Le paradis terrestre existe

Dernier ajout : 25 juillet 2008.

Regardez une carte du Viet Nam. Ou trouvez vous, ailleurs, un tel rapport entre la superficie d’un pays et sa longueur de côtes ? De côtes, plus précisément de plages, car le littoral est souvent sableux –et de plages vierges. Quelques spots sur la côte pacifique, mais plutôt destinés à une clientèle locale. Il n’y a guère que Nha Trang qui se soit dotée d’une série de « resorts » et même là, la clientèle est encore essentiellement formée de vietnamiens aisés plutôt que de touristes étrangers. Au sud : Vung Tau. Il paraît (cf. brèves) qu’il existe des projets touristiques d’importance dans ce secteur. Ha Tien

Mais, si on poursuit plus à l’ouest sur le golfe du Siam (golfe du Siam ! Rien que le nom fait rêver), on arrive au paradis terrestre : Hà Tien et ses deux plages de sable fin, au doux beige doré, où se reposent de petites embarcations de pêche. A l’horizon : le Cambodge. La mer est tiède (et très propre, les grands ports sont loin) Vous avez soif : tendez le bras, un des habitants du hameau fera tomber une noix de coco pour la décapiter et vous la donner. Vous avez faim ? Il faut reprendre la route pour aller à Hòn Chong, sa petite anse qui fût gardée par deux sentinelles de rocher (le père et le fils), et dévorer des fruits de mer dans une guinguette à même la plage. Autour, la forêt tropicale, dense, mystérieuse. Au large, des îles accessibles, comme Hon Giang et sa superbe plage. plage de Duong

Autour de Hà Tien il y a de nombreuses grottes, avec des stalactites où, quelquefois on a installé une pagode, comme à Thach Dong ; une stèle y conserve la mémoire des cent trente habitants massacrés par les Khmers rouges en 1978. Et puis, il y a les kitchissimes mausolées de la dynastie Mac. Plein de choses à faire pour se reposer de la plage…

.... il ne reste plus qu’une sentinelle pour veiller sur la plage

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Et cette éternelle question : faut-il que le tourisme se développe pour apporter un peu de mieux-être à cette région à l’écart des richesses du delta du Mékong ? Ou faut-il surtout que rien ne bouge pour qu’elle reste l’apanage des touristes un peu curieux ? En tous cas, n’oublions pas que ces merveilles de la nature qui nous paraissent intemporelles sont menacées. Souvent par l’homme. Parfois, par la nature même. Par l’érosion marine par exemple : l’an dernier, une des deux sentinelles de pierre s’est effondrée. Le père, ou le fils ? L’un d’eux reste esseulé......

Anne Hugot Le Goff