Raymond Mignot à Ho Chi Minh Ville, ou une nouvelle page

Dernier ajout : 19 avril 2009.

Raymond Mignot

C’est non seulement un souvenir mais une page de l’AAFV à revisiter.

C’est au printemps 1986 que Raymond Mignot et son équipe de l’EDF ont mis les pieds pour la première fois au Vietnam. Ils ont vite attrapé le « mal vietnamien » comme le disait avec beaucoup de fraîcheur l’ambassadeur Mr Louis Amigue à une époque encore difficile, venant sur le chantier visiter à l’improviste l’équipe en pleine activité.
L’équipe est retournée à Ho Chi Minh Ville à l’automne de la même année et Raymond aujourd’hui en est à son seizième voyage.

L’objectif était la rénovation du Laboratoire de Fabrication du vaccin BCG à l’Institut Pasteur d’Ho Chi Minh Ville.

L’équipe des techniciens était formée des électriciens : Alain Dussarps dans la force de l’âge accompagné par Raymond Mignot en début de retraite et Henri Melle,
un menuisier : Sylvain Gauffinet
un peintre Claude Martin
et deux plombiers : Michel Carpentier, le fils d’Henri et Mohamed Ammour

Mais comment a débuté cette aventure ?

« Notre équipe travaillait au Centre EDF Paris Ouest - Tour Effel. L’Institut pasteur dans le15è arrondissement était tout simplement alimenté par ce réseau. Nous connaissions bien le Docteur Henri Carpentier.

C’est donc tout simplement que le Docteur Henri Carpentier s’est adressé à notre syndicat CGT EDF en y demandant des volontaires pour le Vietnam où il voulait réhabiliter le Laboratoire BCG à Ho Chi Minh ville.

Nous étions quelques amis et nous nous sommes tout de suite proposés :
Alain Dussarps et moi même y sommes allés bénévolement sur nos congés. Pendant 15 jours en avril 1986, nous avons pris les mesures et établit la liste du matériel à apporter.

Le laboratoire BCG était en déconfiture depuis Calmette il fallait le réaménager dans un bâtiment neuf. Il a fallu tout refaire du déplacement des fenêtres à la plomberie en passant par la maçonnerie peinture et bien sûr l’électricité.

Treize containers de 9 m3 ont été envoyés pour cette opération. Le fils d’Henri Carpentier Michel qui était plombier participait à l’opération.
Tout est venu de France. Le matériel récupéré à l’EDF et même quelques fois payé par les directions. Les contacts ont toujours été très bons avec les vietnamiens, j’en suis encore ému.

Quand ma femme est tombé malade au printemps j’ai reçu une lettre d’encouragement du personnel de l’Institut Pasteur qui avait travaillé avec nous (Raymond m’a donné une photocopie de la lettre, malheureusement je n’ai pas eu le temps de rencontrer ces amis à mon dernier passage trop rapide à Ho Chi Minh Ville. Dom)

Nous ne connaissions pas du tout l’AAFV, nous y avons donc adhéré dès ce moment et grâce à Henri Carpentier dont le charisme était reconnu de tous. Ceci dit nous n’étions pas vraiment à l’aise à l’AAFV, le clivage social était trop marqué.

À l’Institut Pasteur nous avons « travaillé comme des nègres » nous perdions un kilo par semaine.
Nous avons été les premiers européens depuis la fin de la guerre à aller à Cu Chi : casqués et armés de lampes nous nous sommes introduits et avons arpenté les fameux tunnels qui sont maintenant bien connus comme lieu de résistance des plus remarquables au Vietnam.

Nous avons lancé au Blanc Mesnil avec le Secours Populaire une campagne « coup de cœur pour le Vietnam » pour payer des vélos à 200F… Finalement avec les 3000F récoltés on a construit une maison « Blanc Mesnil » À Cu Chi.

En 1990, je signe la fin des travaux au Laboratoire d’Analyse Médicales LAM tout neuf.

Raymond se rappelle quelques anecdotes et souvenirs

En automne1998, sur le port de Saigon une jeune fille vendait des cartes postales un peu chères. Raymond discute le prix… elle se défend « non c’est pour manger » … Raymond l’invite donc à partager son repas. « Nous parlions en franglais et elle rappelle : "il y a quelques années - tu m’as déjà invitée à manger ! »

La mendicité jusqu’il y a quelques années était très prégnante et insistante. Certains enfants étaient volontairement cassés pour la mendicité.

J’étais en vacances avec un voyage AAFV au théâtre d’Ho Chi Minh Ville un cadre se fait tout piquer par des enfants, Alain Dussarps et Ammour interviennent - un petit garçon rend tout l’argent.

A la terrasse du Majestic il y a plein de vendeurs de teeshirt à 20 000 dongs(1€) Raymond s’enquiert du prix - C’est 30 000 dongs maintenant ? Il aura un savon et une médaille en prime !

Insigne de la croix rouge printemps 2007 avec Dussarps il l’a vu rentrer à l’EDF

Un jour, chez moi, notre amie Une journaliste du Blanc Mesnil, Nguyen Thi Hoî [1].que j’héberge est interrogée par une journaliste du journal local. À la fin, elle lui demande sa carte de journaliste et il y lit "Nadia de Almeida" d’origine portugaise. « Ce non me dit quelque chose » se dit Raymond qui lui rappelle qu’il a connu une dame du même nom à l’Institut Pasteur à Paris… « C’était ma mère » lui dit la journaliste ! Et mon téléphone remet en contact, avec émotion, ces deux personnes séparées depuis plusieurs années.

Interview recueillie par D. de Miscault le 14 octobre 2008

Notes

[1Nguyen Thi Hoï, à l’époque, était sous directrice de la Croix Rouge du Vietnam