Nostalgie de la rizière -Anna Moï

Dernier ajout : 21 mars 2012.

Nostalgie de la rizière

par Anna Moï, l’Aube, 221 pages, 8,10 €

Précipitez vous sur ce bref volume, qu’on doit aux Éditions de l’Aube, exquis patchwork de petits moments de vie...
Les vietnamiens aiment les nouvelles, à peine plus longues qu’un haïku japonais, et cela procède du même esprit : dans l’écriture, ce qui est important, c’est de capter une moment fugace, quelques minutes exquises et qui ne se reproduiront plus.... mais Anna Moï, qui vit en partie en France et est imprégnée de cette culture française -et qui écrit en français d’ailleurs ! y ajoute un petit côté surréaliste -comme cela, tiens tiens, on croise un lamantin affectueux ou un psychanalyste pour pythons domestiques....
Le fil rouge, c’est la narratrice, cette femme entre deux cultures qui a trois garçons et six chiens, dont trois s’appellent Gaston, une maison au bord d’un arroyo à Saïgon, une maison de vacances dans l’île de Phu-Quoc, là où vit une race de chiens bizarres avec une crête sur le dos. Elle connaît bien aussi les peuples des hauts plateaux, où elle a été réfugiée pendant la guerre. Et puis, elle est chanteuse d’Opéra classique, et elle situe plusieurs nouvelles dans ce milieu de la musique occidentale, dont on ignorait qu’il fût si vivant...
Oui, précipitez vous sur ce petit livre, lumineux, même si l’ombre des années de plomb n’est jamais loin, fruit d’un heureux métissage entre deux cultures....

Anne Hugot- Le Goff