Les cendres du général Bigeard aux Invalides ?

Dernier ajout : 19 janvier 2012.

Les cendres du général Bigeard aux Invalides ?

L’éventualité du transfert des cendres du général Bigeard
aux Invalides a suscité de nombreuses réactions
dans l’opinion publique. Notre Association, saisie de
messages de certains de ses membres, n’a pas à se
prononcer sur ce sujet mais pour l’information de nos
lecteurs, « Perspectives » porte à leur connaissance le
témoignage suivant reçu de Pierre Vermeulin :
J’ai fait mon service militaire dans l’infanterie coloniale
(elle s’appelait encore comme ça) dans les années
56-58. Des officiers et sous-officiers racontaient
sans gêne aucune, comme vous raconteriez votre dernier
week-end, leurs « exploits » vietnamiens, et pour
certains leurs premières expériences algériennes.
Tortures, massacres, je ne saurai tout rapporter. Dérapages
individuels ? Certainement pas, tout paraissait
bien organisé, assumé et dans la logique de cette
guerre.

J’ai été dans les premiers à dire que dans l’association
devaient se retrouver des gens qui s’intéressent
au Vietnam pour des raisons fort différentes : des
militants de ma génération qui ont lutté contre les
guerres impérialistes et contre la guerre au Vietnam ;
d’autres attirés surtout par ce pays, sa culture et sa
population ; d’autres encore par son modèle de développement
et ses contradictions. Tous mus par un
sentiment d’amitié et de solidarité pour ce peuple
qui s’est libéré par la lutte, dans la souffrance. Tous
ces gens ont-ils un avis unanime sur Bigeard, son
action et sa place dans l’Histoire ? Certainement pas.
Mais il est, je pense, nécessaire de rappeler que nous
construisons cette amitié franco vietnamienne contre
les traces et les marques de cette politique coloniale
française, que l’on essaie de dépasser mais surtout
pas d’oublier. L’affaire des cendres de Bigeard, c’est
souffler sur les braises. Et ça, je crois que l’on peut le
dire en tant qu’association.

D’autre part dans un article paru par ailleurs,
Alain Ruscio mentionne :
Le 22 juin 2000, le quotidien Le Monde publie deux
entretiens avec les généraux Massu et Bigeard. Le
thème de l’usage de la torture durant la guerre d’Algérie
défraie alors la chronique. Mais une précision,
qui porte loin, passe alors inaperçue de l’opinion. La
journaliste, Florence Beaugé, pose une question à
Massu : « Et le général Bigeard, l’avez-vous vu pratiquer
la torture ? ». Massu rétorque : « Quand je suis
arrivé en Algérie, en 1955, je me souviens de l’avoir vu
en train d’interroger un malheureux avec la gégène.
Cela se passait dans l’Edough, un massif situé dans
le nord du Constantinois. Je lui ai dit : « mais qu’est ce
que vous faites là ? » Il m’a répondu : « On faisait
déjà cela en Indochine, on ne va pas s’arrêter ici ! ».

Évidemment Bigeard démentit…