MOTION D’ORIENTATION
Notre Association reste depuis 50 ans une association d’amis, populaire, indépendante et ouverte. Elle demeure fidèle à la ligne tracée par ses fondateurs, associant la France « telle qu’elle est » au Vietnam « tel qu’il est ». Mais l’orientation de notre activité doit s’adapter à l’évolution des situations dans nos deux pays. Il nous faut accompagner nos amis dans leurs succès et dans leurs difficultés et faire connaître la réalité vietnamienne à l’opinion de notre pays peu et mal informée sur le Vietnam, malgré l’essor d’un tourisme qui généralement ne permet guère de contacts avec la population locale.
Présenter le Vietnam en mouvement.
Il faut montrer ce qui va et ce qui ne va pas, faire connaître les problèmes et aider à trouver leurs solutions. L’optimisme des vietnamiens est fondé sur les grands progrès accomplis qui ont permis de sortir la majorité de la population de l’extrême pauvreté. Mais on ne peut ignorer, par exemple, l’existence de zones où subsiste la malnutrition infantile. Nous devons situer le Vietnam parmi les pays en voie de développement.
Il nous est indispensable de nous informer sur les nombreux débats qui, dans le cadre de la mondialisation, se déroulent dans la société vietnamienne. Ils portent sur les choix économiques (investissements, recours aux capitaux étrangers, grands équilibres, relations entre les diverses formes de propriété, rôle de l’état, décentralisation), sur plusieurs importants chantiers (train à grande vitesse, exploitation des richesses naturelles en particulier lorsque des entreprises étrangères sont engagées, voire OGM), sur le contenu social (inégalités, santé publique, éducation, formation professionnelle) et moral (corruption ) de la croissance dont les effets sur l’environnement doivent être pris en compte, sans oublier que le Vietnam pourrait être, sans en porter la moindre responsabilité, l’une des principales victimes du réchauffement climatique.
Nous devons aussi être conscients des évolutions politiques, sociétales et internationales dans un Vietnam qui fait autorité dans l’ASEAN, sans négliger l’existence d’un contentieux avec le grand voisin chinois à propos des archipels de la mer Orientale et les risques pour la paix mondiale qui pourraient découler d’un surcroît de tension dans cette zone.
Il faut essayer de profiter de toutes les rencontres que nous pouvons faire d’amis vietnamiens pour obtenir plus de clarté sur les sujets en débat. Nos bons rapports avec nos amis de l’AAVF doivent également être mis à profit. Nous continuerons à nous associer, pour mieux nous informer, avec nos amis de l’UGVF, de l’UEVF, du CID, mais il faut rechercher le contact avec les autres cercles ou associations discutant du Vietnam. Un effort doit être accompli en direction des chercheurs spécialisés sur les problèmes du Vietnam en essayant de surmonter certaines réticences de ceux qui doutent encore de l’indépendance de l’AAFV.
Diffuser ces informations, c’est l’objectif que nous allons poursuivre avec tous les moyens à notre disposition : au premier rang « Perspectives » avec ses dossiers et le site sur internet, l’organisation de conférences, de journées d’études, d’expositions, ainsi que la mise à profit d’activités variées, des cours de langue ou de cuisine aux projections de films et aux repas et aux fêtes.
La solidarité demeure un objectif essentiel de l’AAFV Elle exprime la fraternité avec laquelle notre Association se tourne vers les couches les plus pauvres et particulièrement les populations des minorités nationales. En répondant à des besoins exprimés localement nous continuerons à faire aboutir des projets concrets présentés par la Croix-Rouge du Vietnam, offrant aux familles la possibilité d’une autonomie productive. Parmi les autres initiatives envisagées, l’aide à la formation professionnelle et l’octroi de bourses d’étude doivent être développés. Il faut rechercher, particulièrement au niveau des comités locaux, des sources complémentaires de financement (collectivités territoriales, entreprises, fondations…). La Direction nationale aura également ce souci en essayant de susciter des synergies avec d’autres associations et d’une façon générale avec les personnes activement engagées dans des actions de solidarité au Vietnam. Notre solidarité va particulièrement aux victimes vietnamiennes de l’Agent orange. Nous avons œuvré à faire connaître ce drame mais sans doute pas assez pour que l’attention de l’opinion publique de notre pays soit durablement attirée. En coordination avec les autres Associations d’amitié avec le Vietnam dans divers pays européens, nous devrions entreprendre des démarches pour que les gouvernements de notre continent contribuent aux secours aux victimes et au traitement des zones contaminées.
La mise en œuvre de ces orientations
doit s’accompagner d’une volonté d’intensification des rapports entre nos deux pays. Nous maintiendrons nos relations de confiance avec le MAE. Nous poursuivrons dans d’autres villes les journées consacrées à l’industrie selon le modèle des journées de Paris et surtout de Lyon. Il faut attacher une grande importance à l’activité des collectivités territoriales et essayer de valoriser auprès d’elles notre rôle potentiel de conseils.
Il faut se doter des moyens de notre activité, en premier lieu en renforçant nos effectifs. La création de nouvelles sections locales nous procurera de nouveaux membres. Un effort est à faire en direction des jeunes : rajeunir nos effectifs nous permettra ultérieurement, selon des règles à établir par le Comité National, de rajeunir nos instances dirigeantes. Les fêtes peuvent être un bon moyen d’associer des jeunes. Mais compte tenu des difficultés pour des jeunes actifs de participer à des réunions dans la journée, nous devons avoir un souci spécial d’attirer à l’AAFV des retraités de fraîche date.
Il est aussi essentiel d’assurer à notre association la stabilité des ressources financières. Beaucoup d’efforts doivent continuer à être déployés pour attirer des ressources publicitaires ou obtenir le soutien de sociétés, organismes ou fondations intéressés au Vietnam. Il faut notamment garder la perspective de faire de l’année 2013, officiellement consacrée « Année de la France au Vietnam et du Vietnam en France », une occasion exceptionnelle d’affirmer le rôle de notre association.
