Quang Tri par Alain Dussarps

Dernier ajout : 27 juillet 2009.

Quang Tri

Quang Tri, province située dans la région centrale du Vietnam et frontalière avec le Laos à 617 km de Hanoi, porte encore aujourd’hui les traces de la guerre chimique américaine. Cette province est un livre de l’histoire : le pont de Hien Luong , l’ancienne citadelle de Minh Mang à Quang Tri, les tunnels de Vinh Moc, la base de Khe Sanh.

En vertu de l’Accord de Genève de 1954, la rivière de Ben Hai et le 17e parallèle furent choisis comme ligne de démarcation provisoire. Le pont Hien Luong était divisé en deux, et chaque moitié servait de poste de frontière
Le pont Hien Luong avait été construit par les Français en 1950. D’une longueur de 178m, il comprenait 7 travées et était revêtu de 894 planches. L’Accord de Genève stipule que chaque partie exerce sa souveraineté sur 89 m. Dans l’article 6 il est écrit : “La ligne de démarcation ne peut être que provisoire et ne constitue en aucun cas une frontière politique ou territoriale”. Après deux ans, la réunification du Vietnam devait être réalisée à travers des élections générales dans tout le pays. Néanmoins, la ; ligne de démarcation sur le pont Hien Luong et le partage de la rivière de Ben Hai ont duré plus de 20 ans. C’est seulement après la victoire de 1975 et la réunification nationale que cette ligne de démarcation a disparu.

La citadelle de Quang Tri , ancien quartier général de l’armée sud-vietnamienne prise lors de l’offensive de Pâques 1972, a été quasiment rasée suite à d’intenses bombardements et tirs d’artilleries américains. Sur un pourtour de moins de 2km, la citadelle a reçu une quantité de bombes et obus équivalant à 8 bombes atomiques de la force de celle de Hiroshima. Après 36 jours et nuits de résistance, les combattants de l’Armée de libération se sont vus contrains de quitter la citadelle.

Vinh Moc fut la première localité à subir la guerre de destruction aérienne américaine contre le Nord. En juin 1965, le village de Vinh Moc fut presque totalement détruit. Les habitants ont dû creuser des tunnels pour assurer la survie de 82 familles (totalisant en tout 300 personnes) et pour maintenir la production et le combat. Les tunnels de Vinh Moc constituent une infrastructure exceptionnelle comprenant des douzaines de souterrains, creusés à environ 7m de profondeur. Chaque famille disposait d’un compartiment d’environ 4m2 avec puits, cuisine, salle de bains. Ce compartiment communiquait avec les “ouvrages d’utilité publique” du village : salle de réunion, lieu pour les manifestations culturelles et artistiques, infirmerie et même une maternité : 17 enfants ont vu le jour, si j’ose dire, dans ces tunnels.

Khe Sanh était l’une des plus importantes bases américaines, un bastion considéré comme inviolable. Elle était entourée de trois complexes de points fortifiés.
Plus de 10 000 hommes étaient en permanence postés là en garnison, sans compter les forces de renfort en cas de besoin. Pourtant, après 5 mois de batailles acharnées, de fin janvier au 9 juillet 1968, l’Armée du Nord-Vietnam a investi totalement Khe Sanh. C’était en quelque sorte un deuxième Dien Bien Phu..
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Pour moi la visite de nos réalisations de solidarité pour les familles ayant des victimes de l’agent dans les « zones blanches » a été un choc ; je pensais avoir l’habitude de ce genre de rencontre mais là cette catastrophe écologique et humaine est pire qu’ailleurs Dans les districts de Huong Ha et Hai Lang presque toutes les familles sont touchées par « le poison de la paix ». Même les vaches sont parfois malades en mangeant l’herbe. Alain Dussarps