Trois couples franco vietnamiens, plutôt trois jeunes ménages français - (...)

Dernier ajout : 8 août 2008.

Trois couples franco vietnamiens, plutôt trois jeunes ménages français
confrontent leurs expériences
.

Ils ont tous moins de 35 ans, ont tous les six un enfants et ils vivent à Paris ou sa banlieue.
Deux travaillent dans une importante entreprise d’ascenseurs, chacune de leur femmes sont rétrospectivement, Doctorante et comptable, la troisième, mariée à un banquier s’occupe de son jeune fils.

Il est important de signaler que l’un des couples est purement vietnamien, H. est arrivé en France à l’âge de 14 ans après avoir erré de mers en camps pendant trois ans, mais il vivra en France avec sa femme vietnamienne, venue il y a quatre ans continuer ses études à Paris, certainement pour le reste de leurs jours en rêvant du Vietnam de leur enfance pauvre.
Aucun n’est métis et pour cause, et ils considèrent tous qu’il faudrait poser la question à leurs enfants qui ne sont en aucun cas capables de s’exprimer sur la question, pour le moment !
Par contre, il est intéressant de considérer le contexte et en amont la position de ces parents qui s’aiment et sont ravis d’avoir un enfant ici.
Ces six jeunes gens sont très bien intégrés dans notre société et n’ont pas de problème particulier. Ils sont étonnés d’entendre autour d’eux que le métissage est à la mode. En conséquence, le fruit de leurs entrailles ne peut être que beaux et en plus intelligents ! Chacun d’entre eux considèrent que c’est la mère, toutes les trois vietnamienne, qui donne à son enfant l’intelligence de sa culture d’origine. Elles se sentent d’ailleurs responsables de cette transmission même si elles discutent la tradition revisitée par leur séjour en France !

Il est évident que la sacro sainte famille avec son culte des ancêtres et leur éducation pilotée par le parti sont d’un poids majeur comme le fait de ne rien dire directement ce qui évite les esclandres ou l’humiliation.
Ils en voient les limites à la lumière occidentale et cet intérêt insistant et coutumier pour les proches leur apparaît maintenant comme une ingérence dans leur vie privée qui confine parfois à la méchanceté pure et simple : les rumeurs à l’encontre des couples mixtes au Vietnam est manifeste et les insultes dans la rue n’est pas chose rare. On assiste là aux réactions primaires et impulsives de citadins déculturés.
Nous touchons là aux réminiscences de la colonisation mais pas seulement…

C’est sans problème que les trois petits métisses parlent ou apprendront dès qu’ils le pourront le vietnamien dans leur famille française. Plus tard, ils choisiront leur culture.
Si aucun d’entre eux n’ont eu a subir directement ou douloureusement sauf H. les problèmes du à l’immigration, il n’en demeure pas moins que cela fait parti de leur souci et préoccupations. Ils sentent quotidiennement la différence du sort qui est réservé aux asiatiques au regard des africains ou des arabes. Mais la bureaucratie française reste néanmoins quasiment inacceptable dans son fonctionnement actuel pour toute personne ayant à se faire faire un papier. Par ailleurs, l’un d’entre eux qui a travaillé au Vietnam pour les vietnamiens rappelait qu’il n’était pas rare qu’on lui rappelle qu’il était « invité » et qu’en conséquence, il avait à adopter les us et coutumes du pays. Ce qui pose un nouvel angle de vue sur la réalité française et même son identité. Ces jeunes gens sont choqués par les destructions systématiques aux quelles ils sont confrontés quotidiennement lors de leur déplacements professionnels, qui sont opérés par des ressortissants d’autres origines, ce qu’ils n’ont pas vraiment réalisé c’est qu’ils sont confrontés à des jeunes de la seconde ou troisième génération. Nous nous reverrons dans les prochains mois.
Propos recueillis par D .de Miscault