Tempêtes et Inondations à Hué

Dernier ajout : 26 octobre 2009.

Tempêtes et Inondations à Hué

Témoignage

Troi hành,
Troi hành co’n lut môi nam
Khien dau thuong la tran ngâp toi bo’ Thuân An !
Oi hò, oi hò ...

« Dieu qui châtie. Qui châtie chaque année par une inondation, qui apporte des malheurs qui se répandent partout, qui draine tout jusqu’à la plage de Thuân An ... »
extrait de la chanson « Hôi trung duong » de Pham Dinh Chuong concernant Hué.

L’avion qui m’amène de Nha Trang à Danang le 28 septembre était le dernier avant les orages et les inondations qui ont frappés sévèrement le centre du Vietnam, ensuite les aéroports ont été fermés.. Dans le car qui m’avait amené de Danang à Hué, j’ai vue les premiers petits dégâts : l’eau du bassin de Câu Hai qui monte, les arbres déracinés le long de la Nationale 1, ainsi que les élèves qui quittent hâtivement l’école pour rentrer chez eux. À Hué, j’étais dans un petit hôtel situé sur la rive droite, au bord de la rivière des Parfums, face à une agence de Vietnam Airlines et le fameux hôtel Riverside.

Pendant toute la nuit du 28 Septembre, les arbres n’arrêtaient pas de siffler, pour constater que tôt le matin du 29, l’eau était montée déjà jusqu’aux marches menant au salon de l’hôtel. Ce qui veut dire qu’on ne voyait plus les rives de la Rivière des Parfums, complètement inondés, tout comme la moitié de la Citadelle de Hué, située sur l’autre rive, bien plus basse que la rive droite. Évidemment, le barrage Dap Da qui relie le fameux hameau Vi Da est inondé, et Vi Da est coupé ainsi de Hué, comme à chaque inondation, multiple pendant la saison des pluies qui dure plusieurs mois, de septembre à février.

Emprisonné ainsi pendant deux jours, j’ai tout de même pris le risque de braver les eaux à fort débit, le pantalon retroussé pour m’aventurer sur quelques centaines de mètres afin de voir l’avenue Lê Loi qui longe la Rivière des Parfums - de l’eau partout couleur d’argile jaune. Assez paradoxalement, les gens étaient plutôt de bonne humeur devant ce spectacle insolite. Sont-ils dotés de courage pour affronter l’inévitable auquel ils sont habitués depuis des générations ? mystère mystère de la nature humaine.

Deux jours de plaisirs gastronomiques réduits au minimum, puis quelque jours plus tard voici le bilan :

« Asie du Sud-Est : Ketsana a fait près de 400 morts, un autre typhon approche.
Des centaines de milliers de rescapés de Ketsana, souvent entassés dans des abris de fortune, avaient toujours un besoin urgent d’aide jeudi en Asie du Sud-Est, alors qu’un nouveau typhon menaçe les Philippines » (le Parma).

Les catastrophes naturelles sont difficilement évitables. Mais alors quels sont les moyens pour réduire leurs effets ? Vents, typhons, ouragans et compagnie sont difficiles à neutraliser mais alors les eaux ? L’homme a une grande maîtrise dans le domaine des eaux, non ? La canalisation comme technique pour détourner les eaux en crue du Truong Son pendant la mauvaise saison et arroser les champs arides autour de Hué est-elle délaissée définitivement ? Et les barrages en amont du Huong Giang (Rivière des Parfums) seraient-elles toujours en cours de constructions ? Encore endormis dans les cartons ? Que puis-je savoir en qualité de citoyen lambda qui n’a droit à rien de rien, y compris le simple plaisir de savoir.
Comme un vrai obsédé, je parle de l’inondation de Hué à tout le monde à chaque occasion qui se présente. Pour recueillir les deux classes d’idées qui se complètent. La première, plutôt classique consiste à drainer périodiquement le lit de la Huong Giang, y construire des barrages en amont pour récupérer de l’eau, pour réguler les débits. Aussi la canalisation pour soulager des surplus d’eau en temps de pluie, en améliorant celles qui existent déjà. La deuxième, plus originale, consiste à faire immigrer Hué vers le haut, du côté ouest et sur les hauteurs de Truong Son. Les Suisses font des résidences de luxe exclusivement en montagne, alors pourquoi éviter de les suivre afin d’éviter enfin le malheur d’être inondés plusieurs fois chaque année ?

Oh nobles Hollandais (ou Français ou Européens, ou Japonnais et cetera), vous qui êtes en paix depuis belles lurettes et qui s’y connaissent bien long, pouvez-vous nous donner quelques billes pour construire quelques systèmes d’assainissement et d’épuration des surplus d’eau ?
Évidemment, la ville de Hué ou la province Thua Thiên saura trouver des solutions de substitution aux couleurs locales, comme souvent le savent bien faire les Vietnamiens.

Paris, le 10 Octobre 2009.
Tu’y Nguyên-Xuân

1/ Ketsana oui, mais c’est PARMA et MELOR qui sont en cours ici et maintenant (merci VNExpress) :

http://www.vnexpress.net/Files/Subject/3B/A1/43/4D/baotn.jpg