Micro crédit amélioré

Dernier ajout : 16 juillet 2010.

L’activité de microcrédit consiste généralement en l’attribution de prêts de faible montant à des personnes qui ne peuvent accéder aux prêts bancaires
classiques.

Le microcrédit se répand surtout dans les pays en développement, où il permet de concrétiser des microprojets favorisant ainsi l’activité et la création
de richesse, mais se pratique aussi bien dans les pays développés ou en transition.

Le 13 octobre 2006, la mise en place et le développement à grande échelle de ce système ont été récompensés par le prix Nobel de la Paix attribué conjointement au Bangladeshi Muhammad Yunus et à la banque qu’il a créée, la Grameen Bank.

La mise en place du microcrédit dans le monde a été une grande avancée en direction des plus démunis.

_ Notre partenaire la Croix-Rouge du Vietnam a adhéré rapidement à cette idée. C’est la Croix-Rouge de Norvège qui a formé les premiers cadres de la Croix- Rouge vietnamienne à cette technique en particulier dans la province de Dak Lak. Ces derniers ont ensuite formé les responsables Croix-Rouge des autres provinces.
À cette époque, notre interlocutrice au Vietnam, Madame le Professeur Nguyen Thi Hoi, nous a proposé ce type d’aide, en particulier un programme
sur quatre ans en direction des femmes de l’ethnie Édé, province de Dak Lak.
En 2004 la CCAS [1] a participé à une étape de cette réalisation de microcrédit
classique.

_

Devant les difficultés de remboursement et la hantise de ne pas pouvoir rembourser, très rapidement Madame Hoi a voulu améliorer cette aide, certes efficace vu le taux très bas du prêt, mais peu adaptée aux coutumes des Édé.

Elle nous a donc proposé, au lieu de prêter de l’argent, de prêter des animaux femelles : truies, vaches, chèvres, bufflonnes et zébus, en fonction des besoins exprimés par les bénéficiaires et des possibilités de nourrir ce cheptel. Son idée très novatrice a été de proposer que les bénéfi ciaires s’acquittent de leur dette après les premières naissances en rendant à la Croix-Rouge une jeune femelle pour que celle-ci soit confi ée à une autre famille (en cas de naissance d’un mâle, en particulier chez les bovins, il sera revendu pour
permettre l’achat d’une génisse).

Double avantage : pas d’inquiétude à propos du remboursement et formation
aux techniques d’élevage pour ces familles descendant de chasseurscueilleurs,
au départ étrangères à ces pratiques. En effet dans le projet est prévu
un stage de formation pour un membre de chaque famille bénéficiaire. Les
vétérinaires locaux sont associés au projet : ils sont chargés de l’achat des animaux, de la formation, des vaccinations, du suivi de la santé des animaux et de l’insémination artificielle.

Dans chaque projet est prévue la construction des porcheries ou des étables.
Le projet se fait au niveau du village, voire du district.
Les bénéficiaires sont choisis d’abord parmi les familles ayant des victimes de l’Agent Orange, puis celles qui ont des handicapés, puis les plus pauvres.
Très important : ce choix contribue à la réinsertion des victimes de l’Agent Orange. Pendant longtemps les autorités vietnamiennes n’avaient pas fait savoir que la cause de beaucoup de handicaps résidait dans les conséquences de la guerre chimique, en particulier l’épandage de l’Agent Orange contenant de la dioxine. Les familles victimes de l’Agent Orange
étaient donc mises à l’écart par leurs voisins valides ;
on cachait les handicapés très gravement atteints. Depuis des années, ce sujet n’est plus tabou.
Grâce au système du « microcrédit amélioré », les victimes de l’Agent Orange, puis les pauvres, puis les valides voient leur situation matérielle se débloquer.
De réprouvés les victimes des épandages deviennent ceux par qui un peu d’aisance est arrivée à tous. A D

Notes

[1Caisse Centrale d’Activités Sociales de l’EDF/GDF