Thanh Hoa. Lu : prov. de Lai Châu. Bô Y : prov. de Lào Cai, Yên Bai, Hà Giang, Tuyên Quang.
e) Le groupe kadaï La Chi : prov. de Hà Giang, Tuyên Quang. La Ha : prov. de Lai Châu, Son La, Yên Bai. Co Lao : prov. de Hà Giang, Tuyên Quang. Pu Péo : prov. de Hà Giang, Tuyên Quang. II) La famille malayo-polynésienne (ou austronésienne)
Gia Rai (Jorai) : prov. de Gia Lai, Kon Tum, Dak Lak, Bình Thuân, Ninh Thuân. E Dê (Radhé) : prov. de Phu Khanh, Dak Lak, Lâm Dông. Chàm : prov. de Bình Thuân, Ninh Thuân, Quang Ngai, Bình Dinh, Phu Yên, An Giang et Hô Chi Minh-Ville. Ra Glai : prov. de Phu Yên, Lâm Dông, Bình Thuân, Ninh Thuân. Chu Ru : prov. de Lâm Dông, Bình Thuân.
III) La famille sino-tibétaine avec deux sous-groupes a) Le groupe hoa-han Hoa (Han) (Chinois) : Hô Chi Minh-Ville, Cho Lon, Hanoï, Haïphong, prov. de Soc Trang, Dông Nai, Soc Trang, Cà Mau, Kiên Giang, Trà Vinh, Vinh Long, Dông Thap, Cân Tho. San Diu (Man) : prov. de Bac Thai, Vinh Phuc, Bac Ninh, Bac Giang, Quang Ninh, Hà Giang, Tuyên Quang. Ngai : prov. de Quang Ninh, Cao Bàng, Lang Son.
b) Le groupe tibéto-birman Hà Nhì : prov. de Lào Cai, Yên Bai, Lai Châu. Phù La : prov. de Lai Châu, Lào Cai, Yên Bai. La Hù : prov. de Lai Châu. Lô Lô (Lolo) : prov. de Hà Giang, Cao Bàng, Lang Son, Lào Cai, Lai Châu. Công : prov. de Lai Châu. Si La : prov. de Lai Châu. Les Ba Na (Bahnar) (150.000 en 1993), installés dans les provinces de Kon Tum, Dak Lak, Bình Dinh et Phu Yên, sont subdivisés en plusieurs branches. Habitant de grandes maisons sur pilotis (jusqu’à 20 m de long), ils pratiquant la culture sur brûlis et l’élevage. Animistes, ils sont aussi catholiques. Les Bru-Van Kiêu (40.000 en 1993), situés dans les provinces de Quang Bình et Quang Tri, ont pour activités la riziculture inondée et les cultures sèches et célèbrent le culte des ancêtres. Les Cambodgiens (Kho Me) (895.000 en 1993) représentent une importante minorité installée principalement dans le Sud du pays (provinces de Long An, Dông Thap, An Giang, Kiên Giang, Soc Trang et Cà Mau. Le souvenir de leur première occupation se retrouve dans la toponymie locale : Sa Dec (Phsar Dek), Cà Mau (Tuk Khmau). L’ancien empire cambodgien fut démantelé par ses puissants voisins, le Siam et le Viêt-Nam. Occupée tardivement par les Viêtnamiens au XVIIème siècle, la Cochinchine fut viêtnamisée à partir du règne de Minh Mang (entre 1820 et 1841). L’opposition des Cambodgiens s’illustra à travers plusieurs révoltes (1822, 1856, 1859 et 1861). De nos jours, les Cambodgiens pratiquent la riziculture inondée, l’arboriculture et l’élevage. La pêche reste une activité d’appoint. L’artisanat se signale par le tissage, le travail de la soie et de l’argent et la vannerie. Sur le plan religieux, ils célèbrent le Bouddhisme du Petit Véhicule (Theravada). Les Chàm sont un peuple du groupe malayo-polynésien qui a été indianisé dès le IIème siècle ap. J.-C. Etablis sur les étroites plaines du Centre Viêt-Nam, ils se livraient au commerce des épices et de la soie et à l’agriculture tout en pratiquant la piraterie le long des côtes. Refoulés par les Viêtnamiens du centre du pays où les vestiges de l’ancienne culture sont encore nombreux, les Chàm ont du se replier vers le sud (provinces de Bình Dinh, Ninh Thuân, Bình Thuân, Kiên Giang et Tây Ninh) avant de connaître un rapide déclin. Jusqu’au XVème siècle, la religion officielle était l’hindouisme dont le panthéon est largement représenté à travers la décoration des tours chàm. Avec une population de 99.000 personnes (1993), le groupe comprend actuellement des Chàm musulmans (Chàm Bani) (prov. de Kiên Giang et Tây Ninh) et des Chàm brahmanistes (Chàm Kaphia et Chàm Chu) qui pratiquent la riziculture inondée et sèche. L’artisanat est représenté par le tissage, la poterie et l’orfèvrerie. Les Chut (2.400 en 1993) forment une minorité de la famille austro-asiatique identifiée en 1954 et habitant la province de Quang Bình (districts de Minh Hoa et Bo Trach). Ils pratiquent la riziculture sèche, la chasse et la pêche et célèbrent les rites agraires et animistes. Les Co Ho (92.000 en 1993) des provinces de Lâm Dông et Bình Thuân, Ninh Thuân regroupent les Srê, les Lac et les Cil et habitent dans de longues maisons sur pilotis. Ils pratiquent la culture sur brûlis et célèbrent les rites animistes et le culte catholique. Les Co Tu (Ka Tu) (37.000 en 1993), installés dans les provinces de Quang Nam-Dà Nang et Thua Thiên, ont un habillement qui consiste en une longue couverture et en un cache-sexe. Les hommes portent le chignon et se font tatouer. Les femmes portent de nombreux bijoux associés à des amulettes. Le groupe cultive le manioc, le maïs, la patate douce et le riz, et pratique la chasse et l’élevage des poulets, du porc et du buffle. Le système familial est fondé sur le patriarcat. Ils célèbrent les rites animistes. Jusqu’au début du XXème siècle, pour apaiser les mauvais esprits, la tribu devait entreprendre, à périodes fixes, de véritables campagnes d’assassinat à l’encontre d’autres groupes ethniques y compris les Viêtnamiens. Les Dao (Yao ou Man) (474.000 en 1993) des provinces de Hà Giang, Tuyên Quang, Lào Cai, Yên Bai, Cao Bàng, Lang Son, Bac Thai, Lai Châu, Son La, Hoà Bình, Vinh Phuc, Bac Ninh, Bac Giang, Thanh Hoa et Quang Ninh, sont originaires du sud de la Chine et se sont installés au Viêt-Nam dès le XIIIème siècle. Les groupes se distinguent par la coupe des vêtements (Dao à pantalon serré, Dao à tunique, Dao à pantalon blanc) ainsi que par les coiffures féminines (Dao aux sapèques). Selon les zones d’habitat, il y a trois sortes de maison : maison sur pilotis, maison à même le sol et maison à moitié sur pilotis et à moitié sur le sol. Ils pratiquent la riziculture sèche et inondée ainsi que l’exploitation du bois. L’élevage est généralisé. L’artisanat est caractérisé par le tissage, la fabrication du papier, le travail de l’argent et du cuivre. Leur religion, fortement influencée par la culture chinoise, est imprégnée de Taoïsme.
Les E Dê (Rhadé) (195.000 en 1993) sont regroupés dans les provinces de Dak Lak, Phu Yên et Khanh Hòa. Subdivisés en plusieurs sous-groupes, ils habitent des maisons sur pilotis (Buon) dont la longueur est fonction de la taille de la famille : de 30 à 40 m. Leur filiation est matrilinéaire. Ils pratiquent la pluriculture sur brûlis : riz, maïs, patate douce, melon, coton. L’artisanat est représenté par le tissage. L’esclavage existait dans l’ancienne société selon une forme assez souple. Polythéistes, ils célèbrent le culte des Génies du Sol, de l’Eau et du Feu.
