Rapport d’orientation

Dernier ajout : 21 juillet 2008.

En France où presque tout le monde ignore les réalités complexes actuelles du Viet-Nam, l’AAFV, regroupant des adhérents dont chacun a sa vision personnelle de ce pays, doit accomplir son principal effort pour en faire connaître les aspects :
Beau pays de riche culture avec un peuple chaleureux - Pays dont l’histoire a croisé la nôtre - Pays pauvre encore marqué par les séquelles de la colonisation et surtout des guerres, mais en développement rapide dans le cadre de la globalisation mondiale (péril vu de France mais chance d’un point de vue vietnamien) – Pays dont l’audience internationale s’accroît et dont nous apprécions les bonnes relations avec notre pays - Pays au développement économique riche en contradictions, très inégalitaire : une partie du peuple reste dans une misère appelant une solidarité concrète dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la formation, de la vie quotidienne.

Il faut poursuivre et élargir nos actions de solidarité. Point fort de l’Association depuis sa création, elles sont souvent exprimées sur le plan humanitaire mais ont aussi un caractère d’urgence politique. Le Vietnam reste victime d’une profonde injustice internationale : la responsabilité des Etats-Unis d’Amérique dans la guerre chimique qu’il a subie n’est toujours pas reconnue. Le combat pour cette reconnaissance s’inscrit dans les campagnes plus générales contre la guerre chimique. La solidarité s’exerce face à la pauvreté et aux handicaps. Elle permet grâce aux moyens fournis à des populations de se réinsérer dans la vie sociale. Nous devons aussi chercher à favoriser la formation à certains métiers directement liés à la prise en charge des victimes de l’Agent orange.

L’AAFV doit établir des synergies efficaces avec les associations nationales et internationales impliquées dans la solidarité avec le peuple vietnamien, tout en respectant l’autonomie d’analyse et d’action de chacune. L’urgence de la solidarité appelle des actions communes se situant dans un contexte de relations pacifiques à l’échelle mondiale.

Pour étendre la connaissance du Viet-Nam, il faut développer l’information et son analyse, en veillant à la qualité de l’information provenant de ce pays. Trois outils existent et sont à améliorer : le site Internet offre de grandes possibilités ; il doit devenir une fenêtre sur la vie de l’Association et les réalités du Viet-Nam et un lieu de discussions et d’échanges. La revue Perspectives France Vietnam avec ses analyses et ses dossiers bénéficie d’un accueil positif dans l’Association mais sa présentation doit tenir compte des goûts des jeunes générations. Les conférences et débats, à étendre à la province, doivent être organisés par un véritable groupe de travail. L’information doit couvrir tous les domaines : politique, économique et social, culturel, de l’éducation et de la santé. Elle doit nous faire connaître les attentes des vietnamiens, notamment celles à notre égard. Pour la rassembler, il nous faut établir les meilleurs contacts auprès des voies officielles vietnamiennes, des ambassades, des différents organismes présents au Viet Nam, des organismes et services français impliqués dans la coopération. Nos partenaires de l’Association Viet-Nam – France peuvent nous y aider.

L’AAFV doit répercuter largement les informations et leur analyse dans divers milieux intéressés, notamment les Chambres de Commerce et d’Industrie, soucieux de connaître particulièrement la structure politique et la stabilité du Viet-Nam. L’information peut nourrir des coopérations et se nourrir d’elles. En alimentant la discussion sur les conséquences de la globalisation mondiale, on ouvre la voie à des initiatives en direction des milieux professionnels.

Les Comités Locaux, souvent engagés particulièrement dans des actions de solidarité ou des manifestations culturelles, doivent se soucier du recrutement de nouveaux membres et s’impliquer dans le développement actuel de la Coopération décentralisée en pesant sur son orientation. Ils sont aussi en mesure d’impulser des actions plus restreintes mais efficaces : jumelages d’établissements d’enseignement, de syndicats d’entreprises, de groupements agricoles… Il faut rénover notre réseau de relations avec le Viet-Nam. Nous pourrons ainsi cibler nos actions les plus pertinentes. L’accueil des étudiants et stagiaires vietnamiens en France est une tâche importante. Les relations ainsi établies peuvent avoir des répercussions à long terme si on sait les pérenniser après le retour des stagiaires au pays. La coopération et l’établissement de relations personnelles offrent la meilleure base pour consolider la francophonie.

Le souci de s’adresser aux jeunes générations s’applique aussi à l’intérieur de notre pays. C’est une condition de survie de l’Association. Il faut qu’elle se tourne vers les groupes variés de jeunes que l’évolution actuelle du Viet-Nam devrait intéresser : élèves d’université et de grandes écoles, jeunes travailleurs, groupes touristiques…
Nos forces ne sont pas grandes. Il faut optimiser leur utilisation. Les comités locaux, dont il faut espérer qu’ils vont se multiplier, et les groupes de travail sont les piliers d’une activité dont la Direction nationale doit assurer la cohérence.
Francis Netter et Pierre Vermeulin

(adopté à l’unanimité)