Le village des estampes

Dernier ajout : 3 août 2008.

Le village de Dong Hô, dans la province de Bac Ninh, produit des estampes depuis des temps « immémoriaux » : depuis la dynastie des Hô (1400), ou même celle des Ly (1010-1225), ou depuis encore plus longtemps, qui sait ?

En tout cas, la technique est toujours la même et se transmet de génération en génération dans les familles du village. Les planches de bois sont gravées au ciseau, dans des essences différentes selon les usages attendus, peinture du contour ou impression des couleurs. Il faut une planche par couleur , d’où un minutieux travail de repérages pour éviter bavures et blancs.
Les couleurs sont végétales ou minérales : sève de sumac, obier ou hibiscus pour le rouge, vert de gris, aiguilles de pin et coquilles d’huîtres écrasées pour le vert ; les cendres de paille de riz et de feuilles de bambous brûlées donnent le noir, les pousses de sophora le jaune, la nacre moulue le blanc.
Le matériel est tout aussi simple : pinceaux de jeunes aiguilles de pin, rondelles de noix de coco dont on frotte les planches, feuilles de luffa pour essuyer le dos du papier, minces copeaux de bambous qui n’absorbent pas l’humidité et dont on entoure la planche quand la peinture est fraîche.

De nos jours, la fabrication des estampes populaires artisanales traverse une crise et subit la concurrence de la fabrication des papiers votifs, plus facilement rémunératrice. Les vieux maîtres s’attachent à sauvegarder le matériel ancien et tentent de formes des élèves. Le renouveau des villages de métier devrait les soutenir dans leur entreprise.

DdM