Paroles d’un sage

Dernier ajout : 20 juillet 2009.

Bien des choses ne peuvent être jugées vraies ou fausses

… S’il suffisait de souhaiter la paix pour le monde et le bonheur pour l’humanité seraient une réalité depuis longtemps.
Chau Trong Ngo
Le bouddhisme dit qu’il existe des relations de causes à effets. C’est cette multitude d’interactions qui nous fait oublier une partie des problèmes, ce qui crée souvent des problèmes quand on passe à l’action.
Par exemple, face à un problème économique national, la solution prescrite mènera toujours à un échec si l’examen du problème n’est pas assez large. Une solution simple et bonne peut s’avérer fausse ce qui peut engendre des pertes irréparables (camps nazis, khmers rouges…et autres génocides ou tueries, pour ne parler que des plus atroces) surtout chez les pauvres qui sont toujours les premiers touchés.

En bref, il n’y a pas d’existence isolée. Tout existe par interdépendance. De même pour ce qui touche les êtres humains, nous constatons que la conscience individuelle dépend des relations de chacun avec ses proches, son environnement, ses croyances locales, la nature, les us et coutumes. Tout cela varie selon chacun. C’est cet ensemble tout à fait personnel qui constitue un « espace spirituel » qui forme le caractère de chacun, avec sa façon toute personnelle de raisonner ou de réfléchir.
Ainsi quand on doit discuter d’une affaire, il faut peser les arguments, échanger les idées dans un respect mutuel pour pouvoir aboutir. Celui qui sait percevoir et détacher le sentiment des idées peut dénouer des situations au cours de ses vies successives et apparaître comme miséricordieux.
En famille, il faut éviter la colère même de quelques secondes ou plus largement des bagarres sanglantes et évidemment des combats meurtriers provenant d’une enflure du moi et du mien…
Si dans chaque famille, chaque agglomération on avait conscience de la grande diversité des approches humaines, certainement la vie serait meilleure et pas ennuyeuse pour autant et la paix dans le monde serait garantie pour longtemps.

D ‘autre part l’impermanence des choses devrait être à la base de toute pensée humaine. Dans ce contexte les prémisses d’un système devrait être réadapté et repensé en permanence. Cela devrait s’élargir aux relations d’un pays à l’autre contrairement à la considération qu’une doctrine fixée doit être suivie à la lettre.
Le vrai ou le faux n’ont qu’un temps. De nombreux contes en font échos :
-  « Monsieur Thaï a perdu son cheval »,
-  L’histoire de l’éléphant touché par des aveugles,
-  La phrase de Galilée au Tribunal : « et pourtant elle tourne »,
Et bien d’autres récits profonds et poétiques :
-  Ces points lumineux quand on ferme les yeux,
-  Les rêves du philosophe Zhang Zi qui a l’impression d’être un papillon ou est ce la papillon qui rêve qu’il est humain ; je n’en suis pas sûr !

En ce sens Bouddha nous enseigne dans le Kalama Sutra : « ne croyez pas aux choses répétées par le plus grand nombre. Ne croyez pas aux sermons clamés par des maîtres renommés. Ne croyez pas aux préceptes que l’on trouve dans les sutras des bienheureux. Réfléchissez à ce que vous savez, essayez de l’appliquer à votre vie. Si vos pensées sont utiles, si elles calment vos douleurs et si celles des autres vous apportent joies et liberté, elles méritent qu’on y croît.
Chacun à sa façon de penser, et ses propres modes d’action, tandis que nous vivons en communauté et interdépendance. Vivre c’est agir et bien sûr il faut savoir discerner entre le vrai et le faux pour pouvoir choisir la solution la meilleure. » Le Kalama Sutra est toujours d’actualité : « les autres peuvent penser autrement ».

Puisque agir est un besoin de la vie en communauté, l’humanité doit se construire des règles pour faciliter les échanges ; parler avec modération et écouter pour pouvoir se modifier à chaque étape de l’action : parce que le vrai et le faux sont faux et vrai alternativement au rythme du yin et du yang. La sincérité et le respect mutuel sont primordiaux dans l’intérêt général. C’est là l’essence de l’ « idée résultante » et des « six points communs » de l’Écriture bouddhique.

Châu Trong Ngô est à Hué une personnalité estimée par tous pour son savoir-vivre et son empathie.