Son Nam, le chantre du delta du mékong

Dernier ajout : 19 août 2008.

2014 - les oeuvres de Son Nam sont éditées en vietnamien à Ho Chi Minh Ville

Son Nam en 2006Son Nam était et restera un artiste.
L’homme a vécu même brulé sa vie jusqu’au bout de ses forces.
Le Delta était son univers et grâce à lui de nombreux sud vietnamiens savent dire et rêver leur région...
merci Son Nam. DomAvec lui, nous avons parlé de ces palmiers d’eau qui bordent toute les eaux du Delta. DdM

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les eaux de la rivière de Saigon

immortalisé à Binh Quoï
http://tomcang.wordpress.com/2008/08/19/etre-ecrivain-cest-un-do
- Mercredi dernier s’éteignait à l’âge de 82 ans une des figures les plus connues de la littérature dite « du Sud », l’écrivain Son Nam. Personne étonnante, l’un des meilleurs hérauts du delta du Mékong qui a passé sa vie à essayer de faire connaître et comprendre par ses contemporains. Il fut également conseiller historique de Jean-Jacques Annaud sur le tournage de l’Amant. Son œuvre la plus connue -car elle fut portée à l’écran récemment- est Le Gardien de buffles, long métrage qui a été primé dans plusieurs festivals européens.

Lorsque nous l’avions rencontré en 2004, il apparaissait déjà fatigué physiquement même si son esprit demeurait acéré. Avec lui, c’est tout une génération d’intellectuels francophones qui ont connu les grands changements du XXe siècle qui disparaît dans une quasi-indifférence générale. Son Nam a fini son existence sans grande fortune, un peu à la façon des petites gens qu’il s’était attaché à décrire, en tout cas en lettré détenteur d’un héritage mixte.

Extrait d’une de ses interviews :
« Son Nam, c’est le nom de plume que j’ai pris lorsque je suis venu habiter pour la première fois à Saigon. C’était en 1954. Jusqu’alors, j’avais vécu dans le delta du Mékong jusqu’à la fin de la guerre de résistance contre les Français. Pendant ces années, j’étais dans le maquis. Je suis originaire de la province de Kiên Giang, avant c’était la province de Rach Gia. Mon père était un petit cultivateur mais qui ne cultivait pas. Il a commencé à défricher mais la terre était mauvaise, trop alunée. Alors entre autres activités, on creusait des mares et on élevait des poissons. Dans mon village natal, il y avait des familles cambodgiennes. Je parle le khmer mais je ne sais pas le lire ; à l’inverse je peux lire les caractères chinois et parler un peu le triêu châu ; c’est pour cette raison que j’ai choisi ce nom : Son, c’est un des noms que portent les familles cambodgiennes du delta du Mékong depuis le règne de Minh Mang, et Nam, c’est le Sud. C’est par amitié pour les Cambodgiens du delta du Mékong. C’est sous cette identité que je me suis installé à Saigon, que j’ai commencé à y travailler et à y écrire. Si j’ai de la reconnaissance envers la France, c’est pour sa culture et pour m’avoir accordé des bourses quand j’étais écolier et lycéen à Rach Gia puis à Cân Tho. Les auteurs français de ma jeunesse, c’est Anatole France : « Les feuilles tombent une à une sur les épaules blanches des statues etc ». J’apprécie la clarté de son style, de sa prose. Il y a aussi Alphonse Daudet ; j’aime la description qu’il fait de la vie paysanne. Il y a bien sûr Victor Hugo : « Tout homme a deux patries, la sienne et la France … ». Ce sont les trois écrivains les plus importants, avant tous les autres.

Ensuite, j’ai découvert de très nombreux autres auteurs comme par exemple Jacques Chardonne, Gérard de Nerval, Stendhal qui est peut-être le plus talentueux, Mauriac aussi ; il y a de la musique dans sa prose. Mais c’est un bourgeois catholique. Et puis des auteurs étrangers comme Joseph Conrad, Brontoë, Hémingway, Brecht, que j’ai lu par curiosité. Mais il y a surtout la poésie chinoise de l’époque Tang : Ly Thai Bach et Dô Phu.

Lorsque j’étais dans le maquis, j’ai fait partie du « Comité des lettres et des arts » (ban van nghê) de la zone de résistance IX (partie occidentale du delta du Mékong). On formait un groupe de 7 ou 8 personnes. Il y avait un militaire qui s’occupait de faire de « l’agit-prop » ; nous on faisait l’éloge des campagnes anti-françaises. On vantait l’héroisme l’héroïsme des Vietnamiens, des femmes vietnamiennes surtout. C’était des brochures d’une vingtaine de pages environ imprimées dans le maquis, avec des moyens de fortune. Au début des années 1950, on a aussi publié le journal « la lua » ; on a acheté en secret des machines d’imprimerie à Saigon ; on les a ramenées jusqu’à la forêt de U Minh et on les a installées sur une barque. J’ai écrit des premiers récits pendant cette période, j’étais jeune, c’était le moment de l’apprentissage. En 1952, j’ai gagné un premier prix pour mon récit Bên rung cu lao Dung. Mais c’est mal écrit. On ne peux pas être écrivain à 18 ans. Je crois que tous ces écrits ont été perdus.

J’ai vraiment commencé à écrire à partir de 30 ans, lorsque je me suis installé à Saigon, après les Accords de Genève de 1954, et que je suis devenu journaliste. J’ai écrit mes premières nouvelles (huong rung Cà Mau) et mes premières études sur le delta du Mékong (tim hiêu dât Hâu Giang). J’ai écrit à compte d’auteur. j’ai emprunté 1000 dông, à l’époque c’était beaucoup, avec deux copains, on avait 2000 dông. On imprimait à 1000 exemplaires et puis on vendait aux éditeurs, on mettait en consignation chez les libraires. Avec Phu Sa (nom de l’édition, littéralement « alluvions »), j’ai sorti plus d’une dizaine de livres. Ces premiers écrits et ceux qui ont suivi ont ensuite été réédités à de nombreuses reprises.

Pendant ces années, avant la libération de Saigon en avril 1975, j’ai été incarcéré deux fois, à la prison de Phu Loi, de 1961 à 1963, puis à la prison centrale de Saigon en 1974. Hormis ces périodes, je n’ai jamais cessé d’écrire, des articles dans les journaux et des livres. J’ai toujours écrit en vietnamien. Le quatrième volume de mes mémoires est sorti au moment du Têt dernier (février 2005 maison d’édition nha xuat ban Tre). Je réfléchis à la suite. Être journaliste, écrivain, c’est un don de dieu. Si mes livres sont lus, c’est parce qu’il y a peu de personnes qui parlent du sud, c’est peu développé. Moi je décris le delta du Mékong. »TNC


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Vinh biet nha van Son Nam

Hơn nửa thế kỷ nay, từ thập niên 1950, Sơn Nam được giới văn học cả nước biết đến như một tài năng của văn chương Nam bộ. Ông không những là một nhà văn, mà còn được đánh giá cao như một nhà Nam bộ học, một nhà văn hoá. Những năm gần đây, tác phẩm của ông liên tục được xuất bản và tái bản. ...