Un village de potiers

Dernier ajout : 2 août 2008.

Revenons à Hoi An, le temps de manger un « cao lau » ou des « banh xéo » sur le marché, et nous partons pour le village de Thanh Hà à 4 kilomètres à l’ouest de la ville (dans le prolongement de la rue Phan Chu Trinh, prendre la route qui mène à Tra Kieu).

 La mémoire du village

Thanh Hà est le « village des potiers » ou « village de la céramique ». Ici aussi, alors qu’il y a encore quelques années de nombreuses familles vivaient de cette activité, aujourd’hui elles ne sont plus que quatre. Pour connaître l’histoire du village, il suffit de demander « ông Trong », un vieux monsieur de 77 ans intarissable sur le sujet. Il faut dire que l’histoire remonte au temps où les seigneurs venus du Thanh Hoa s’emparèrent du royaume des Chams ! Depuis, les familles de potiers ont connu des périodes florissantes. Installés sur les bords de la rivière Tu Bon, ils recevaient l’argile et expédiaient leur production par voie fluviale. Ainsi se sont succédées des générations d’artisans. Monsieur Trong est le représentant de la quatrième génération, le chef de la « tribu » car il y a ses sœurs et leurs maris, leurs enfants qui tous travaillent l’argile. A l’époque, on fabriquait ici les immenses jarres pour conserver l’eau ou les jarres pour l’alcool de riz (« chum » signifie « jarre »), les ustensiles de cuisine, les plats …

 Puis le plastique vint...

Mais, avec les Français, le plastique est arrivé et a démodé la céramique trop chère et plus fragile. Mais pourtant plus saine et surtout plus belle. Alors, pour subsister, les « potiers » se sont reconvertis à une production destinée aux touristes et à la décoration. Il ne manquera pas une vieille femme ou une fillette pour vous proposer sa marchandise, notamment ces amusants animaux des signes zodiacaux vietnamiens dans lesquels on siffle (souvenir pour neveux et nièces ou petits-enfants !).
D’autres familles sont spécialisées dans la fabrication de tuiles. Ce sont les femmes qui à longueur de journée pétrissent la terre avec leurs pieds pour mouler les tuiles mises ensuite à sécher. Ce sont encore les femmes qui sont les plus habiles à monter une pièce sur le tour actionné au pied. Ne quittez pas le village sans emporter quelques petits souvenirs : les quelques euros que vous allez débourser seront un gain appréciable pour ces artisans dont le salaire est d’environ 600 000 dong [1] !

 La Maison des artisans de Hoi An

Ces traditions artisanales sont préservées et soutenues par les autorités locales mais aussi par des initiatives privées. C’est le cas de ce jeune fils de commerçants de Hoi An qui est en train de créer dans le quartier de Han Hoi une « maison des artisans » où il souhaite accueillir des menuisiers, des potiers, mais aussi des artistes peintres ou sculpteurs. Vous trouverez chez Tien de jolis meubles en bambou, des laques ou sculpture sur bois mais surtout le sympathique accueil que tous les gens de Hoi An savent réserver au visiteur qui prend le temps de les approcher pour connaître leur vie.

Jean Cabane

Notes

[1600 000 dong : environ 24 € (août 2008)