Automne 2013 Deux grandes expositions à Paris

Dernier ajout : 8 novembre 2013.

 Deux grandes expositions à Paris

Au Musée de l’Armée Hôtel des Invalides, 129 rue de Grenelle, 6 bd des Invalides, 75007 Paris.
Indochine, des territoires et des hommes, 1856-1956
16 octobre 2013 au 26 janvier 2014

Pour comprendre cette histoire coloniale riche et complexe, l’exposition
Indochine, Des territoires et des hommes, 1856-1956
offre au visiteur une double clé de lecture en abordant du point de vue français et indochinois les notions de conquête, guerre, répression, aménagement ou exploitation... Une sélection de pièces inédites de ses collections est ainsi mise en relation avec les oeuvres, objets et documents de collections particulières et de nombreuses institutions de référence dans ce domaine, dont les Archives nationales d’outre-mer, le Service historique de la défense...

Un travail de qualité : L’Exposition
Indochine, des territoires et des hommes, 1856-1956

Est-il possible d’écrire sereinement une histoire des relations franco-vietnamiennes – ou, au delà, franco-« indochinoises » à l’époque coloniale ? Et même, osons le mot, scientifiquement ? La gageure est d’importance. Elle peut paraître insurmontable lorsqu’un tel défi est lancé à une institution militaire, en l’occurrence le Musée de l’Armée, lorsqu’on sait combien les blessures des officiers et soldats français envoyés naguère dans cette région du monde ont été profondes.

Avouons notre bonne surprise, après avoir arpenté, longuement, l’Exposition en cours, après avoir observé minutieusement les vitrines, les cartes, les documents nombreux exposés. Certes, la qualité de la documentation, parfois son caractère exceptionnel, étaient attendus. Mais l’effort de contextualisation, la rigueur des présentations, l’honnêteté intellectuelle des explications, emportent l’adhésion. Les commissaires de l’Exposition ont souligné, par exemple, la force du nationalisme (vietnamien surtout) et la permanence des résistances aux conquêtes coloniales, puis à l’occupation. Abandonnées, les anciennes explications sur « la main de l’étranger », les « minorités agissantes », du « Can Vuong » à la guerre d’Indochine. La présence française n’en est pas pour cela caricaturée. Le colonialisme a eu en permanence une double nature : un pouvoir étranger imposé, souvent durement, mais provoquant une entrée accélérée dans la modernité. C’est la complexité de l’Histoire. Lorsqu’elle est présentée de cette façon, elle devient passionnante.

Un seul regret : que cette Exposition, contribution majeure à l’année du Viêt Nam en France, s’achève en janvier… précisément lorsque cette année commence.

Alain Ruscio


La beauté d’Angkor au Musée Guimet Angkor : Naissance d’un mythe
Louis Delaporte et le Cambodge

 Du 16 octobre 2013 au 13 janvier 2014

Il s’agit d’aborder les premiers temps de la redécouverte des monuments d’Angkor et du patrimoine cambodgien.
« Qui est ce Michel-Ange de l’Orient ? », s’interroge Henri Mouhot en 1860. Campant au pied des ruines d’Angkor, l’explorateur découvre l’ancienne capitale des rois khmers, prisonnière de la jungle cambodgienne, où ne retentissent que le rugissement des tigres et le cri des éléphants.
Cinq ans plus tard, Louis Delaporte, 24 ans, n’est pas moins dithyrambique devant ces ruines. Il parle des artistes khmers, comme des « Athéniens de l’Extrême Orient ». L’enseigne de vaisseau, embarqué en 1866 avec la mission d’exploration du Mékong conduite par Doudart de Lagrée et Francis Garnier, a un vrai coup de cœur. Il consacrera sa vie entière à témoigner de la grandeur de l’art khmer.

- Une exposition inédite
La masse de documents et pièces sculptées qu’il rapporte, au fil de ses missions, avec l’accord du roi du Cambodge – sous protectorat français depuis 1863 – donne naissance au mythe d’Angkor.
Les copies de sculptures exposées permettent de découvrir ces bas-reliefs dont les originaux sont aujourd’hui disparus.