à propos du micro crédit- Maurice Badiche

Dernier ajout : 22 mars 2011.

Je n’ai pas reçu de réponse à ma demande de publication d’une réponse à l’article de Patrice Jorland sur le micro-crédit et la campagne de calomnie contre le Pr Yunus.
Pourtant de multiples témoignages récents confirment mon point de vue.

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À titre d’exemple vous trouverez ci-dessous un article paru dans "le monde" du 16 Mars signé par un collectif dans lequel je trouve notamment la signature de Maria Nowak, que je connais bien, et qui, s’inspirant de la Grameen Bank a créé en France l’ADIE.
Si vous craignez que mon intervention ait un caractère trop personnel, je vous proposerais volontiers d’y substituer intégralement ce texte en libre opinion dans votre revue.

Vous apporteriez ainsi la preuve de votre ouverture.

Bien cordialement
Maurice Badiche

Le Nobel de la paix Muhammad Yunus conteste son renvoi de la Grameen Bank

LEMONDE.FR avec AFP | 03.03.11 | 08h13 • Mis à jour le 03.03.11 | 13h14

Muhammad Yunus, Prix Nobel de la paix et pionnier de la microfinance, a saisi la justice pour contester son renvoi de la direction de la Grameen Bank, banque spécialisée dans le microcrédit qu’il avait fondée, a indiqué jeudi 3 mars le procureur général. "Le professeur Yunus a engagé une action pour contester la légalité de la décision de la banque [centrale] du Bangladesh de lui retirer ses fonctions", a indiqué Mahbubey Alam.

La Haute Cour de Dacca a été saisie et une audience doit se tenir à jeudi, selon des sources judiciaires. Après des semaines de pression politique, le Nobel de la paix, âgé de 70 ans, a été limogé mercredi, la banque centrale lui imputant un manquement au règlement fondateur de la Grameen Bank à propos de la nomination de son directeur général. La Grameen Bank a toutefois diffusé mercredi un communiqué dans lequel elle indique que "le fondateur de la Grameen Bank, et lauréat du Nobel, le professeur Muhammad Yunus, est toujours en poste".

Une loi encadrant le secteur bancaire, datant de 1991, donne de larges pouvoirs à la Banque centrale du Bangladesh, y compris celui de mettre un terme aux fonctions des dirigeants des établissements du secteur privé. Les ennuis de Muhammad Yunus semblent avoir commencé en 2007 lorsque ce dernier créa son propre parti politique, qui fit long feu.

8 MILLIONS DE CLIENTS DANS 82 000 VILLAGES

Le premier ministre, Sheikh Hasina, qui accuse l’organisation de micro-crédit de "sucer le sang des pauvres", s’était alors pour la première fois opposée au "banquier des pauvres". En janvier, M. Yunus avait comparu devant un tribunal du Bangladesh pour une affaire de diffamation datant de 2007. Peu avant, le gouvernement avait ordonné une enquête sur les pratiques financières de la Grameen Bank, qui partage avec lui le prix Nobel de la paix remis en 2006, signe de frictions persistantes entre lui et le premier ministre.

En 2007, M. Yunus avait donné un entretien à l’AFP au cours duquel il avait déclaré que la politique au Bangladesh était simplement une affaire de "pouvoir pour faire de l’argent", ce qui lui valut une plainte pour diffamation déposée en janvier 2007 par un membre d’un petit parti de gauche.

Muhammad Yunus a fondé la Grameen Bank pour financer les projets de villageoises bangladaises n’ayant pas accès aux crédits bancaires habituels. Détenu à 25 % par l’Etat, l’établissement compte plus de 8 millions de clients, dans 82 000 villages. De récents scandales en Inde ont montré que le micro-crédit a pu être détourné de son but pour s’apparenter dans certaines banques à un crédit à la consommation ruineux dont certains bénéficiaires se sont suicidés, une dérive condamnée par M. Yunus.

SOUTIEN DE LA NORVÈGE ET DE L’AMBASSADE AMÉRICAINE

Les partisans du Nobel n’ont pas tardé à lui apporter leur soutien. La Norvège, qui a participé à la création de la Grameen Bank, a jugé mercredi, par la voix de Erik Solheim, ministre du développement international, que son renvoi était "une très triste nouvelle. On assiste à une lutte brutale pour le pouvoir au Bangladesh".

"Yunus était une personnalité populaire tant dans son pays qu’à l’étranger, et cela vous apporte toujours des adversaires", a-t-il ajouté, faisant référence à la rivalité entre M. Yunus et Mme Hasina. L’ambassade américaine à Dacca a exprimé son "profond trouble" et demandé à Dacca de traiter M. Yunus avec respect. Le ministre des finances du Bangladesh, A. M. A. Muhith, devait rencontrer jeudi matin des diplomates étrangers pour leur expliquer les raisons du renvoi de M. Yunus.