Solidarité et développement

Dernier ajout : 17 juillet 2010.

Solidarité et développement

Les actions de solidarité avec le peuple vietnamien ont toujours tenu une place centrale dans la vie de l’AAFV.

Pendant longtemps, il s’est agi du droit à l’indépendance et à la paix quand le pays était envahi par l’armée américaine ; aujourd’hui, nous luttons
pour les droits qu’il faut faire reconnaître aux victimes de l’Agent Orange.

Mais nous donnons également à la solidarité le sens tout simple d’un soutien matériel aux populations qui en ont le plus besoin.

On ne peut pas comparer le Vietnam aux cas de pays africains où l’État se trouve en déconfiture chaotique et les habitants en situation d’urgence pour leur survie.

Notre rôle n’est pas le sauvetage de populations ravagées par la famine, la guerre civile et le chaos politique. Il ne s’agit pas non plus de transformer les malades en handicapés vivants sous assistance, mais de réaliser un véritable développement social collectif.

C’est dans ce cadre que nous répondons à des demandes localisées
relativement peu coûteuses, dont la satisfaction contribue à faire entrer
les plus démunis dans le processus du développement social pour qu’ils
puissent contribuer activement à l’édification d’un pays prospère et en
deviennent ainsi bénéficiaires pour leur part. Nous rejoignons ainsi sur
le terrain les tâches sociales dévolues par la loi à la Croix Rouge vietnamienne, notre partenaire depuis bientôt vingt ans. Être fort pauvre
dans un pays en voie de développement, ce n’est pas seulement rester
cantonné au bas de l’échelle des revenus, c’est très souvent se trouver
en position marginale par rapport au développement du pays.

La conception que nous avons de la solidarité se dessine dès le début. Le principe de base consiste à toujours préserver l’indépendance du Vietnam, ce qui exige que les Vietnamiens restent maîtres chez eux ;

ils sont les décideurs pour le lancement de chaque
projet,
ils en conduisent la réalisation et ils assurent
eux-mêmes la poursuite ultérieure de ce qui aura été
mis en place.
Ainsi, nous fournissons les sommes d’argent rendant possibles des initiatives voulues par eux, et conçues pour s’autofinancer après achèvement.

Nous ne prenons jamais en charge le fonctionnement.
D’autre part, nos objectifs sont toujours articulés avec le processus de développement spécifique du Vietnam.

Le Rapport 2009 sur les tendances de l’emploi au Vietnam
déclare :
« Une croissance élevée n’est pas suffi sante pour atteindre l’objectif de réduire la pauvreté. Modèle et sources de croissance (…) sont extrêmement importants pour l’efficacité de cette lutte. Dans ce contexte,
l’importance de l’emploi - considéré comme passerelle essentielle entre croissance et réduction de la pauvreté - est souvent soulignée. Aussi, « promouvoir un travail décent pour tous » comme l’ambitionne l’OIT (Organisation Internationale du Travail), est-il de plus en plus considéré comme la voie principale pour sortir de la pauvreté ».

Nous constatons que des budgets modestes, attribués judicieusement en fonction de critères repérables au cas par cas sur le terrain, suffi sent à rendre possible le décollage de familles actuellement démunies ; de proche en proche, tout un village, toute une communauté voient s’ouvrir une perspective d’autonomie et d’avenir. Une valorisation de la culture traditionnelle des minorités ethnolinguistiques peut prendre place dans ce processus ; leurs savoir-faire ancestraux sont alors revitalisés comme artisanat d’art : tissages, costumes, vannerie.

Une difficulté particulière tient au saut brusque entre le passé et l’avenir.
À une culture traditionnelle où l’argent n’avait guère de place, succède tout d’un coup une dynamique économique fondée sur un capital, des investissements, une productivité assez élevée et des transactions commerciales. Ainsi, en artisanat familial, les achats de matières premières et l’écoulement des produits requièrent souvent des dispositifs
coopératifs, associatifs, etc., au-delà du cadre familial.

Les actions que nous menons se situent au niveau microéconomique : familial (habitat, élevage, artisanat) ou local (accès à l’eau propre, école maternelle).
Leur avantage est d’être conçues, décidées et mises en œuvre au ras du terrain et au sein de la population elle-même. Elles ne peuvent réussir qu’en s’insérant dans le contexte de la société globale, tenant compte
de la législation, des services publics, des organismes
officiels et des organisations de masse telles que l’Union des femmes.
JM