Le pays des étranges pagodes : la pagode des parfums

Dernier ajout : 3 avril 2008.

C’est un grand classique –je connais de respectables scientifiques de Hanoï qui ne manqueraient pour rien au monde le pèlerinage annuel, jusqu’à faire en moto la centaine de kilomètres qui séparent la pagode des parfums de la capitale. Et, chaque jour de l’année, il y a toute une houle de pèlerins à l’assaut de la colline.
S’accomplit tout un chemin initiatique. Il débute en barque, jusqu’à un premier arrêt –la pagode de la Présentation- où l’on change de barque. Cette étape est indispensable pour que le pèlerin se sente en droit d’accomplir le reste de la route.
Sur la rivière
Petite pagode sur la rivière

Sur les îlots au milieu de la rivière, dans un sublime paysage de collines karstiques (qui rappelle beaucoup la Chine de Gui Lin), il y a partout de petits oratoires, des temples minuscules.
Enfin, on débarque pour de bon, et commence la montée, de pagode en pagode. Thien Chu, la magnifique pagode du Chemin du ciel, domine la première partie de la montée.

Pagode du chemin du ciel
Pagode du Chemin du ciel

Qui dit temple dit marchands du temple : ils sont là, et bien là, car pour les nombreux vietnamiens qui se pressent sur le chemin, le pèlerinage est une fête mais marcher est une corvée. Pour réconforter le pèlerin
qui, dégreffé de ses deux roues, se sent tout nu, à chaque détour du chemin il y a un étal recouvert de plastique rayé bleu et blanc où on

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Oratoire en chemin

peut acheter bonbons et victuailles, boire un jus fraîchement pressé, téter une noix de coco... Du point de vue de la beauté du site, c’est catastrophique. Mais c’est la fête ! Tout le monde est content. On découvre au passage une pagode dont le bouddha est une femme –là, c’est l’occidentale qui est drôlement contente. Enfin, on touche au terme du périple, Huong Tich Chu, la pagode de l’Empreinte parfumée, et c’est...un trou. Une grotte. Une grotte vraiment moche, sans stalactites ni stalagmites. En guise de parfum, il y le moisi, mélangé à celui de pieds fatigués par la marche. Heureusement, il y a l’encens...
C’est un voyage dans le Viet Nam éternel, celui sur lequel ni le communisme, ni l’économie de marché ne peuvent avoir de prise. Et qui nous ramène à nos interrogations d’occidentaux face au sens du sacré au sein de cette religion si éloignée de celles qui nous sont familières.
cente

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