Réduire le nombre de morts sur les routes au Vietnam
lu dans la presse vietnamienne
. Comme vient de le rappeler le Premier ministre Nguyen Tan Dan, « l’année 2012 sera l’année de la sécurité de la circulation ». Il a rappelé à la fois l’objectif et la méthode : « réduire les embouteillages et les accidents de circulation est de la responsabilité de tous ». Chaque jour, dans ce pays, les accidents de la route font entre 35 et 40 morts. Depuis 2007, le Vietnam enregistre en moyenne chaque année au moins 12 000 morts et plus de 9 000 blessés. La rapide croissance économique qui a marqué la fi n des années 1990 et les années 2000 s’est traduite par l’afflux de millions de motos sur les routes du Vietnam, et aussi par une augmentation spectaculaire du nombre de personnes conduites en urgence dans les services de traumatologie. À Viet Duc, le principal centre de traumatologie situé au nord du Vietnam, les accidents de la route (dont 74 % sont des accidents de motos) sont responsables de 64% de l’ensemble des blessures traitées.
Les accidents de circulation deviennent donc catastrophiques et la sécurité routière s’impose comme une priorité. Aujourd’hui, le Vietnam bénéficie d’une aide de 100 millions de dollars émanant de différents donateurs, dont la Banque mondiale, afin de renforcer la sécurité routière. Les efforts se concentrent sur les trois routes les plus dangereuses du pays, où ont lieu plus de 50% des accidents mortels. Dans le cadre de son premier projet consacré exclusivement à la sécurité routière, la Banque mondiale soutient les initiatives visant à améliorer la construction routière, la réglementation, la prévention et les mesures à prendre suite à un accident. Elle aide également les autorités à rendre obligatoire le port du casque, à sanctionner la conduite en état d’ivresse et à introduire des règles qui n’existaient pas ou n’étaient que rarement respectées lorsque le projet a démarré en 2005. Une des causes évoquées dans un rapport gouvernemental est le manque de respect de la loi par la population.
. Le gouvernement se fixe comme objectifs de réduire de 5 à 10% le nombre de morts, le nombre de blessés et le nombre d’accidents de la circulation, de remédier progressivement aux embouteillages à Hanoi et à Ho Chi Minh-Ville, et de réduire au maximum les embouteillages de plus de 30 minutes. À long terme, tous les projets d’urbanisation devront consacrer 16 à 26% de leurs fonds au développement des infrastructures de transports. Les transports en commun sont appelés à se développer, les administrations seront déplacées hors du centre ville, et les Hôpitaux situés en centre ville ne devront plus être agrandis. Investir dans les infrastructures et les services, fixer des règles et des procédures, les faire respecter à tous les niveaux et par tous, former les usagers, sont autant de défi s que le Vietnam va devoir relever dans les années qui viennent.

