Le mandiant - du passé

Dernier ajout : 25 juillet 2000.

En achevant la lecture de ce roman, le lecteur demeure un instant en proie à de multiples sentiments d’ambivalence, sinon de contradiction. ce qui n’est pas forcément négatif. Il s’agit d’un long récit, apparemment logique et cohérent, dont les éléments, hélas, se dissocient peu à peu pour composer deux univers contrastés aussi bien dans le contenu que dans la forme.
L’histoire se déroule de 1973 environ jusqu’à nos jours, composée d’allers et retours (procédé un peu trop mécanique) entre :
d’une part, des scènes sanglantes et meurtrières de la "guerilla en forêt" quelque part à l’ouest de Saigon, menée par un petit groupe (guère plus d’une douzaine) de garçons et de filles, certains très jeunes, mais déjà endurcis par l’expérience et la parfaite connaissance du terrain. Sous la responsabilité d’un chef à peine plus âgé, ils font face à des ennemis supérieurs en nombre et en armements.
d’autre part , un regard désenchanté, plein d’amertume, porté par les anciens "combattants rendus à la paix", sur l’arrogance sans pudeur des profiteurs de l’après-guerre, anciens ennemis, parfois anciens compagnons d’armes, qui étalent sans vergogne une richesse acquise impunément aux dépens des plus pauvres ou des plus "purs".
L’analyse faite avec rigueur et minutie - de ce point de vue, le roman est extrêmement instructif - de tant de bravoure et de souffrances opposées à tant de cynisme éhonté, aurait suffi à faire du livre une oeuvre pleine de force et d’authenticité.
Malheureusement, l’auteur a entremêlé à des pages ô combien émouvantes, une invraisemblable histoire d’amour(s) à base d’érotisme sur fond de fantastique qui induit chez le lecteur un étrange malaise que celui-ci est le premier à déplorer.

Denise Pham