Le chant de la femme du combattant - samedi 2 mars 2010

Dernier ajout : 5 février 2010.

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  Le Chant de la femme du combattant


Samedi 2 mars à 20h30
Olympic Café
20 rue Léon
75018 Paris
réservation : 01 42 52 29 93

LE RÉCIT

C’est l’histoire d’une femme à la vie extraordinaire

L’histoire d’un homme et d’une femme séparés par la guerre puis par le silence.
L’histoire d’une longue attente, suivie d’impossibles retrouvailles.
L’histoire d’une femme qui décide de faire exister le père absent dans les yeux de son enfant.
L’histoire d’une ombre muette, et d’une terrible méprise.

Il était une fois, il y a bien longtemps dans le nord du Vietnam,
Mais il est encore aujourd’hui, ici et ailleurs …

Le récit est inspiré d’une histoire vraie du XVeme siècle, et se tisse à des mythes et poèmes vietnamiens du XIIIeme, issus du recueil de Dang Trân Côn « Le Chant de la Femme du Combattant ».

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C’est un récit tragique et magnifique.

Le destin s’y incarne à travers 4 actions : d’abord la guerre qui emporte l’homme loin de son foyer. Puis le jeu d’ombre auquel se livre la mère en faisant croire à son fil qu’il s’agit de son père. Ensuite la parole innocente de l’enfant qui va provoquer la terrible méprise. Et enfin les règles sociales de retenue et de respect qui empêchent les personnages de briser le silence et de s’expliquer.

On assiste au fil du récit à la lente mise en place du tragique, et bien que l’issue soit incontournable, on ne peut s’empêcher d’espérer, jusqu’au bout.

Ils vivent sur un fil tendu, à la recherche permanente d’un impossible équilibre. Jusqu’à la chute définitive.

Le personnage de Cu-ba « la vieille femme » traverse le récit de la naissance de l’héroïne Vo Thi Thiet jusqu’à sa mort.
Elle vit seule et misérable mais a l’espièglerie de la sagesse.
Elle est celle qui assiste les naissances et qui détient la mémoire du peuple Viet. Il est dit très tôt qu’elle raconte des contes et mythes à Vo Thi Thiet, mais ce n’est qu’à la fin que le public les entend enfin. Elle déroule les exploits du roi Lac-Long Quan sous le regard fasciné de Dân, le fils de Vo Thi Thiet. Et pendant ce temps, sa mère prononce au bord du Fleuve Rouge, les mots qui scelleront son destin.

LE SPECTACLE Un tissage de paroles

Le spectacle associe au récit, musique et partition corporelle comme autant de moyens de dire. Les mots décrivent une action que musique et mouvement mettent en résonance sensible. L’objet de la recherche et de faire se rejoindre ces différentes disciplines artistiques. Que la parole soit mouvements et musique, que la danse soit une écriture musicale et que la musique décrive, non pas une action mais un état. Que l’ensemble s’adresse simultanément au cœur, au corps et à l’esprit. Une œuvre totale qui « touche » au sens propre, l’auditeur, et le mette en mouvement.

Le récit est également le résultat d’un tissage entre différents genres littéraires. Il est une création originale inspirée de faits réels, et associe un récit mythologique (la naissance du peuple viet) ainsi que des poèmes du XVIIIeme siècle vietnamien.

Chaque type de récit fait l’objet d’un traitement vocal et scénique particulier. L’histoire cadre s’incarne dans une parole à la fois sobre et musicale. Les poèmes sont portés par l’héroïne et mis en situation dans l’espace. Enfin le récit mythologique est donné dans sa jubilatoire démesure, par le personnage de la grand-mère « Cu-ba » qui raconte à Dân.

L’ensemble cherche à maintenir, par le mouvement, un équilibre entre ces différents registres.

Parce que la musique et le corps révèlent l’indicible,
la conteuse a choisi de les tisser à sa parole

MUSIQUE : comme une musique de film
David Kpossou, compositeur et musicien accompagne Karine Mazel-Noury dans ses recherches autour des liens entre parole et musique depuis plus de 10 ans. Pour ce spectacle, ils ont choisi de travailler une musique originale diffusée en bande son, comme une musique de film. Elle explore les sonorités asiatiques, s’en inspire, puis le conduit ailleurs. La musique ponctue, accompagne, amplifie l’action mais elle peut aussi en révéler des aspects cachés. Elle est prétexte à jeu avec la parole. Elle est climatique, narrative et organique.
Climatique : elle accompagne la narration et ouvre des espaces dans le récit
Narrative : elle laisse vibrer l’émotion et prend le relais des mots pour accompagner l’imaginaire
Organique : elle inscrit les poèmes dans l’intimité rythmique et corporelle du personnage (cœur, souffle) et provoque les visions poétiques.
Instruments traditionnels asiatiques (guzhen, flûtes en bambou, dan-bau et occidentaux (violons, violoncelle, piano, hang drum) dialoguent et se confondent.

DANSE : Variations autour de l’attente et du déséquilibre
Conseillère chorégraphique : Gaëlle Mangin (Cie le Chat qui penche)

Le déséquilibre est un état d’apparente immobilité qui concentre en réalité l’essence du mouvement de vie. C’est-à-dire, pour moi, la recherche permanente du point d’équilibre entre des forces contraires.
Etre en déséquilibre conscient c’est être intensément présent et vivant. C’est aussi accepter la possibilité de la chute. Chute qui vient parfois comme une libération, quand elle est un choix de renoncer, de lâcher. Mais elle peut aussi être la sanction d’un relâchement inconscient ou de faiblesse.
Tomber, se relever, chercher un autre déséquilibre. Rétablir par moment l’équilibre. Triompher momentanément des forces d’attraction. Se sentir debout.

Le temps de l’attente concentre ces mouvements. Apparemment immobile, l’attente est le temps du déséquilibre intérieur qui oscille entre vie et mort, entre espoir et désespoir.
C’est une danse intime, presque invisible qui épuise et maintient en vie à la fois.

Le corps est une chambre d’écho à l’action. Il fait résonner dans le corps les grandes étapes du récit : naissance, amour, désespoir, mort.
Ce sont des moments assez brefs mais qui concentrent toute l’intensité des situations, et proposent une empreinte sensible et incarnée.

 Le chant de la femme du combattant samedi 2 mars à 20h30 Olympic Café 20 rue Léon Paris 18 réservation : 01 42 52 29 93


KARINE MAZEL-NOURY www.karinemazelnoury.com
« Une conteuse à suivre de près son sillage n’a pas fini de semer des étoiles dans nos regards »
Les Trois Coups. La revue du spectacle vivant

Quand un conte me touche, quand il fait naître en moi un rêve, alors je l’écoute et il se raconte

Un récit est pour moi une musique que la parole révèle. Une parole comme une danse ; vivante, légère, rythmée, musicale jusqu’au chant.
Raconter, chanter, scander, murmurer, déployer le silence, jouer. Donner l’humanité des personnages, pour éclairer le sens d’histoire.
Faire du corps un véritable outil de narration : du simple geste oratoire à la partition gestuelle ou chorégraphique.

Chaque conte est une re-création, chaque spectacle une création originale.

Travailler, façonner,
Faire, puis se laisser faire par l’instant.

Conter est un art de la relation. Funambule de l’imaginaire, je tisse mes histoires, en équilibre sur un fil tendu entre force et fragilité.

Formations
J’ai commencé à raconter en 1995, après des études universitaires de théâtre
Pour que mon répertoire et ma pratique restent vivants, je pratique la danse contemporaine et le chant et participe régulièrement à des formations et rencontres :
Atelier de recherche « Fahrenheit » du Conservatoire de littérature Orale de Vendôme de 2003 à 2005. « Labo » de « La Maison du Conte » de Chevilly 2007/2008. Stages (entre autre) avec Michel Hindenoch et Sotigui Kouyaté.

expériences
Mon engagement pour les arts de la parole se manifeste à travers la création originale de projets tels que :
1995 : Création de la compagnie « Les Mots Tissés » www.lesmotstisses.org
2001-2007 : Co-fondation et partenariat artistique pour « Le Foyer des Conteurs » au Centre Culturel Jean Vilar de Marly Le Roi (78)
depuis 2003 : Direction artistique du festival « des Jours et des Nuits du Conte à Conflans Ste Honorine. »
De 2004 à 2006 : Présidence de la « Fédéconte », association pour la promotion et le rayonnement des arts de la parole en Ile de France.
A partir de 2006 : Coordination artistique des projets « Paroles Nomades » de la Cie Les Mots Tissés.