Un banquet de 400 couverts

Dernier ajout : 25 juillet 2008.

Les coulisses du Têt

Tout commence tranquillement à la rentrée des classes, lors d’une réunion, nous évoquons le planning de l’année et les grands événements qui le jalonnent.
Le Têt est certainement le plus important. La discussion autour des dates doit prendre en compte les éléments perturbateurs tels que les élections municipales.

Et c’est avec plusieurs dates sélectionnées que nous demandons à la Mairie la salle des Rencontre à Montpellier. Déjà des sketches germent dans les esprits et par exemple les instruments traditionnels, monocorde et cithares commencent déjà leurs répétitions.

Mais le compte à rebours commence vraiment lorsqu’une des dates probables nous est communiquée, elle déclenche "La Réunion" préparatoire au Têt quatre mois avant. Dominique notre énergique et indispensable secrétaire passe en revue les multiples tâches de la fête, et c’est spontanément ou presque que les volontaires en prennent la responsabilité : tombola et collecte des lots, ravitaillement et l’énorme cuisine, parking, déco, musique, invitations etc., la liste est longue.

Les billets de tombola sont disponibles à la vente très tôt, dès les premières fêtes du nouvelle an et quelques lots prévus...Le rythme s’accélère les paperasses et démarches effectuées petit à petit : SACEM, caution, assurances, et surtout quelques répétitions bourgeonnent, leurs thèmes se précisent et s’ajustent ainsi que les présences et désistements des participants et la recherche de leurs costumes.
Et allant crescendo c’est le sprint final pour rouler les 1300 nems chez Dominique, encore elle !, une quinzaine de personnes pendant trois jours s’attellent à cette tâche.
Mais combien faut-il en faire ? Les réservations cette année tardent à arriver et, le 31 date de la clôture, plus de 150 réservations manquaient par rapport à l’année précédente. Inquiétude et doute s’installent, devant l’énorme somme d’effort à fournir et d’investissement, combien devons-nous faire de repas...est ce encore rentable ?

- Le plan de la salle est ajusté.

Une nervosité est perceptible à l’approche du jour J, tout cela dans la bonne humeur mais tout de même, sans doute le stress...
Des précisions de dernières minutes : de qui fait quoi, qui est disponible à l’instant T, comment, avec qui etc., les plans méthodiques et carrés deviennent plus flous plus incertains au fur et à mesure des cogitations...

Enfin le jour J tant redouté et incontournable se présente, et alors tout s’égrène par magie.
Rendez-vous au parking avec des montagnes de costumes, instruments, déco, et plats cuisinés, boissons.
Les lourdes tables et les centaines de chaises sont mises en place par quelques costauds avec fracas, les nappes déroulées, la déco, la sono, la boutique artisanale installées presque simultanément, et la cuisine, cette cuisine aussi importante que la scène, d’où sortiront (le plus rapidement possible) des centaines de plateaux repas et qui offriront individuellement à chacun un petit peu des saveurs du Vietnam : nems, salade, cuisses de poulets marinées, dessert vietnamien.

Plateaux préparés sur place par une armée de travailleurs de l’ombre auxquels seuls les musiques et bruits de la fête et du spectacle parviendront.
Sur scène tout semble parfaitement orchestré, mais en coulisse cela ne va pas sans hésitation, tract, émotions, ni efforts exceptionnels pour les novices que la foule impressionne, pour apparaître et se produire devant environ 400 personnes.

Oui 400 alors que sur le papier nous ne devions être que 250... Heureusement que l’expérience, oui l’expérience des anciens, Robert, Dominique etc. a vu juste.
Quelques heures avant, des réservations sont encore demandées...et les dernières entrées ont eu lieu à 21h.
Des représentants des élus étaient de la fête. Les repas servis ont été très appréciés, les spectacles formidables et après le rangement de la salle c’est courbatus, fourbus mais contents que nous nous remémorons tout ce travail , que nous rejouons notre rôle et surtout les bons moments de cette soirée, particulièrement réussie, malgré les doutes du départ.

Une soirée où, ensemble avec des amis, le mot solidarité prend tout son sens.

Christian Courty