Trois Instituts bouddhiques et un quatrième

Dernier ajout : 20 juillet 2009.

Il y a maintenant trois Instituts bouddhiques au Vietnam, un au Nord, un autre à Hué et le plus important à Ho Chi Minh Ville - plus un quatrième, Khmer, à Soc Trang, dans le Delta du Mékong.

Institut Bouddhiste de Soc Son

3 mars 2009, pas un touriste, c’est encore l’hiver, nous avons pris un taxi à Hanoi pour nous y rendre. L’Institut est situé à une trentaine de km au nord.

Ce nouveau siège à flanc de colline est le résultat du déplacement en 2006 de la pagode de Quàn Su de Hanoi.

Cet Institut propose quatre ans d’études. Ici, à Côn Son, les études s’appuient sur les écrits de P. Lakshmi Marasu, [1]
du Vénérable Masher Chin Kung , de Narada Thera, de D. K. Sri Dhammananda et de Bhikkhu Piyananda.

L’Institut est prévu pour 300 étudiants par promotion ; mais aujourd’hui on compte 90 bonzesses pour 123 bonzes. Une vingtaine d’étudiants viennent d’Ho Chi Minh Ville et quelques-uns de Hué. Ces échanges participent à l’enrichissement des relations. Les étudiants viennent de nombreux pays et y repartent ensuite. Il y a eu cinq promotions depuis 2006.

Nombre d’élèves savent déchiffrer les caractères chinois avant d’arriver. Ici ils étudient en plus le sanscrit. Le niveau est bon dans toutes les disciplines même si ce n’est pas le « top ». Les étudiants suivent aussi des cours politiques à Hanoi.

Cet Institut continue à se développer, une salle de conférence est en construction, elle pourra accueillir mille personnes. Régulièrement des conférences sont proposées et des intervenants étrangers et viet kieu y participent.

En me voyant, immédiatement, un lien est fait avec les catholiques et mes interlocuteurs de préciser que les bouddhistes ne relèvent absolument pas d’une organisation comme le Vatican. Ils me demandent néanmoins comment fonctionne effectivement l’église catholique ! Et moi de demander si le bouddhisme au Vietnam est politique. Ici ils se considèrent comme indépendants et complètement séparés du gouvernement.

Tous les cinq ans se tient une conférence qui élit le moine supérieur, mais c’est une pratique vietnamienne seulement. À Hanoi (Hatay) c’est le vénérable Thich Pho Hué qui à 90 ans est responsable.

À Hué, il est impossible de faire le tour complet de toutes les pagodes, à moins de non seulement être un fervent bouddhiste mais d’être aussi doté d’une âme de collectionneur.


Institut Bouddhique de Hué


Le 11 juin 2009, l’Institut est calme et vide, ce sont les vacances. Nous passons néanmoins un bon moment autour d’une tasse de thé, dans la grande salle d’accueil de l’Institut, avec son secrétaire général et un bonze véhément et plein d’une foi rude et austère, extrêmement déterminé, Thich Nguyen Thanh.
L’atmosphère est calme et chaude et humide, les étudiants reviendront fin juin pour les examens finaux.
Cet institut abrite seulement deux promotions la 3e et la 4e année.
En juillet c’est la fin de l’enseignement pour la 3e Promotion
L’Institut compte 171 étudiants : 96 bonzesses et 75 bonzes.

La quatrième promotion a trois mois de vacances mais la troisième, un mois seulement puisqu’elle achève son cycle. Le programme s’articule autour de l’enseignement religieux proprement dit qui est basé sur les enseignements du Bouddha et la culture générale qui aborde la philosophie, la psychologie et les langues.

Les étudiants n’habitent pas à l’Institut, ils sont répartis dans les très nombreuses pagodes de Hué, les jeunes filles chez les nonnes et les garçons chez les bonzes.

Certains étudiants vont achever leur enseignement en Inde, ils reviennent tellement savants, selon le secrétaire général qui est un laïc, que toutes leurs capacités ne peuvent être utilisées.

Cet Institut revendique les héritages indiens et chinois au Vietnam.
Il est certain que l’Institut de Hanoi est plus proche des pratiques chinoises mais fondamentalement ces enseignements sont complémentaires.

Thich Nguyen Thanh explique :
« Dans la pratique, être végétarien est un moyen de sensibiliser à la non-violence et d’encourager la paix dans la vie de tous les jours puisqu’il n’est pas question pour se nourrir de tuer un animal.
Les trois Instituts bouddhiques au Vietnam vivent des dons de la population, seul le quatrième Institut destiné aux Khmers dépend pour diverses raisons de l’état.
On pourrait dire que les régions du nord de l’Asie (Chine, Japon Tibet et nord du Vietnam) s’appuieraient plus volontiers sur une tradition sanscrit et celles du Sud (Inde, Cambodge, Birmanie) sur le pali. Les vietnamiens comme pour beaucoup de choses sont indulgents et patients.
Le Bouddha doit être intégré dans la population donc servir le peuple et aujourd’hui il n’y a pas de problème avec le régime.
La pratique recommande de ne faire aucun mal, d’éviter les vices et de vivre en toute sérénité…
La guerre par sa violence a matérialisé les esprits, la vie en s’améliorant s’équilibre et le spirituel reprend sa place. »

Institut Bouddhique d’Ho Chi Minh Ville

Après une courte période de prospérité et de rayonnement depuis 2003, qui a été une date charnière, il a dû faire face tout récemment à des remous internes et payer le prix de sa renommée. Des changements importants de direction s’y sont opérés récemment. Aujourd’hui c’est le très vénérable Tri Quang qui en a la gestion. Il s’agit sans doute d’une crise de croissance, l’impulsion ayant été donnée. Cet Institut a déjà une belle histoire, ses cours et ses recherches sont renommés au Vietnam. Les autres Instituts manquent de professeurs, ce qui explique en partie une perte de niveau, reconnue par tous. Il n’en demeure pas moins que ces Instituts sont de vraies écoles où une éducation est donnée à tous les candidats mais en plus ils véhiculent des valeurs dont nos sociétés ont grand besoin aujourd’hui.
L’Institut d’Ho Chi Minh Ville compte aujourd’hui 2000 étudiants, en majorité des jeunes garçons et des bonzes. Il a un passé universitaire datant de nombreuses décennies.

La pagode Gia Lam dont le rayonnement spirituel est indéniable abrite un bonze renommé pour ses qualités intellectuelles, religieuses et humaines. Il y donne des cours pratiquement tous les jours. Les enseignements de Tué Sy s’adressent à des classes de 10 à 60 étudiants.

La pagode, qui récemment vient de s’agrandir mais ne sera pourtant pas reconstruite, compte 80 personnes dont 20 moines ; les autres sont des étudiants.
La fermeture du large portail en fer gris est à 21h.

Dominique de Miscault

Notes

[1Master Chin Kung (Ti.nh Không en viêtnamien) :
http://www.buddhanet.net/masters/chin_kung.htm
http://www.amitabha-terre-pure.net/enseignement-amitabha-chin-kung.html
C’était un maître chinois de la secte Terre Pure, faisant partie du Mahayana (Grand Véhicule)

- Sur Lakshmi Marasu, je n’ai rien trouvé.
Par contre Lakshmi est le nom d’une déesse indienne. Bizarre pour une référence bouddhique !
http://en.wikipedia.org/wiki/Lakshmi

- Le Vén Narada Maha Thera est par contre très connu.
De la branche Theravada (Petit Véhicule ou Véhicule des Anciens), il était considéré comme un grand missionnaire bouddhiste du XXè siècle et est venu notamment au VN, "sa seconde patrie".
http://www.buddhanet.net/budsas/ebud/ebdha296.htm

- Dr. K. Sri Dhammananda était un moine originaire de Sri Lanka, ayant passé ensuite sa vie en Malaisie.
http://en.wikipedia.org/wiki/K._Sri_Dhammananda
http://www.ksridhammananda.com/

- Bhikkhu Bhante Walpola Piyananda est également un moine originaire de Sri Lanka et vit aux USA (côte Ouest). Il a écrit quelques livres sur la méditations et édite des MP3 à écouter en méditant.
http://www.buddhachannel.tv/portail/spip.php?article4599